I. ANDANTK
Daprcs le tableau de N. lîscalicr.
Cet auteur cite ;'i l'appui de son dire hi Boulangère, le Carillon de Dunkerque, le Ckiuilier du Guet, Vive Henri W ! etc. R.uiie.ui, dans son Maître à daneer, nous présente les Branles comme fort graves à la cour de Louis XI\', tandis que Tabourot les décrit gais et vits sous Henri III.
Ses leçons et ses conseils sont toujours amusants. « Le dict Branle, écrit-ii, se tait sur quatre mesures de la ciianson jouée par la flutte, en tenant les pieds joincts, remuant le corps doucement du côté gauche pour la première mesure, puis du côté droit en regardant les assistants pour la deuxième, puis de même du côté gauche pour la troisième, et, pour la quatrième mesure, du côté droit en regardant la damoiselle d'une œillade desrobée doulcenient et discrètement.
« Les joueurs d'instruments sont tous accoustumés à commencer, en un festin, par un Branle double ou commun, et en après, le Branle simple, puis le Branle gay, et à la fin, les Branles qu'ils appellent Branles de Bourgoigne, et aulcuns, de Champaigne. La suyte de ces quatre sortes de Branles est appropriée aux différentes personnes qui entrent en une dance : les anciens dancent gravement les Branles doubles et simples, les jeunes mariez dancent les Branles gayz, et les plus jeunes dancent legièrement les Branles de
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lJi»urj;oi(;nc et iit-antmoim tous aulx Je h dancc s'acquittent du tout comme iU peuvent. ••
U-N Branles étaient tellement rîpanJus, que la plupart des provinces avaient Us leurs. Parmi les plus connus, nous citerons ceux de Bourgogne et de Gascogne, ainsi que les Branles du haut Barrois, de Poitou, d'Ecosse, de Bretagne et de Malte, etc. On dansait les Branles di-s IVis, de la Moutarde, de l'Antiquaille, etc. Dans le Branle des Livandières, chacun, à un moment de la danse, frappait dans ses mains pour imiter le bruit desb;Utoirs. Dans le Branle des Hermiies, Its couples saluaient leur voisin de droite et de gauche en croisant leurs mains sur la poitrine, à l'exemple des moines. Une figure de la ronde enfantine si connue « du ixjiit d'Avignon » rappelle le Branle des Ilermites.
Dans le Branle des Sabots ou des Chevaux, on frapp.iit fortement du pied sur le sol. Les Bourrées auvergnates et limousines rappellent cette singularité. Enfin, dans le Branle de l'Ollicial, se mêlait déj-i la Volte. Ce branle était plus lent que les autres et, aux dernières mesures, le danseur, saisissant sa danseuse par la taille, la soulevait en l'air. Cet usage est encore aujourd'hui pratiqué dans les danses populaires du Kous-
sillon.
Ln reine .Marguerite de N'alois excellait dans le Branle de la Torche. Cette danse fut en grande vogue dans l'aristocratie. « Un danseur, dit Vestris, tenant un flambeau d'une main, choisissait une danseuse, dansait avec elle un pas de son choix, puis lui remettait le flambeau entre les mains; la danseuse à son tour choisissait un danseur : ce dernier gardait le flambeau et la scène continuait avec d'autres acteurs ». Un souvenir de ce Branle se retrouve, dit M. Desrat, dans la figure du Cotillon qu'on nomme « le Ciievalier de triste figure ». Mais ici la danseu.se remet le flambeau entre les mains du cavalier qu'elle refuse.
Li Bocam fut en honneur à la cour sous Louis XUI et la régence d'Anne d'Autriche. Selon Piganiol de la Force, son inventeur Jacques Cordier dit Bivait était un maître à danser absolument illettré et ignorant même la musique. 11 était de plus cagneux et goutteux, ses mains et ses pieds étaient recroquevillé-s par le mal, et iH)urtant ce piètre personn.ige fut le miracle de son siècle, jouant à merveille du violon et composant des airs cliarmants. Il fut le professeur de toutes les nobles dames et eut comme élèves les reines de France, d'Espagne, d'Angleterre, de Pologne et de Danemark. Charles I", roi d'Angleterre, l'avait en haute estime, le comblait de présents et l'invitait
souvent à sa table.
La Piiiniu-, d'après Mme Liure Fonta, fut une belle et noble danse en grande laveur de l53o environ jusqu'à la minorité de Louis XIV, qui lui préféra la Courante.
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