‹ La danseChapitre 32 sur 78 · I.A LE(,0\ DE DANSE · texte numérisé non relu

I.A LE(,0\ DE DANSE

l'ai l'Rlui Loniihi, il'.-iprcs une i^mmitc du icnip:

:C entière de Icun Jjnscs. ■ Ne «Icvincz-vous pas tout ce qu'ils pensent ?continue-t-il. Ne lisez-vous pxs dans leurikme? ' >.7.-vous pas l'amour le plus vif ei

le plus tendre, nuis l'amour le plus respectueux en même temps briller dans les yeux du laune? Grux de la Nymphe ne sont-iLs pas d'accord avec ses gestes pour exprimer les sentiments d'un ca-ur qui peut aimer, mais qui sait prî-férer son devoir avant tout?

BAI-IET DANSE At THEATRE DE L OPÉRA I)c>sin JA. Je Soinl-Aubin, (fravé''par Ba»an. {Bitlinlhcque tijlinnjle.

« Quel momtiu délicieux que celui où le Faune se trouve enfin entre les bras de sa chère Sylvie qui l'avait évité, et qu'il avait été lorcé d'éviter lui-même :

ïx feu de leurs regards s'anime avec la danse ; L'Amour, sans se montrer, fait sentir sa présence. Ut, plein d'un s^-ntiment vif et délicieux, Chacun sent le plakir qu'il a vu dans leurs yeux.

« Voilà de la danse! Nous ne manquons donc p.TS de sujets habiles, mais nous m.inquons de vraie émulation ; il semble même qu'on ne se soucie pas beaucoup de l'exciter. Que je me plairais à voir un i;rand danseur, *ans panache, sans perruque, sans

AI D.W.S/C sors /.(Il is w

icme temps, mais arrache donc ces j us privent Je ce f '

LA 1'Hi;.mu;ki; ridi kk Dr .mkmet

D'après un dessin Je (iravclul.

ma,sque, danser un personnage noble dans une pantomime! C'est

alors que j'applaudirais avec satisfaction ;\ la sublimité de ses

talents, et je pourrais très justement lui accorder le titre de

grand, au lieu qu'aujourd'hui je peux tout au plus dire :

Ah! la Mla gumha! Ainsi il y a, comme on le voit, bien

des réformes à faire dans la danse théâtrale. Il est /

impossible qu'on les fasse toutes en même temps, mais

au moins faut-il commencer. Qu'on

masques froids et enluminés, qui nous p

que nos pas Je deux ordinaires pourraient avoir de plus

agréable, je veux dire de l'expression du visage. Il est

naturel que le régne des perruques cesse ensuite, et

qu'on ne danse plus un berger avec un casque et un

panache. V'o\"ez quelle satisfaction un seul masque arraché a causé au public; voyez

combien Vestris, dansant le visage découvert dans les Champs Hlysées, est supérieur à Vestris dansant un berger en perruque et en masque; voyez combien on aime mieux Gardel dansant le Soleil sans masque, sans perruque, etc.; voyez comme o\\ admire, comme on applaudit Dauberval, parce qu'il a terrassé la coutume, parce qu'il danse un berger en berger, parce qu'il donne l'expression nécessaire à ses pas, à ses gestes, à sa figure! »

Noverre s'adonna surtout au genre grave dans ses ballets, et toutes ses compositions se distinguaient par une grande ingéniosité. Elles eurent à l'époque un très grand succès.

Parmi ses principales œuvres chorégraphiques, il convient de citer la Mort d'Jjax, U Jugement de Paris, la Descente d'Orphée aux Enjers, Renaud et Armide, les Caprices de Galatlxe, la Toilette de Vénus ou les Roses de l'Amour, les Jalousies du sérail, la Mort d'Agamemnon, Tëlémaijue, la Clémence de Titus. Mais Noverre abandonna parfois le ballet sérieux pour des œuvres plus légères, telles : l'Amour corsaire et l' Embarquement pour Cythére.

De même que Mlles Salle et Camargo inspirèrent les brillantes danseuses de la lin du xviii' siècle, c'est à l'initiative de Noverre qu'on doit la pléiade de compositeurs de ballets qui lui succédèrent avec éclat : Gardel, Dauberval, Duport, Blasis Milon et les Vestris; et les chorégraphes et les librettistes de notre temps peuvent encore trouver dans ses Lettres sur les arts imitateurs les plus savants conseils.

Noverre avait cherché à fixer définitivement par l'écriture les pas chorégraphiques que le succè-s accueillait, et dont l'Académie de musique ne paraissait pas se préoccuper.

LA n.wsa A iHAi t:i<s lk.s aoks

! -on, avaient inuginé déjà dc% caractères liiéruglypliiqucs pour rcprcscntcr la dann-. Ix^ Romain» avaient une nic-tliode pour peindre le geste djns la saltatiiin. Sou4 I^uis XIV, le danseur Beauchamp donna i cette notation une nouvelle fornje, et un arrêt du Parlement l'en déclarait l'inventeur. Dans le Traité Jt (Ikvégraphif dt Feuillet et Desaix, qui fut publié à Paris vers 171.1, une cinquantaine de gravures représentaient les danses par les ca- Mctères gravé-s. On eût dit des formules d'incantation, les pages étranges d'un livre de magie.

Des lignes perpendiculaires, liori/.ontales, obliques et courbes enchevêtrées, de bizarres assembLiges de traits rappelant par iiist.ints des formes de lettres iinibes, des sortes de notes de nnisique jetées, semble-t-il, au hasard, y représentaient, avec une logique précise, les mouvements des pieds des danseuses.

Nous reproduisons ci-contre la notation de la première figure du menuet Dauphin telle qu'elle est donnée dans le curieux volume Principes Je CIxtrégraphie, par ,\1. Magny, maitre à danser (Paris, 1 7<ô) ; et, en analysant les deux premières mesures de ce morceau, nous essaierons avec l'aide de Baron de donner l'explication de ces caractères si bizarres.

Les lignes du haut de la p.ige représentent, en quelque sorte, la pl.ice occupée par l'orchestre. La danseuse qui va commencer le pas se tiendra au bas du dessin ci-contre, en face de l'orchestre vers lequel elle va se diriger; elle est représentée par deux demicercles, et le danseur qui se tient ;\ côté d'elle, par un seul. Li ligne qui coupe les demicercles indique de quel côté est tourné le visage de l'exécutant.

Les grandes lignes droites ou courbes, qui forment pour ainsi dire la construction ornenïentale du dessin, tracent le chemin que les exécutants suivront dans le cours de

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NOTATION niu|(|.<jHA(lllvl E l>l MEM ET « l>AI l'HIN » D'après l^.•^ l'nncifes Je l'hiTcgrjphu de .Mogny.

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