‹ La danse devant l'archeChapitre 4 sur 61 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

Le sacrificateur s'enivre du vin consacré ; Il fornique avec les filles, attroupées sur les degrés Par où l'on a accès au Temple Saint de l'Eternel Il dérobe à Jéhovah l'encens, le pain et le sel, Sans que jamais sur sa postérité s'appesantisse Le bras de l'Eternel, et sa foudre, et ses éclairs, et

sa justice Le Saint Bélier d'Israël, son Haut Rocher, et son

rempart Ne parle plus par la voix dure et claire du schofar, Ne flamboie plus dans les buissons qui sont ardents

au bord des routes Quand un prophète élu de Dieu, tremblant, se

prosterne et écoute Et les fidèles clairsemés dans le temple qui chancelle Font une assemblée sans élan, font un piétinement

sans zèle.

L'encens m'étouffe, l'obscurité du lieu me pèse, Je suis gagné par un ennui, par un regret, par un

malaise.

La robe de lin trop blanc est froide à mes épaules

maigres.

4o LA DANSE DEVANT L'ARCHE

Le grand Prêtre est sans bonté ; les voix des

chanteurs sont aigres Et j'aperçois avec désir à la fin des cérémonies. Le libre jeu, le mouvement de la foule qui passe

et crie :

Retenez-moi, enchaînez-moi, percez ce faible cœur

ingrat Pour que le tentateur échoue à m'entraîner vers le

port bas, Vers le port où j 'aperçois, sur les quais et sur les môles Les débardeurs, portant les cargaisons sur leurs

épaules ; Afin que je n'aille point me souiller dans les tavernes Des marins roux chantant en chœur sous le feu

louche des lanternes.

Toi qui sais du regain écarter les cigales Et des granges le charançon, Qui défends l'olivier contre les sauterelles Mon Dieu, épargne-moi le trouble Epargne le trouble à mon cœur.

Les mots que tu as dits, je ne les comprends plus,

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