‹ La danseChapitre 11 sur 78 · I.A .MORT Kl l.l; ( IILVAl.ll.K · texte numérisé non relu

I.A .MORT Kl l.l; ( IILVAl.ll.K

Danse macabre klaprcs une fresque de lètrlise Salnl-Jean de Bùle).

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\'t'stris nous dit .uissi que, dans ses ccrcnionùs religieuses, le christianisme aval; suivi la tradition antique (biblique et païenne et qu'à l'origine, d'après tous les témoignages, la danse sacrée était admise par l'hglise ave^ faveur. Elle devait alors .se confondre avec l.i danse profane, car elle était exécutée par des laïcs et par des clercs. Elle avait lieu à certainjours, ;\ certains moments des ottices : par exemple, on formait des rondes en ciiantant l'hymne O filii.

.\I. Emmanuel, dans son ouvrage s.

savant sur la danse grecque que nous avons déj.\ cité dans le chapitre précédent, rappelle que « si le Guide et Pomeranciie ont peint des hallcts d'auges, c'est que saint Basile, dans son é]iitre à Grégoire, dit que la danse est leur unique occupation dans le ciel et qualifie de bieniieuieux celui qui pourra les imiter sur la terre'. C'est dans cet e.sprit, ajoute-t-il, que les commentateurs di.sent que les apôtres et les martyrs sont les soldats vainqueurs qui ihiiisciil après le combat. »

L;i plupart des danses religieuses se sont éteintes, quelques-unes se sont perpétuées

jusqu'à nos jours. Un des actes des plus récents conciles de Xarbonne témoigne que

l'usage de danser dans les églises et dans les cimetières, à certaines fêtes, existait encore

en Lmguedoc à la fin du xvi' siècle. .\u xvii" siècle, le peuple et le clergé dansaient

encore, à Limoges, dans l'église de Saint-Léonard, le jour de la fête de saint Martial, en

chantant :

5w/j Miirtiaou, prtgas per nous et nous ébiiigareii pcr Iwiis.

Mahomet, imitant les pratiques des chrétiens, créa une secte de danseurs, les der- .viches, qui tournaient sur eux-mêmes avec une vitesse extrême et allaient ainsi jusqu'à s'évanouir, en l'honneur de leur fondateur Menelaûs. Celui-ci aurait, parait-il, dansé sans discontinuer durant quarante jours et en aurait été récompensé par une divine extase.

I. II Saint Basile nous exhorte à laire, à l'cxcniplc des anges, des danses sacrées sur terre. QiiUI itaqiic heatius esse poUril qiiam in terra Iripiidhim Angelonim imitari? {Epist. l aJ Gregor.) Il s'est aussi trouve des philosophes qui ont cru que ces intelligences n'avaient point d'autre manière de se parler que par des signes et des mouvements concertez en forme de danse. Après quoi, il n'y a pas lieu de s'étonner que Virgile fasse danser les mânes et les esprits dans les champs Élyséens au sixième livre de VÉiieiJe. » (Le PÈRE Mênestrier.)

l..\ DASSti A TU.WICHS Lies .\(U:s

La iui»ancc de cette secte de djiiMrurs, du reste, ne constitue pas un fait isolé. Au commencement de ce sii<lc, en i8(j6, une autre, dite des Jumpers, ou sauteurs, prit naissance dans ia Nouvelle-Angleterre. Ceux-ci considéraient b danse comme un véritable culte, l'entreniêlant aux psaumes qu'ils chantaient, s'y livrant avec la plus f{rande fcfNeur pour honoar la divinité. Des heures entières, comme les derviches, ils tournaient sur eux-mêmes et s'affalaient enfin sur le sol, haletants et hors d'haleine. Qrtains d'entre eux, à l'exemple de Menelaûs, prétendaient arriver ù la divine extase. J'ignore si les traditions de cette secte se sont |H.rpétuées.

C'est dans la très catholique Espagne que les danses rcii{;icus(.s se m»iu smium j.tipétuées. Du temps de saint Thomas de Villeneuve, évoque de Valence, on dansait

devant le saint Sacrement dans les églises de Séville, de Tolède et de Valence, et, en dépit du pape Zacharic qui avait alxili les danses religieuses, le saint évèque les approuvait en les maintenant.

On ne se borna point, en Espagne, à des danses : il y eut ui moyen âge ce que l'on appelait les farsas sautas y piadosas, « les farces saintes et pieuses », qui se jouaient dans les églises et dans les couvents. C'étaient des compositions dévotes agrémentées d'nitreiiieses inconvenants et de danses licencieuses.

Le jour de la Fête-Dieu, en Galice, il était d'usage de danser la Ptia, sorte de pas religieux. Un homme de haute stature, portant sur ses épaules un jeune garçon magnifiquement vêtu, dansait en tète de la procession.

En Catalogne, en Koussillon et dans quelques autres provinces d'Espagne, on donnait encore au xvir siècle des représentations de mystères mêlt*s de danses religieuses.

« Un voya-Liii, ijui parcourait l'Espagne au commencement de ce siècle, raconte, dit le baron Davillier, qu'il a vu jouer à Séville /<• Ugataire imhvrsd, de Regnard, le jour de l'Assomption, et il cite textuellement l'affiche qui était ainsi conçue : <> h o l'impératrice du Ciel, mère du Verbe éternel, etc., etc.... C'est à son profit et pour « r.iut'iiiciu.itioti dt son culte que les comédiens de cette ville joueront ce soir une

LU l'OKTKI.ANCl;, l.t FUI ET LA MOllT baprc» une gravure Je la • DanM: macabre •, publiées Paris ca \4Ff3.

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ANGES DANSANT K'aprcs Donalcllo. — Fraffment d'une frise en marbre, ((jj/crif Jfs 0/Jhes à Florence.

« très plaisante comcdic intitulée le Lcgalnirc universel Le célèbre Romano dansera

le Fandango, et la salle sera brillamment éclairée avec des aranas (lustres). »

Le baron Davillier nous parle aussi des villancicos, qui sont des poésies populaires destinées à accompagner les danses religieuses et sont très anciennes en Espagne. Un poète de la fin du xv' siècle, Lucas Fernande/, a publié un recueil de Villancicos para se salir canlando v vailando « pour aller chantant et dansant », dans lesquels le Christ, la Vierge et les anges jouent le rôle principal.

On ciiante encore aujourd'hui des villancicos sur des airs de segnidillas. Certains d'entre eux, les villancicos de Natividad, se cliantent pendant la nuit de Noël dans presque toute l'Espagne; on les accompagne dune chorégraphie peu orthodoxe et les refrains mêlent le Rédempteur et la Mère des anges au liirron et au vin de Manzanilla.

Les seises, enfants de chœur de la cathédrale de Séville, ont conservé la tradition des anciennes represcntacioncs et dan:^as qui accompagnaient, au moyen âge, les processions de la Fête-Dieu dans toute l'Espagne, et cette danse des seises fut autorisée en 1439 par une bulle du pape Eugène W.

On raconte que don Jayme de Palafox, archevêque de Séville, tenta de les supprimer dans son diocèse. Mais le chapitre fréta un navire, et les seises, sous la conduite du maestro de capilla, s'embarquèrent pour Rome et prouvèrent au pape que leurs costumes et leurs danses ne pouvaient qu'ajouter de l'éclat aux cérémonies religieuses.

n Les seises, dit le baron Davillier, appartiennent ordinairement à des familles d'ouvriers ou d'artisans : pour être admis, ils doivent avoir moins de dix ans. Il est facile de les reconnaître dans les rues de Séville, à leur bonnet rouge et à leur manteau de même couleur orné d'une espèce de rabat bleu; le reste de leur costume se compose

/ 1 /' 1 \SI, .1 y/il I /./is LES AGES.

IiAS-ltEI-lEF EN .MAUIim

Par Luca Jella Rohhia, cxcculc pour liirtmc de Sanla .Maria Jcl l'iorc.

tMu.i^ .Us O/flces à Florence.)

de has noirs et de souliers ik bouffettes, ornés de boutons de nictal.

I.C costume de cérémonie des seiscs est encore exactement celui qu'ils ponaient au xvi' sii-cle : le cliapeau, de fomie légcrcnient conique, a le bord relevé d'un coté et retenu par un nœud de velours blanc d'où part une touffe de plumes bleues et blanches. Le justaucorjw, en soie de même couleur, est serré à la taille par une ceinture et surmonté d'une éciiarpe nouée sur le coté; un petit manteau, attaché aux épaules, tombe gracieusement jusqu'à mi -jambes. Mais la partie du costume qui nous parut surtout caractéristique est la golilla, espèce de fraise de guipure empesée et tuyautée qui entoure le cou. Des manchettes de dentelle, un haut-de-chausse ou ctifyitdllo à crevés, des bas de soie bleue et des souliers blancs ornés de boufkttes complètent le costume dont Doré lit un croquis lorsque nous les vîmes dans la cathédrale de Séville, le jour de l'octave de la Conception. Li danse des seiscs n'attire pas moins de curieux à Séville que les cérémonies de la semaine sainte, et l'immense cathédrale est trop étroite les jours où ils doivent figurer dans une finicioii. »

.■\ .\laro, petite ville des Baléares, deux fêtes religieuses accompagnées de danses subsistent encore. Les renseignements suivants m'ont été communiqués à ce sujet prr S. A. l'archiduc Salvator.

L'une de ces fêtes a lieu le i5 août, jour de l'Assomption, l'autre le i<i du même mois, ;\ la fête du patron du village d'Alaro. Dans ces deux circonstances, un corps de danseurs qu'on nomme els Gosiers joue le principal rôle. Ce sont six jeunes gens vêtus de blanc ce jour-là, parés de rubans aux vives couleurs, coiffés de toques fleuries. L'un d'eux, la dama, déguisé en femme, tient un éventail d'une main et de l'autre un mouchoir. Deux autres sont transformés en démons cornus et fourchus. Quelques musiciens suivent le cortège, jouant àuclxremias, du ttimlwino et du fiihivl. Ayri-s vêpres, les cosiers

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