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accompajjiiciu l.i procession qui sort Je l'culisi.-. Trois J'iiitrc lux se pl.icciu de cli.iquc côte de 1.1 \'itrt;c, qui est précédée par un démon; tous les trois pas, ils exécutent des gambades. Chaque démon est armé d'une tit;e flexible avec laquelle il écarte la foule. La procession s'arrête sur les places et aux carreiours où les cosiers exécutent une de leurs danjies aux sons du tamborino et du labiol. Quand la procession est rentrée dans l'éjjlise, ils dansent encore autour de la statue de la \'ieri;e. I.e lendemain, jtiur de la
I.A Ko.NDi: UL' l-.\l!AlJl.> l'.ir Beato .Vngelico, Ir3<,'mi:nt Je la fresque du Juifement Jernicr. (AcjJ,;mk .Us B^'aiix-Arls, Florence.)
seconde (été, les cosiers, au son de leur musique, exécutent après le salut quelques dan.ses devant le maître autel. Ils se rendent ensuite sur la place publique du villat^e où un bal champêtre est organisé.
Ces processions, véritables ballets ambulatoires, suivaient les traditions du paganisme. Appien, dans sa description des fêtes païennes, en attribue l'inventit)!! aux peuples tyrrhéniens. Il raconte que les jeunes gens qui formaient le cortège de ces pompes tyrrliéniques entouraient leur tête de guirlandes d'or et dansaient avec précision et méthode. Martial prétend que ces ballets ambulatoires, nés en Italie, passèrent ensuite en Espagne où ils se sont perpétués jusqu'à nos jours.
Les Portugais ont pratiqué avec passion ce genre de ballet. Longtemps leurs ballets
jiubuLiiuirc» ont suivi les ruti> «!«.!> ^ilic^ et uni Jcruulc leurs anneaux iljiis le» cdinpjpK-s, ^ l'occasion des fêtes des saints ou de solennités religieuses.
l'.n lOio, pour la canonisation de saint Charles Rorrom^:, ils organiscreni un ballet ambulatoire demeuré célèbre. Un navire, venant du lar{^' et portant une statue de s;iint Charles, s'avança vers Lisbonne, comme s'il venait prendre |H»ssession de b terre de Portu^^al; tous les bateaux qui se trouvaient dans le port vinrent à sa rencontre. S.iint Antoine de l'adoue et saint Vincent, patrons de la ville, reçurent le bienheureux au bruit des décharges de l'artillerie des forts et des vaisseaux. Au débarquement, saint Charles lîorromée fut accueilli par le clergé qu'accompagnait une procession dont faisaient partie quatre énormes chars; le premier représentait la Renommée, le second la Ville de Milan, le troisième le Portugal et le dernier figurait l'Église. Chaque corps religieux et chaque confrérie admis à la procession portait son saint sur des brancards richement ornés; la statue de s;jiiu Charles Borromée était enrichie de pierreries d'une énorme valeur et chaque saint était paré des plus précieux objets. On estime à quatre millions les richesses qui décoraient, ce jour-là, les saintes images.
Entre chacun des chars, des bandes de danseurs exécutaient des scènes diverses. En Portugal, à cette époque, les processions et les fêtes sacrées auraient été incomplètes si elles ne s'étaient .iccompagnées de danses en signe de joie'.
Pour donner de l'éclat à ces solennités, de grands mâts dorc*s, orné-s de couronnes et de bannières aux vives couleurs, se dressaient à l'entrée des églises et sur le parcours de la procession chorégraphique, indiquant ainsi les endroits où le cortège devait s'arrêter pour permettre aux danseurs d'exécuter leurs principales scènes de ballet.
On voyait aussi de ces cérémonies dans le midi de la France. En 1462, René de Provence, le bon roi, organisa, la veille de l.i Fête-Dieu, une procession, /<>« Giu', véritable ballet ambulatoire qu'accompagnaient des scènes allégoriques, des combats figurés et des danses. Ces scènes allégoriques étaient appelées alors mtieiuels : nous en avons fiit les « intermèdes » ; ils avaient été créés pour occuper les convives des festins dans l'intervalle des services'.
Le bon roi, en son ballet ambulatoire, avait mêlé le sacré au profane. Une
1. a Ne dia fasiidio a nostri d'Italia, massinic à Komani, il sentirc chc ncllc procession! de santi, e di tania divotione conio fù questa, si mescolassero c balli c darue, perche in Portogallo non parebbc loro, inassinie a popolari, fossero procession! nobil! c gravi senu siriiigliant! attion! di giubilo c d'allegrezza. »
(.MONSIGNOR .\CC0R0MB0K1.)
2. « Mathieu de Coucy parle d'une procession que les ambassadeurs de Bourgogne virent à Milan en I4.S«>, et qui se termina par des speaacles d'hommes et de femmes, comme des gens d'amies, faisant arma pour l'amour des dames. La proce-ssion à'W-s. et le rôle principal que le Prince d'amour y jouait sont une imitation de ces fêtes guerrières, galantes et religieuses. » (Castil-Blaze.)
LA i>.\\sr. .\r Mo) EX Acn:.
llANSr. DUS FOIS D.iprcs un manuscrit ik' la BiWiolhcquc BoJlcicnnc.
Rcnommcc, montée sur un clicv.il .lilc, ouvrait la marche en sonnant de la trompette; des chevaliers, armés de lances, la suivaient; puis venaient, montés sur des ânes, le duc et la duchesse d'Urhin. Pendant trois siècles, cette figure satirique du duc monté sur un àne a suivi le ballet de la Fête-Dieu.
Li mythologie était aussi de la fête : on y voyait Mars et Minerve, Pan et Syrinx, Pluton et Proserpine; d'autres divinités encore, avec une suite de faunes, de dryades, de tritons dansant au son des tambourins, des fifres et des crotales, précédant le char de l'Olympe où trônaient Jupiter, junou, Vénus et l'Amour. Les trois Parques grimaçantes fermaient le cortège. Cette marche des dieux du paganisme était sillonnée de diables cornus harcelant le roi Hérodc, de démons poursuivant une àme sur laquelle veillait l'ange gardien; puis les Juifs dansaient une ronde autour du veau d'or, la reine de Saba passait en brillant cortège, les Mages suivaient une étoile qui .se balançait au bout d'une longue perche. Venaient ensuite le massacre des Innocents, Jésus portant sa croix, entouré de ses apôtres; saint Luc allait coiffé d'un frontal de bœuf, d'autres grattaient sans répit l'épiderme squameux d'un lépreux. C'étaient enfin des danseurs, des bâtonniers, des troupes régulières et la Mort hideu.se chassant avec une faux gigantesque cette foule d'êtres divins ou infernaux, de rois, de héros et de saints.
« Le roi René, dit Castil-Blaze, avait composé ce ballet religieux dans tous .ses détails : la mise en scène, les airs de danse, les marches, tout était de sa composition, et cette musique a toujours été fidèlement conservée et exécutée. L'air dou Gué est bizarre dans sa modulation; le menuet de la « Reine de Saba », la marche du « Prince d'amour », .sur laquelle on a chanté tant de noëls, et principalement la ve'k dé Noué, sont pleins d'originalité. Mais l'air des « Luttes » est le chef-d'œuvre musical du bon roi René, s'il e.st vrai qu'il en soit l'auteur, ainsi que la tradition nous l'affirme. Cet air classique a des formes élégantes, une mélodie gracieuse; les ménétriers provençaux le
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jjucnt sur le t;.ili)uKt avec raccompa}:ntnunt rythmique du umbourin, en faisant le (uur de l'arèiK* où les lutteurs doivent se disputer le prix. >
LiK repréientation extraordinaire des fôtes institu^-cs i Aix par le bon roi Weni en \\hz fut reprise au comnienccnient de notre siècle, en i8r»5, en l'honneur de la princesse Pauline Borjîhèse.
<• Ias parures les plus riches et les plus i-légantes étaient r6icr\-6cs pour ces jours
de fôte solennelle, dit encore Castil-Blazc. Grs ajustements pouvaient être préparés d'avance. Il n'en était pas de même des jwufs, des chignons, des frisures que Us dames faisaient élever sur leurs tètes, avant l'ère républicaine. Des lésions poudreuses de perruquiers SL- rendaient à Aix. Leur talent et leur dextérité ne seraient pas venus à bout de la besogne, s'ils ne l'avaient pas commencée avant la fête. Une infinité de dames coiffées avec le plus brillant appareil, frisées, graissées et poudrées, la tète couverte de fleurs, de plumes et de pompons, se résignaient ù passer plusieurs nuits, les coudes appuyés sur une table et la tète dans leurs mains, pour ne pas déranger le galant édifice. Il lallait paraître avec éclat pour obtenir un bouquet du Prince d'amour. Les modes ridicules de l'époque étaient soumises à une épreuve qui les frappait souvent de réprobation. Li diablesse, représentée par un homme de six pieds, s'en affublait, pour jouer son rôle, et coiffée à la mode du jour, qu'elle exagérait de la manière la plus grotesque. » Cependant, en France, conmie chez les Grecs et chez les Romains, les danses
DANSL DLS \ l.M).\.\titS D'âpre» un recueil <lc ile.s<<ins du xi\- mccIc. {lUHinthèq-n de r.\rscH3l.)
religieuses, comme toutes les d.inses, avaient dégénéré. l-ii .""^4, le roi CiiilJebert les proscrivait toutes de ses Ht.its, et, en 743, une ordonnance du jvipe Zacliarie abolissait les danses halado'tres\
Odon, évéque de Paris au xu' siècle, proscrivait aussi les danses dans les églises, aux processions, et principalement les danses funéraires qu'on taisait, la nuit, dans les cimetières, lîeaucoup plus tard, le .^ .septembre i'i<'7, nous trouvons un arrêt du Parlement de Paris interdisant les danses sacrées en général : danses publiques du premier janvier, du premier mai, les danses des brandons, du premier dimanclie de carême et celles qui se faisaient autour des feux de la Saint-Jean.
, Le clergé, pour lequel la permission de danser qu'il accordait contre espèces était une source de revenus, ne voyait pas d'un bon <x\\ ces interdictions, et résistait. On rapporte à ce propos qu'un évèque, propriétaire d'un terrain sur le rivage de la mer Baltique, accorda à ses ouailles la faculté d'y danser, à condition toutefois d'utiliser seulement l'espace qu'on embrasserait en se tenant par la main dans un branle général de toute la population des alentours. Sur cet emplacement s'éleva une ville, raconte la légende, ce fut Dantzick, ville de la danse.
« Cependant, dit .M. P. Lacroix, la bonne humeur, la gaité naturelle des Gaulois, leur pa.ssion pour les exercices violents et pour les plaisirs sensuels, tout les disposait à aimer la danse et .1 s'y livrer avec ardeur; on s'explique donc comment la danse, malgré les répugnances de l'aristocratie romaine, malgré les anatliémes et les interdictions des conciles et des synodes, a toujours été le passe-temps tavori des Gaulois et des Irançais. »
En l.>73, sous le règne de Charles \ , une maladie inconnue tondit sur la Irance et sur la Flandre, pour punir le peuple des abus et des mél'aits qui signalaient les dan.ses sacrées, disent les vieux historiens. Une foule de gens turent pris de la frénésie de
I . « L'abus que l'on lit avec le temps de ces danses sacrées, qui étaient devenues libres et dissolues, les tit abolir, comme on abolit les agapes, ou festins de charité, et les baisers de paix que les fidèles se donnaient dans l'église les uns aux autres. C'est pour la même raison que plusieurs églises ont quitté la musique et les instruments, et plusieurs prélats ont défendu .sagement, les trois derniers jours de la semaine sainte, de chanter avec appareil les Lamentations de Jérémie, pour empêcher les désordres qui se commettaient en des jours si saints, par le grand nombre de personnes que la symphonie et les belles voix y attirent, plutôt que la piété.
« J'ay vu encore en quelques églises, le jour de Piques, les chanoines prendre par la main les enfants de chœur et, en chantant des Hvmnes de réjouissance, d.inser dans l'église; pour ne rien dire des coutumes scandaleuses, que la simplicité avait introduites il y a deux ou trois siècles, et que le libertinage avait tellement corrompues, qu'il a fallu des lois sévères pour les abolir, et autant de zcle et d'application que la plupart de nos prélats en ont eu pour bannir de leurs diocèses ces abus dangereux.
« Nous ne faisons plus des actes de religion des danses, comme ont fait les Juifs et les Infidèles nous nous contentons d'en faire des divertissements honnêtes pour former le corps à des actions nobles et de bienséance. Kous en faisons des réjouissances publiques.... » (LliPÉRE Ménestrier.)
AMOI H« llASSAST
D'aprc» I'
H |j tlan i ranges nuUJcs
quittdicm leurs vctcnu-nts, se cuuroniidiciu de fleun ci, se tenant par U nuin, albient par les rues et les ^tisvs en chantant et en dansant. Plusieurs, à force de tournoyer, étaient hors d'haleine et tombaient. « ILs s'cntLiient si fort par cette agitation, dit Mé/eray, qu'ils eussent crevé sur la place si l'on n'eût pris soin de leur serrer le ventre avec de bonnes bandes. » lit, chose singulière, à force de regarder pxsser le tourbillon des danseurs, on était pris de la même fréné-sie et l'on se joignait aux bandi-s folles. Cette terrible maladie prit le nom de danse de sainî Jean. Certains mal.ides durent leur guérison aux cxorcismes. Mézeray ajoute : « Cette punition a bien anéanti en France les danses qui se faisaient, les dimanches et fêtes, devant les églises. »
Et déjà, dans l'antiquité, un fait analogue s'était produit. Lucien rapporte que les habitants d'une ville grecque furent pris d'une sorte de fréné-sie après une repré-sentation de V Andromède d'Euripide. On les vit tout enfiévrés, pâles et décharnés, courir les rues .\ demi nus en déclamant, avec d'effroyables contorsions, des passages de la pièce. Des alignements de nez avaient déj;\ soulagé ceux qui étaient atteints de cette maladie, quand elle disparut avec la traicheur de l'hiver.
Durant le moyen âge, si la pantomime et le ballet n'existaient plus, la danse fut toujours en honneur. Il est certain qu'elle ne cessa jamais de faire partie des divertissements populaires : on dansait (les trè-s nombreuses interdictions de ce genre de divenissement par les conciles nous l'apprennent) aux fêtes patronales et aux veillées des grandes fêtes de l'Eglise. Li danse, d'abord dédaignée par les hommes, sans doute comme un amusement indigne d'eux, était, dans les premiers temps, réser\ée exclusivement aux femmes : c'est ce qui explique que les plus anciennes chansons de danse aient été composées par des femmes et mettent surtout en scène des personnages féminins. Les honmies se bornaient à y assister et à les regarder avec un intérêt dont témoignent un grand nombre de poèmes ou romans : c Au pied d'un château qu'on appelle Beau-
LA n.wsn .1 r movex Acr:.
cl.iir, ilit une chanson du xn'" siècle, en peu de temps fut organisé un grand bal : les damoiselles y vont pour carolcr, les chevaliers pour regarder. >>
Bientôt la haute société emprunta au peuple ce divertissement. Mais ce n'est guère avant le commencement du \ni" siècle, époque où s'adoucit la rigidité des anciennes mivurs, que les deux sexes y participèrent simultanément. Dames et chevaliers se prenaient par la main et formaient des rondes soit fermées, soit ouvertes (voyez plus haut le tableau de Fra Angelico, qui représente une véritable/v//v7H</(>/('). ,\ défaut d'instruments, la danse était réglée .soit par des battements de mains, soit surtout par des chansons, dont les couplets étaient chantés par un soliste et le refrain repris en ciiaur'. C'est la fameuse Caroh-, tant de fois décrite dans les poèmes ou romans du moyen .'ige, et qui était alors un des divertissements les plus goûtés dans les tètes ou réunions mondaines.
L'auteur de Fltitnciiiii, poème provençal du xiu" siècle, raconte que « la Jeunesse et la Joie ouvraient le bal avec leur cousine la Prouesse; la L.'icheté, confu.se, allait d'ellemême se cacher >>. Paul Lacroix signale un passage du roman de Pcrccjoicl où il est dit qu'à la suite d'un repas, pendant qu'on enlevait les tables, tout se prépare pour le bal : les chevaliers ne changent rien .1 leur accoutrement, mais les dames vont faire de nouvelles toilettes. « Alors, suivant le vieux conteur, les jeunes chevaliers et les pucelles .':e prindrent (se prirent) à jouer de leurs instruments pour mener la danse ou la carole. De l.'i l'antique proverbe gaulois, ajoutet-il : « Après la panse vient la « danse. »
1 . 1.0 prcJicitLur J.icqucs de Vitr\' fait bien comprendre, par une comparaison plus originale que délicate, conitneiu les choses se passaient : pariant des femmes qui conduisent les . danses ou les règlent par des chansons, il nous dit qu'elles portaient au cou la clochette du diable, qui les suit des yeux : « C'est ainsi que, dans un troupeau, la vache qui porte au cou une clochette renseigne le berger sur l'endroit où .se trouvent ses compagnes. »
Ailleurs il compare les gens qui chantent des chansons de danse au chapelain qui chante le verset et aux clercs qui lui répondent.