‹ La danse devant l'archeChapitre 27 sur 61 · LIVRE DEUXIEME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIEME

Ta sainte et ferme terre est pour les basiliques Un beau soubassement,

Et tes enfants de chœur, aux hymnes liturgiques Donnent un bel accent.

Quand j'aurai trouvé Dieu, je reviendrai en France. J'espérais le saisir sous ton ciel, ô pays, Mais je dois abdiquer cette chère espérance, Puisqu'il te manque aussi.

Je m'en vais, mais toujours en baissant les paupières Je reverrai ta claire image.

Formé à ton génie, nourri dans ta lumière, Instruit dans ton heureux langage.

Libéré, comme toi, du Dieu né du Liban, Lévite affranchi du mirage, Je porte désormais ton reflet au visage Et j'ai ta raison dans mon sang.

C'est en vain que cherchant ce qui est éternel, J'ai battu l'univers des hommes ;

Aucun de mes amis n'est resté près de moi ; Leur troupe divisée m'a laissé solitaire ; La France languissante a le visage amer Et ma ferveur s'étonne.

Tout est cendre: on ne peut longtemps rester amis;

L'homme est opaque à l'homme.

Le peuple le plus fort et le plus beau pays

Se dégrade et pourrit.

Fruits, votre suc m'écœure et votre chair se pique,

La mort habite en vous et le dégoût en moi.

Dans le vide univers ma ferveur est unique

Et pour brûler n'a pas de bois.

Puisque le monde humain est un plus dur désert

Que les sables de la Judée,

Et qu'il n'y pousse rien qui ne soit creux, précaire,

Et dès le germe usé.

Rien à ma tendre voix, à mon brûlant appel, Rien pour toujours ne peut répondre, Rien n'est stable ni vrai : il n'est rien de réel Que puisse rencontrer ma sonde

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