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Tors les miisi'ricns connaissant la lamontablc histoir* de la « Damnntion de Faust », composée par Berlioz uu lendemain dp son concert, de son giand festival lyonnais de 1845 : prrsontaliou S4ns succès à Paris, on décembre 1846, sous la conduite léhémento du eomposilenr ; disparifon pendant trente •nnecs du chef-d'a-uvre, que l'on ne rejoua qu'en 1877 huit ans après la mort du cenipositrur,
I>ypn en attendit encore pendant une douzaine d'aruées la révélation dans un concert rymphonique ; depuis 1889 on l'entendit très rare *^i nt sous sa foi me or.'giaaie ; le novembre 1903, on la mit au litre dans l'étrange version »ce luç Iniaginre par un d&ecteu.
L'enthousiasme continu dn blic n'entrniiia pas la er. tique. lies quotidiens formûiirent bien des re.
Serves sur l'oppiit unité de la mise au theiitre d'un opéra de concert.
Une jeune revue musicale taxa 'n réalisation de trahison, de crime de lèse-musique ; pai elle, Torganlsateur monle-carlien de la version théâtrale fut tra'te de forban ! Don et Landouzy furent largement ccLiboussés par cette volé*. » Do vr.iis musiciens, de vcr;tablc* artistes, lisikit.on dans la revue du 2 dei-^'m bre 1906, ne prêtent pas la main a des tripatouillages.,, »
I-a reprise d'ap< rs-demaln ne risque pas de i1i?chainer de pareilles invecl ves. On a accepté la version « tripatouillée » le la h f>amnation n;
..egasque ; souj ce nouvel aspect, , ,„ directeurs de théâtre, les met,
remporta iinphc.
un extraordlnaîrt
les vieux Lyonnais ne l'ont pa>
onljlié. C'était au temps de la pre
"V(re direct'on Hon et Landouzy.
iippe Flon dingeait l'orchestre"
principaux rôles avaient été con.
!^ au ténor Ve.dier, si aimé de^
Lyonnais, au baryton Auber et à
■Mme Marguerite Clatssens, devenu*
teurs en scène, le«. chefs d'orchestre I l'ont encore arrangée, chacun à sa façon, en brodant librement sur !• canovas • de Hcrlioi. Personne ne s'indigne plus : ncus en avons vu bien d'autres I ' |
L'important est que la partition soit soumise au grand publc, qUi ne va pas au concert symphonique
,t restée Lyonnaise aujonrd^KÎ pro. ( * ,?"'' 1" théâtre plus fréquente rr-^eur honoraire au Conservatoire ». ' "f--"^'"» a8';<--"'Je d'enlendre et
le succès fut tel qu'on dut constl | ^ ^'"""^" "" chol-d'œuvre. tiior une seconde équipe de chan- l ^* nouvelle Cfurise remportcrateurs (tiènor Graoier et basse La- '-*"e un succès fûmparablc à celiu foiu) pour alterner avec les créa- M** 'a création lyonnaise en 1908 ? tiu'rs; ainsi on put jouer la « Dam. On doit le soubditer ; il est pe
nation» trois toi» par semaine. Le ''""e imprudent de l'escompter. 8
13 janvier 1907, on arrêta la série **"■* ."^st ^" bonnes mains, celi
des représcnîat ons, toutes donné-s "
devant des salles combles. Ce der-
nkr jour, un din anche, les deux
«-quipes se relayant on fit entendre
I oeuvre et en matinée et en soirée
sept Semaines. vingt
lions; l'un dès plus gros succès dans I histoire de notre Opéra lyon.
nais,
de M. Charles Strony et de Déloger. Elle précédera, d:t-on, celle de « Lohengrin » : après le retour de Berlioz, la rei.trée de Wagaer enfin n dédouane » ; aatr* ment d'importance I
(1) Voir tLe Progrès» du « ijé
cerabre.
, On jouait le 22 mars dernier, la Damnation de Faust pour la 94« fois, à l'Opéra, depuis le jour où M. Raoul Gunsbourg s'avisa de porter à la scène l'opéra de' concert de Berlioz. Il ne reste plus grand chose aujourd'hui de la mise en scène primitive. M. Rouché vient, une fois de plus de la renouveler au moyen des décors lumineux de M. Klauzz, qui sont d'un grand effet. On ne peut dire que cesloit encore la perfection, mais on s'y achemine à grands pas. Je ne vois pas bien, pour ma part, l'utilité de faire apparaître la cathédrale dans le laboratoire de Faust. II suffirait que le j bruit des chants de Pâques lui parvînt par les fenêtres ouvertes. Lorsqu'il repose! au milieu des enchantements des Esprits de l'Air, un fond mouvant de projections évoque des paysages de montagnes et de nuages et tout d'abord une bizarre et assez I laide vision de roses gigantesques, pour répondre sans doute au récit de Méphisto : i Voici des roses... C'est assez naïf. Comme Faust appelle Marguerite en rêvant, on i s'étonne qu'on n'ait pas, parmi tant de visions, aperçu Marguerite en sa chambre, telle que nous la verrons au tableau suivant et puis, après des paysages tantôt imaginaires et tantôt réalistes, on est surpris de voir Fauélt reprendre ses sens et parler au moment où le décor lumineux ne représente plus rien de précis. Un des fonds de montagnes qui passent un moment plus tôt, serait mieux en accord avec la situation. Durant la course à l'abîme, on n'entend rien du dialogue de Faust et de Méphisto et si les projections s'accordent assez heureusement avec la musique, par contre, les groupes de démons danseurs sont fort ridicules et l'apothéose finale d'une platitude i
La DAMNATION de FAUST a ami ottA
par Louis AUBERT
^ K iT(<'iir (le i'Mii'l l'uiuy k lu tétr <i Il l'Association dt-s ("oncerls (loluiiiic J^. a coincidtf- avec le ccnteuMirc <Je l.a IMunmition de Fausl. Mnit- Ninon Vallin, MM. I^ucx'ioni, l'ernet, (>aniboii, jet lu Choral* Ainicitia l'entouraient j)our rendre, à travers Berlioz, un honuiiage kSniiouvant à Edouard Colonne (]ui, au printunips de 1877, ri ssiiscitait il'ii-uvre, la luisait acclunier six diiiiaïuh.'s a suite et la poussait de toute sa foi sur lu voie triomphale qu'elle devait connaître de façon ininterrompue «ussi Ijieii aux concerts ipie, plus lard, à 'la scèn .
Ln sièole nous sépare de ce (> dix-eni- Ibre où « le vieil hiver » avait couvert raris d'un froid- neige. C'i^tHJI l'«|)r<'s- Jiiidd, à rOjx'ra-Onniciui'. . <I«mi\ laisoiis à ctfte époque jjour que le J>eaii j)ubli< d • l'aris, coiui ({iii est censé «'«K'cuper d: musique, ne S!- <lérangeàt point. Hcrlio/ en sortit désespéré et ruiné.
PofUrtanl, ave qii^ilP ardeur dt^pui^ deux ans, «vrc (|uelle facilité n'avait-il pas porté sur le papier, et les vers el les idé s musicalus qu;' lui iiisjiirait 'l'ininiirtelle tragédie de Gœtli-! En voilure, en chemin de fer, sur 1 s hatiaux à vapeur, en Bavière, à Vienn;', à Pra.îue, là lires.lau, à Koiin, aux Tuil ri;s, il écri- |vait, presque à l'iniprovistc 11 u-i-ivriiit l'un de ces plus extruin-dinalrcs drames par substitution que sont les cru; M .s profondfurs des destinées exceptionnelles. A l'ijiiiprovistf '? Non, car depuis qu Iqu? vingt ans, il ijortait en hii le germe de l^n Damnation de Funsl, ces' Huit xcém-.s de Faust ofliciellemenl déjtliées au vicomte Sosthèn;- d; Ca Hoche- |foucauild, surintendant des Beaiix-.\rts. imais secrétwiient consacrées à Harrielt iSmithson, (xbj't lointain de s s brûlant: s jardeurs. Faust «ivait fasciné Benlio/. ; iBerlioz, c'étail F<uist, « le tumulte, les ■jouissances les plus douloureuses, l'aiiLOur qui s. ut la liaini-, la paix (|ui sent le désesipoir »... aveu, aveu sincère, déclare .\doliphe Hoschol, qui a fait le tour de la pensée et du climat h rlio/.i;ns.
Autre preuve encor • de celte uiiilé Faust-B.rlioz, lorsqu'il ■ st l'objet de critiques de la [)erl de doctes allemands qui s"étonn;iit de voir l'œuvre débulei <Mns les plaines de llongri . « Patriotisme! Fétichisme! Oétinisme! » leur iré,pond-il. Faust est partout où Berlioz truine son cxpur en echarpe, sa miser jalous;, sou ennui sans fin, son ànie altérée d'un iboiïheur qui la fuit. F^ntre le besoin et la passion, ])as un lambeau de sa vie où l'on aperçoive une place pour 1 s noms du bonheur ou du rep<xs. Dans toute l'Europe, il a cherché une patrie à son art; à l'aris, ses rares succès l'end: Itèrent ; pi)ur peui d'instamls, la Fantastique réi>oiidant à Ucrnoni en lit l'hoaiinie de son époque; ensuite, il expia ^usqulà lu mort le crim- d'aviir été le plus grand génie musical de lu Fi-«nce.
^ Je SUIS seul; mon mépris pour l'iiiibéeiMité M l'impiobilé des hommes, ma
liai 'le pour leur atroce férocité s-int à leur comble; et à toute heure je du a la mort : < Quand tu voudra»! » Qu'ai tend-^lle donc 7 » écrit-Il quHques années avant sa mort.
Evixjiiant (Quelque» tuccè», U notait aussi ajiierenient : « .Ma carrière mu»icale finirait par devenir cfi>armante >i je vivais s'ulemerrt Jusqu'à 140 ans. »
Tout s ses révolte» l'ont fait mourir seitl, d'avance, avec la certitude horrible d- ne plus avoir l'occasion d'enteTidrc ia Uamnation, de ne jamais voir se»
Trr/yeiis.
l.oiiKuem lit mûrie, La iMunnatiun est, d;' loul. s ses tcuvre^, la mieux construite. -Même si, par tenupéramrnt, on ne se Ittisse pas toujours enivrer par le [jarruni rikiiianttque (jui s'en dénagc. on ne peut (ju'tn admirer l'esthétique et cette I)uiss4ince d'évo<-ation qui va parfois ju6(|u'à rexasi|>énution. Ciounati prélaçant les Lettres intinie.s de celui auquej Il clevait, malgré tout, b aucoup, écrivait : « (;hez Berlioz, toutes les m»pressions, toutes les sensations vont à l'extrêni' ; i,l ne connaît Ia joie it la tristesse qu'à l'état de délire. »
Berlioz e.st un htjimme de jet mélodique el de Ilot rythniiqu d'où jaillissent, impeccal>lis, des raretés techniquis, à côté de i>agcs où l'écriture ne se hauss<- pas à le haixlifsse de la conception spirituelle. B.'i'liDZ travaillait vite, dans I s tourments d'une in.spiralion (|ui sentait plus sauvent le soufre ipie l'encens, et il pensait d'un coup tout l'orchistre, a\\ lifiu de cojnpli(|Uer a|)rès coii)) un piano linéaire. De longues stations dans le corps ou à lia tète de nomlbreu.x orchestres avai.-nt développé le goût inné de Berlioz pour 1rs ensembles sonores, lui qui n'a- ^•ait jamais siu jouer que de la guitare et du galoubet.
Bien plus, dépassant de loin I Fauit de .Schiimann, où pointent ce<i)end«nt de suhliinis instants, transmuant à l'état ■pres<jue irréel une vision (pie Coiinod ( la sentir plus dirfctnient, l'ancien « .le.ine F'rance », le trépidant novat:ur a pré^jaré les voies à certaines ii-uvres c(nit mporaines où le côté rythnii(|u , Its effets de choc jouent un nilp j)répondëmnt.
(;'rst s«ns doi:te la raison |)oi.r laquelle on II;- lui conn^il pas d'olèvts; des amis fanatii|ues ont p.i hurl r de joie à certîilns de ses triomphes, aider quelqius succès, (|iul<|Urs démarches, (|u Iques publicités aucune troupe tle lUlèles n'environna jamais ce héros qui se c^;uiiiplaisait loin des miiltitiHles. Voce clamante in di'serto, il fut le prophète des comblnais-.ns sonor s et <les rythmes, tout en conservant à sa trame mélodique le « s nfiiirnl », le discours profoiuiiinent humain, sjtns (|uol l'œu- \ re musical' n- peut attein<lre au chefd'œuvre.
MAi;NiFi(iUE soirée de i i^uv t rime à l'Opcia, où M. Çasabiaacc n'avait lias craint de s'attaquer à ce sommet de l'art lyrique : « I-a Damnation dej Faust ». On peut dire qu? jamais effort | ne fut plus superbement récompensé, puisque c'est «levant une salle comible et enthousiaste que se déroula cette véri- 1 table création.
Dès r «Ouverture», admiraiblement nuancée par ce grand chef qu'est M. Fichefet, la partie était gagnée et l'enthousiasme ne cessa de croître de tablca.u en tableau. Les décors, spécialement brossés pour l'occasion, les chœurs rajeunis et t s chanmantes et jeunes artistes du ballet ont, avec les musiciens et surtout les remarquables interprètes, donné à la soi ré tout son éc'at".
iMarguerite était Mme Sabatier et l'on ne dira jaimais assez la poésie, le dharme et l'intelligence qu'elle mit dans ce rôle. Faust était incarné par M. Albert Delhay que l'on eût dit surgi d'une gravure d* iDevéria. Il fut magnifique de voix et de sensibilité et fut acclamé A Irur cô'té, M. Debouver nous présenta un Méphlsto saisissant. Ses couplets de « la Puce » lui valurent une ovation, tandis que dans la scène de la Taverne — un vrai Téniers — M. Devercors se taillait un succès avec ceux du Rat.
L'on nous annonce pour bientôt « Don Quichotte » avec Vanni-.Marcoux, accompagné sur l'afflche par « La Valse », de Ravel, ainsi qu'une « création » des « Mousquetaires au Couvent », avec mise en scène et costumes nouveaux. L-a ipièce co'mprendra même une scène de plus.
M Reynaldo Hahn manifesta un jour sa surprime que l'Opéra de Toulon, une des plus belles sicènes de France, ne fût pas un des grands théâtres lyriques de notre pays. M. Casabiance est en train dp réaliser le vœu du père de « Ciboulette ».