‹ La danse devant l'archeChapitre 11 sur 61 · LIVRE DEUXIEME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIEME

Dès l'abord, le chemin est divers et fort beau,

Et mes yeux habitués au temple sans images S'ouvrent clairs et tout neufs à ce monde nouveau. Je suis, à chaque point de l'horizon, sensible Et je suis tout heureux de sa diversité. Emerveillé, je vais par l'univers visible, Nourrissant mes regards de sa belle abondance, Et je mêle gaîment mon plaisir et ma danse Au flottant bonheur de l'été.

Mais tu sais que je vais vers ce qui vit et dure, Vers ce qui connaît Dieu et lui peut ressembler ; Je ne suis pas pareil à ce chasseur d'images Qui se laisse amuser par les formes du monde Sans chercher ce qui doit l'expliquer et l'unir. Je vais où la tendresse appelle la tendresse, Où l'esprit sait se joindre et s'ouvrir à l'esprit. Dieu ne peut habiter que là où sont les hommes ; C'est vers eux que je vais pour aller jusqu'à lui, Et je m'en suis d'emblée fort approché peut-être, Puisque sur mon chemin j'ai trouvé des amis.

Neuve joie ! car à l'âge où l'esprit qui veut croître A besoin de sentir à sa jeune racine Couler les fraîches eaux de la vive amitié, A l'âge où les garçons s'en vont toujours en bande, Et s'avançant gaiement par les plaines du monde, Se lancent l'un à l'autre avec leurs mains hardies De beaux projets légers comme des balles blanches En s'appelant comme les cailles dans le blé..., Dans le temple obscurci où ne vivait plus Dieu, Les lévites sournois et le grand Prêtre aveugle Faisaient ma compagnie et tout mon entretien.

Et maintenant, j'ai de nombreux amis que j'aime; Je les ai reiicontrés, je les ai découverts, Je sais leur nom, leur vie, leur famille et leur âge, Et notre jeune troupe enlace l'univers.

Plaisir de pénétrer dans une vie nouvelle, Close, secrète et fraîche, ainsi qu'un beau jardin

Page 1