‹ La danseChapitre 26 sur 78 · L.I Pavane était donc par excellence une danse d'apparat · texte numérisé non relu

L.I Pavane était donc par excellence une danse d'apparat

Mais, après avoir subi des modifications qui, à la longue, avaient altéré son primitif caractère, cette danse était devenue tout .'i fiit iirétcntieuse sous Louis XIV. Elle disparut '.

Le grand roi lui avait préféré la Conniiitc, qui .ivait été tort à la mode au xvi'' siècle. C'était une des plus anciennes danses figurées. Tabourot a décrit une petite .scène de ballet qui, dans sa jeunesse, servait d"introductit)n ,'i cette danse '.

.MADK.MOISKI.I.E SUDI.ILINV D.nprùs uiit; irravurc Ju temps. {llil'liollu\]uc njHiinjU'.

1 . « Elle sert aux rois, princes, seigneurs graves pour se montrer on quelque jour de festin solennel avec leurs grands manteaux et robes de parades; et lors, les roynes, princesses et dames les acconipaignent, les grand'queues et leurs robbcs abaissées et traînant, quelquefois portées par damoiselles. On se SL-rt aussi des dictes Pavanes quand on veult fiiire entrer en une mascarade chariots triomphants de dieux, déesses, empereurs, etc

« On peult jouer les Pavanes avec épinettes, flultes traverses, haultbois et aullres, voires chanter avec les voix, mais le tambourin aide merveilleusement, par ses battements uniformes, .1 faire les mouvements. "

2. 11 est intéressant de voir la théorie de la Pavane transcrite par le professeur Desrat, et dont la musique a été reconstituée par Signoret. (Iîokne.m.w, éditeur, 1.5, rue de Tournon.)

.3. « Dans mon jeune âge, ils dressoient sur la Courante une forme de jeu et ballet; car trois jeunes hommes choisissoient trois jeunes filles, et s'estant mis en renc, le premier danseur avec sa damoiselle la inenoit en fin sister (se placer) à l'aultre bout de la salle, et retournoit seul avec ses compaignons; le deuxième en faisoit de mesnies, puis le troisième... et quand le troisième estoit de retour, le premier .allait en gambadant et faisant plusieurs mines et contenances d'amoureux... requérir sa damoiselle, laquelle lui faisoit reffus de la main, ou lu\' tornoit le dos ; quoi voyant, le jeune homme s'en retornoit en sa place, f^iisant contenance d'estre désespéré; les deux aultres en faisoient autant. Enfin ils alloient tous trois

LA DA.S.St: I //ill/./i'v J.I..S A tu:. s.

Ij gravit* et la noblcsM: de son caractère l'avaient lait adopter dans les réceptions de la cour et dans les nobles maisons. La collection Philidor contient plusieurs Courantes dansées devant les rois Henri II, Charles IX et Henri III. Qliuzac nous apprend que Louis XIV s'y montrait cavalier accompli. Ix théâtre du temps est plein d'allusions qui témoijjnent de la vogue de cette danse : « Pécour, tous les matins, lui 111. .litre la Courante », dit Regnard;

" Baptiste (Lulli), le très cher, n'a point vu ma Courante », dit Molière.

D'aprt-s Littré, la Courante commençait par des révérences, après quoi !c danseur et la danseuse décrivaient un j\is de Courante, c'est-à-dire une figure réglée qui formait une sorte d'ellipse allongée. Ce pas se composait de deux parties : la première consistait à faire un plié relevé en même temps qu'on ramenait le pied de derrière à la quatrième position en avant par un pas glissé (qui est passer doucement le pied devant soi en touchant légèrement le parquet); la deuxième consistait en un demi-jeté d'un pied et un coupé de l'autre pied. « On voit par là, ajoute-t-il, que la Courante était plutôt une marche pleine de belles attitudes qu'une danse proprement dite, puisqu'on ne s'enlevait pas de terre. »

Le pas de la Courante a beaucoup d'analogie avec celui du Miiiiift. C'est une danse purement française, toute remplie d'allées et de venues, et qu'on a assimilée à la Segiiiilillii espagnole.

Quant à la Gavotte qu'on dansait sous Louis Xl\ , nous la retrouverons avec .\Iarie- .AiUoinette et après la Révolution.

L'origine de la Chaamc est obscure. Cervantes prétend qu'elle fut primitivement

ACTKIl'E hAN^AM

D'aprcs une Kravurv Je la lin du xvii' siàcle. (UiHioUiéque njliotijle.)

ensemble requérir lesdites damoiselles, chacun la sienne, en mettant le gcnoil en terre et demandant merci les mains jointes; lors les dites damoisclles se rendoient entre leurs bras et dan^oient la dicte Courante pesle ineslc. »

AI liASSI-: Af CUWh slllCI.i:.

une danse de nègres et de mulâtres importée à l.i CDur de Philippe II, et dont la j^r.ivité castillane aurait modifié le caractère. La Ciiacone, danse savante et théâtrale plutôt que danse de ville, se distin-juait par la noblesse de son style et sa reclierche artistique. En l'rance, elle obtint le plus vif succès comme danse noble .'i la cour de Louis XllI et .'i la cour de Louis XI\'.

L;i plupart des grands opéras se terminaient par la Ciiacone, dont la musique variée et charmante permettait de composer dans les ballets des sortes de tableaux vivants, pendant que le danseur isolé développait des pas de précision et d'adresse. Au xviii' siècle encore, Gaétan \'estris obtint de grands succès dans Li Ciiacone. Son maître, le célèbre danseur Dupré, se distinguait surtout dans les Chacones de Ranuaii.

Jean-Étienne Despréaux, comparant cette danse .1 l'ode poétique, dit :

De l'ode la Ciiacone a l'éclat, rénerf;ie : Élevant jusqu'au ciel son vol audacieux, La Ciiacone sans doute est la danse des dieux....

La Sarabande, venue d'Espagne, était une danse .1 la fois noble et passionnée.

Nombre d'auteurs espagnols ont disserté au xvi" siècle sur l'origine de la Zaralhvtda. Elle apparut, dit-on, vers 1^88 pour la première fois .1 Séville. L'historien Mariana déplore la folie qui semblait s'être emparé de tous à l'occasion de la Sarabande, qu'il appelle el pcstijWo baylc de Zarabauda « la danse pestiférée de la Sarabande ».

D'après Gonzalès de Salas, qui a écrit au xvn" siècle, on disait une distinction en Espagne entre les Dan:^as et les Bayles.

Les Danzas se composaient de pas graves, solennels, mesurés, les bras ne participant jamais à l'action.

Dans les Bayles, au contraire, [

d'où dérivent la plupart des danses i.c ballet de la jeunesse (1680)

t-smiTn^Iao -.-►., ,11 I D-iprù!. une estampe de la collection llcnnin.

espagnoles actuelles, les mouvements (Bitiu,aL^,.c ,uiw,uu:)

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