CHAPITRE XXlll
ou JE FAIS LA CONNAISSANCE DE M. HARVEY SPI LLING
Ma compagne tressaillit à la vue du nouveau venu, mais elle se ressaisit aussitôt et me le présenta sous le nom de M. Harvey Spilling.
Quant à lui, il me dévisagea d'abord avec une surpriseévidente de me trouver avec Natica; puis, après m'avoir froidement rendu mon salut, il alla à une table sur laquelle se trouvait un roman. Il n'avait ni chapeau ni pardessus, d'où je conclus qu'il'devait demeurer dans la maison. Peut-être n'était-il autre, après tout, que ce Humbert dont le vieux général m'avait parlé à Rome, le jeune homme mystérieux qui allait et venait en silence, et avait toujours soin de se tenir dans l'ombre, à l'arrière-plan, l'amant secret enfin, au dire de quelques-uns?
En tout cas, il était facile de voir que la belle inconnue se trouvait horriblement gênée par ma présence qui la mettait dans le plus grand embarras. Il était évident que Spilling avait surpris quelque chose de notre conversation. Il avait ouvert la porte tout doucement, sans faire le moindre bruit, et était resté à écouter. Mais combien de temps et qu'avail-il entendu? Voilà ce que nous ne savions pas. Peut-élre bien même m'avait-il vu entrer dans la chambre et avait-il écouté tout le temps.
Cette idée semblait bien lui être venue à elle aussi, car je vis au trouble de ses mouvements et ù ses
phrases hésitantes qu'elle était très gênée et avait liâte que je misse fin à son embarras par mon départ.
Quant à ce Spilling, qui paraissait au Cecil Hôtel si plein d'entrain et de belle humeur, et si bon enfant, il n'était plus le même dans l'atmosphère déprimante de cette vilaine chambre sombre et malpropre. Il avait dans les yeux un regard de ruse mauvaise que je n'aimais pas. Sa mâchoire lourde et carrée annonçait un caractère hardi et résolu, tandis que ses petits yeux trahissaient un esprit d'astuce et de tromperie.
Ma curiosité se trouvant piquée au vif j'étais sur le qui-vive et je ne perdais pas un seul des gestes de mes interlocuteurs, et je n'eus pas de peine à reconnaître tout de suite que Natica ressentait une sorte de terreur à l'égard de son compagnon. Son regard la fascinait et je vis qu'elle tremblait à un moment où elle nous tournait le dos à la fenêtre pour me cacher ses craintes.
« M. Hewerdine est un de mes vieux amis, finit-elle par dire avec effort. Il a appris que j'étais à Londres et il est venu me voir.
— Je suis très heureux de faire la connaissance de M. Hewerdine, déclara Spilling avec une politesse exagérée et ironique. Mais j'ai bien peur d'avoir été indiscret.
— Oh ! pas le moins du monde, me hâtai-je de répondre. D'ailleurs, je suis sur mon départ. Permettez-moi de vous dire au revoir, miss Teslolï, ajoutai-je en me penchant sur la main qu'elle me tendait. »
Je pus saisir, en prononçant ces paroles, une double expression de crainte et de haine à mon égard dans les yeux du triste individu, mais pourquoi, voilà ce que je n'aurais su dire. C'était la première fois que nous nous rencontrions, je ne pouvais donc lui avoir fait aucun mal, et, si je lui en avais fait, c'était bien inconsciemment,
Il me rendit mon salut aussi froidement que lorsqu'il m'avait été présenté, mais Natica me lança un
regard d'intelligence qui voulait dire clairement que j'eusse à me rassurer et que nous ne serions pas longtemps sans nous revoir.
Mais pourquoi cet homme lui inspirait-il une terreur qui la mettait dans des transes mortelles? Quel terrible secret pouvait bien lui avoir arraché ce jeune cuistre aux airs de fatuité révoltante? Il était entré dans la chambre comme quelqu'un qui s'y trouvait chez lui, et il me semblait bien que la belle inconnue m'avait renvoyé pour obéir à un ordre tacite de ses yeux.
Non, instinctivement, ce louche individu me répugnait. Il était l'amant secret, l'homme qui la suivait partout, cela ne faisait pas de doute. Il me vint à l'idée qu'il ne devait pas être Anglais de naissance, et pourtant son accent, si accent il y avait, était bien léger.
Quoi qu'il en fût, elle avait admis que Rosemary Earle avait un rapport quelconque avec la mystérieuse machination qui se tramait contre moi et m'avait. même dit que c'était d'elle que j'apprendrais la vérité. Aussi résolus-je de ne pas perdre de temps à le faire et retournai-je uniquement dans ce but à Twineham.
Dans la matinée, sur les onze heures, je trouvai Norreys assis dans la bibliothèque, son pince-nez d'or sur le nez et très occupé à sa correspondance. Vus ainsi de ma hauteur, ses traits durs, aux arêtes osseuses, paraissaient plus durs et plus saillants encore, tandis qu'il était très penché, presque couché, pour mieux voir, à cause de sa myopie, sur la table de travail ; mais, dès qu'il perçut le bruit étouffé de mes pas sur le moelleux tapis de Turquie, il leva la tête et me salua :
« J'ai été obligé d'aller hier à Norwich, voir voire homme d'affaires, Burt, dit-il. Il y a une contestation à propos de gaspillage et mauvaise gestion avec un fermier de Dovvnham Market, et j'ai pensé qu'il serait préférable de placer l'affaire sur le terrain légal et de la remettre aux mains de Burt. Il vous envoie ses
respects et demande s'il ne pourra pas venir quelque jour à Twineham pour faire votre connaissance. Lui, et son père avant lui, se sont occupés en justice de toutes les affaires concernant les intérêts des propriétés de Twineham pendant plus d'un demisiècle.
— Je serai charmé de le voir, répondis-je stupéfait de l'aplomb avec lequel mon secrétaire me servait un mensonge si bien étudié, car je savais, comme on l'a vu dans le précédent chapitre, qu'il n'avait pas été à Norwich, mais à Londres, en passant par la Cité. »
J'observais attentivement son visage pendant qu'il me débitait ce conte à dormir debout, mais il gardait une expression impénétrable et pas un muscle n'en bougea. Dans son complet noir râpé et luisant, avec son col droit avachi et son petit nœud de cravate noire en corde, il avait l'air d'un personnage échappé d'un roman de Dickens. Il portait sur ses traits l'empreinte indélébile d'une avarice sordide, et ses mains maigres, aux doigts osseux et crochus, semblaient les serres d'un oiseau de proie.
Il me raconta, avec force détails qui faisaient honneur à son imagination, une histoire forgée de toutes pièces de certaine afïaire qu'il avait arrangée pour mon compte à Norwich, et, quand il vit que je n'étais pas disposé à l'écouter davantage, il se remit à sa correspondance. Ma seule crainte était que Spilling, connaissant mon nom, eût pu lui parler de ma visite à Natica Tesloff. S'il en était ainsi, je ne pourrais pas poursuivre plus longtemps les recherches que j'avais mis tant de patience à faire dans le plus grand secret pour arriver à découvrir la vérité. J'avais toujours le plus grand désir de trouver le mot de l'énigme de cette tragédie de Montagne street, et pourtant, malgré tous mes efforts, je m'en trouvais aussi loin que jamais. C'était décourageant.
Naturellement, si je n'avais pas eu les mains liées par mon impatience anxieuse d'éclaircir le mystère, j'aurais immédiatement remercié Norreys de ses services, après ravoir convaincu de ses mensonges.
Mais, comme c'eût été contraire au but que je me proposais, je trouvai plus avisé de le garder près de moi pour pouvoir le surveiller étroitement.
Il me semblait que plus j'allais, plus le mystère s'embrouillait et devenait déconcertant, au lieu de me laisser espérer une solution quelconque.
Quant à Norreys, il était bien loin de se douter de ce que j'avais découvert sur lui : son amitié avec Paul Jakovski et Harvey Spilling et sa secrète conférence avec le premier de ces deux hommes. Et puis je me demandais ce que pouvait bien représenter ce dessin géométrique dont la vague description avait fait tressaillir et si fort épouvanté Natica.
Tout à coup je me rappelai que Norreys l'avait tracé sur le dos d'une enveloppe et qu'à cause de cela il pouvait bien se faire qu'il l'eût gardée sur lui. J'avais remarqué le soin méthodique avec lequel il conservait sa correspondance qu'il serrait dans un énorme portefeuille de cuir usé fermé au moyen d'un caoutchouc. S'il n'avait pas détruit l'enveloppe, elle devait se trouver, suivant toutes probabilités, dans ce portefeuille. Si je pouvais seulement l'avoir quelques instants entre les mains, je le fouillerais pour m'assurer du contenu et voir si l'objet de mes recherches n'y était pas.
Mais comment m'y prendre pour avoir ce portefeuille qu'il portait toujours dans la poche intérieure de sa redingote?
Je pris avec moi mes deux fox-terriers pour aller faire un tour sur la terrasse et jouir du beau soleil qui mettait un rayon de gaieté dans cette calme matinée d'hiver dont l'air très vif vous fouettait le visage. La neige, à moitié fondue la veille, s'était reprise en glace sous l'action de la forte gelée de la nuit et la journée s'annonçait comme devant être magnifique avec un ciel bleu pâle que ne troublait aucun nuage.
Tout en fumant, il me vint soudain à l'esprit une ruse qui pouvait ou ne pouvait pas réussir, mais que je résolus de mettre aussitôt à exécution.
Je revins à la bibliothèque, j'enlevai ma jaquette et j'annongai mon' intention de descendre des rayons
supérieurf pour les examiner quelques vieux livres qui, d'après leur apparence poussiéreuse ne devaient pas avoir été touchés depuis des années et des années. Tout de suite, comme je m'y attendais, Norreys m'offrit ses services avec son obséquiosité habituelle.
« Vous feriez mieux d'enlever votre redingote, lui dis-je, car nous allons être pleins de poussière avant d'avoir fini. »
Il reconnut la justesse de mon observation et après s'être dévêtu de sa vieille redingote râpée, il la plia soigneusement et la mit sur le dos d'une chaise, tout comme je le désirais.
Alors je montai en haut de l'échelle et commençai à lui passer par paquets de deux et de trois les vieux volumes dans leurs reliures de cuir.
Puis tout à. coup, comme si l'idée ne faisait que m'en venir alors seulement à l'esprit, je me plaignis que nous n'avions ni plumeaux ni torchons à épousseter, et j'envoyai mon homme trouver Burton à l'office, à l'extrémité de l'autre aile des bâtiments pour s'en procurer.
A peine avait-il tourné les talons que je sautai à bas de l'échelle et me mis à fouiller rapidement le vieux portefeuille de cuir usé sur lequel je n'eus pas de peine à mettre la main. Il y avait dedans beaucoup de lettres, et j'étais vivement tenté de m'emparer de celles qui me paraissaient les plus intéressantes. Je n'en gardai qu'une néanmoins, qui était écrite de la main d'une femme. Mais malgré que j'eusse examiné l'une après l'autre toutes les enveloppes, il ne s'en trouvait aucune avec un dessin au crayon au dos.
Il devait l'avoir donnée au Russe, ou bien l'avoir détruite.
Je fus tout désappointé, mais voyant mes recherches inutiles, je replaçai sans perdre de temps sa redingote sur le dos de la chaise, après l'avoir repHée exactement dans les mêmes plis, afin qu'il ne pût rien soupçonner. Puis je serrai en même temps soigneusement dans ma poche la lettre de femme que je lui avais dérobée.
Il était temps, car il revint presque aussitôt avec Burton, pour terminer le rangement des livres, tandis que feignant d'être fatigué, je m'en allais dans une chambre voisine où j'ouvris ma lettre. A ma grande surprise et à ma non moins grande satisfaction, elle était signée des initiales R. E., évidemment celles de Rosemary Earle.
D'après le timbre et les oblitérations de la poste, il devait l'avoir reçue le matin même. Elle ne contenait que quelques lignes très laconiques, mais qui allaient droit au fait.
Voici ce que disait cette lettre, tracée d'une écriture fine et anguleuse :
« Vous n'avez fait que me rappeler hier soir tout ce que je savais déjà. Mais vous vous trompez grandement si vous vous imaginez pouvoir compter sur mon aide. Je refuse énergiquement d'être complice d'une infamie comme celle que vous complotez. Je sais que votre intention est d'exercer sur moi une terrible vengeance, mais je vous avertis de vous tenir d'abord sur vos gardes avant de songer à nuire aux autres.
Que pouvait bien vouloir dire cette lettre? L'infâme machination à laquelle il était fait allusion était-elle dirigée contre moi? J'avais entendu de mes propres oreilles la vaillante jeune fille mettre au défi ce lâche intrigant, cet homme qui, étant à mon service, dans un emploi de confiance, me payait d'ingratitude en conspirant contre moi et en tendant sous mes pas un piège invisible où je devais fatalement tomber. Mais la lettre n'était pas assez claire pour que je pusse deviner la pensée et les intentions de celle qui l'avait écrite.
Je la replaçai dans ma poche et, après le déjeuner, Wade me conduisit à Earlstone dans le dog-cart.
C'était une vieille résidence magnifique, aux airs de couvent, longue, basse d'étages, pleine de coins et de recoins et plus d'à moitié enfouie sous des lierres centenaires. Au centre des quatre corps de bâtiments
se trouvait une grande cour carrée à ciel ouvert. Cet antique manoir avait été la demeure familiale des Earles depuis la création de leur baronnie par Jacques I^"". La cour d'honneur qui menait à l'entrée principale sur la façade nord était coupée diagonalement par une avenue d'ifs taillés et je remarquai qu'on avait pratiqué à même cette façade deux larges baies vitrées ornées des écussons de la famille Earle et de nombre d'autres figures héraldiques.
Sir Edmund, qui était venu à ma rencontre, me souhaita cordialement la bienvenue sur le seuil de sa porte et, à ma demande, il s'empressa de me faire voir quelques-unes des beautés de son magnifique, vieux domaine. Les pièces principales du rez-dechaussée étaient la salle à manger, les salons, la salle de billard et la petite bibUothèque, y compris l'ancienne cuisine et tous les offices. Les fenêtres du grand salon étaient garnies de vitraux représentant le mariage et la descendance de Godfrey, le premier baronnet dans le milieu du dix-huitième siècle.
Je montai ensuite avec mon hôte le grand escalier d'honneur jusqu'au premier étage, où il me montra la vaste salle à manger avec son plafond peint à la fresque, où sir Godfrey reçut à sa table le roi d'Ecosse, puis la chambre verte, la chambre de velours, et enfin la grande bibliothèque avec ses milliers de manuscrits enrichis de précieuses enluminures, des recueils de lois fort anciens, des documents trouvés dans les couvents et des Uvres imprimés.
Des larges fenêtres entourées de treillage, où grimpaient les lierres, on avait une vue magnifique, aussi loin que le regard pouvait s'étendre, sur le parc et les paysages environnants, et dans les embrasures on avait aménagé de petits coins faits à souhait pour engager à l'étude et à la méditation. Sir Edmund me montra encore plusieurs beaux Van Dyck et les deux Reynold qu'il comptait parmi ses trésors les plus précieux en même temps qu'une collection de pièces d'argenterie finement ciselée qu'avait rassemblée son grand- père.
« Oui, s'écria le baronnet, mon vieux domaine aune histoire qui remonte déjà loin, mais j'ai toujours pensé que le vôtre était beaucoup plus beau encore. D'abord il n'y a pas de comparaison possible. Twineham est si grandiose qu'il me fait l'effet d'un palais, à côté de Earlstone. »
Je protestai contre cette appréciation, mais seulement par pure politesse. Twineham était en effet beaucoup plus grand, et, sans parler de sa bibliothèque, qui pouvait bien marcher de pair avec celle de sir Edmund, renfermait beaucoup plus de richesses. Les pièces étaient plus hautes et plus spacieuses, les sculptures plus délicates et les vieux marbres d'une valeur infiniment supérieure. Malgré tout, Earlstone était encore une magnifique résidence.
Avec tout l'enthousiasme d'un collectionneur, sir Edmund me fit voir quelques-uns de ses manuscrits absolument uniques : un recueil de lois grec du neuvième siècle, une bible latine du dixième siècle, écrite d'une main microscopique en caractères gothiques, un Saint-Augustin florentin du douzième siècle et quelques décrets des doges de Venise encadrés d'enluminures.
Enfin nous redescendîmes dans le grand salon, où je trouvai la femme que je désirais tant voir — Rosemary, qui nous attendait.
Elle portait une ravissante toilette crème faite d'une étoffe pelucheuse à la fois chaude et légère, et serrée par une ceinture qui faisait valoir sa taille mince et distinguée. En me voyant entrer, elle se leva vivement et traversa le salon, la main tendue pour me saluer.
« J'étais allée faire une visite, monsieur Hewerdine, s'écria- 1- elle, et il n'y a qu'un moment qu'on vient de me dire que vous étiez ici. Mon père et moi nous sommes enchantés de vous voir. »
Et sur ces paroles nous nous assîmes tous les trois auprès du feu.
f Nous sommes montés à la bibliothèque, ma
chère enfant, reprit le vieux baronnet, et j'ai fait voir à notre hôte mes bibles anciennes.
— Oh îpapa, répondit-elle en riant et en me regardant, vos vieux parchemins moisis ne doivent guère intéresser monsieur H ewerdine, ça j'en suis sûre, c'est tout au plus bon à distraire un vieux gentilhomme comme vous.
— Mais au contraire, miss Earle, je vous assure que j'y ai pris beaucoup d'intérêt, répliquai- je. Je n'y connais pas grand'chose, mais tout ce qui a une vieille histoire m'attire et me plaît infiniment.
— Naturellement, il faut des études spéciales pour pouvoir déchiffrerles vieux manuscrits, dit le baronnet. Mais une fois que vous y avez pris de l'intérêt, c'est un travail tout à fait captivant.
— Oui, parce que vous y apprenez des secrets qui sont restés cachés pendant des siècles, remarqua malicieusement la jeune fille. Et voilà pourquoi papa se creuse tant la tête à les étudier, ajouta-t-elle en riant et en se tournant vers moi. Non, vous ne pouvez pas vous imaginer, monsieur Hewerdine, quelles sombres et terribles chroniques il déchiffre quelquefois. Sur ces vieilles pages de parchemin jauni sont écrits d'étranges secrets ensevelis depuis des siècles et des siècles. Étonnez- vous donc après cela que l'étude en ait tant d'attrait pour les gens curieux et, par conséquent, pour les vieillards, qui sont bien les plus grands curieux de la création !
— En vérité, Rosemary, dit le baronnet en riant doucement, voilà une sortie bien cavalière pour une fille respectueuse, mais je vous prie d'excuser ces coups d'épingle à l'adresse de ma manie favorite. C'est que je n'ai jamais pu arriver à lui faire aimer mes chers vieux bouquins. Je crois même, Dieu me pardonne, quelle les déteste de tout son cœur.
— Parce qu'ils vous rendent vieux et de mauvaise humeur, déclara-t-elle. »
Sur quoi nous partîmes tous les trois d'un bel éclat de rire en chœur.