‹ La danseChapitre 33 sur 78 · L.\ liAS-sK sols Liifis AI'. "Si · texte numérisé non relu

L.\ liAS-sK sols Liifis AI'. "Si

leur danse; ce chemin est coupé par autant de petites liijnes qu'il y a de mesures dans l'air à danser.

Les deux danseurs sont donc placés le visage vers l'orcliestre, et devant eux s'allonge ou se recourbe le chemin qu'ils vont suivre. La position de leurs talons est indiquée par deux petits ronds, et les viri^ules qui les accompai^nent mon- .^ST trent la direction de la pointe des pieds. ^3^*

Pour ne parler que de la danseuse, voici l'indication des mouvements qu'elle aura ;\ l'aire pendant la première mesure : elle a les deux pieds en dehors, le pied gauche porte sur la pointe, le pied droit porte sur le talon (tig. i). La danseuse avancera d'abord le pied gauche, elle pliera en marchant en laisant y un demi-quart à gauciie et s'élèvera sur la pointe après avoir marché (tîg. ::). /P Fuis elle avancera le pied droit qu'elle élèvera en marchant (fig. .1). Ensuite elle pliera le pied gauche avant de marcher et l'élèvera après avoir marché (tig. 4). Hnrtn elle avancera le pied droit et posera la pointe du pied (tig. .">). Tous les pas, tous les gestes dans leur plus petit détail étaient ainsi indiqués, et ceux qui ont inventé ou préconisé cette notation soutenaient qu'elle pouvait être lue .\ livre ouvert et comprise 'par tous les hommes de l'art. Cette prétention parait e.xcessive, car même les maîtres de ballets les plus expérimentés avouent ne pouvoir pas maintenant déchiffrer tous CCS hiéroglyphes dont un bon nombre ,

leur échappe, et déclarent en tout cas qu'il ne serait probablement pas possible

de l'aire exécuter les mouvements tels qu'ils sont écrits dans ces livres.

On indiquait ainsi toutes les espèces de pas en usage alors, même les plus

compliqués : les droits, les ouverts, les ronds, les tortillés, les battus, les croisés,

les emboîtés, les coupés, les jetés, les chassés, etc., etc. Et non seulement le

mouvement des pieds se trouvait indiqué, mais même les inflexions de jambes

qui accompagnaient le pas : les grands et petits ronds, les sauts, les cabrioles,

les pirouettes et les entrechats.

On écrivait aussi l'action des bras, les mouvements du coude, du bras et du poignet. Dans le couplet des Folies d'Espagne, tous ces mouvements sont tracés de chaque côté du chemin des danseurs; de plus, les notes placées audessous de la phra.se musicale y marquent le « battu " et le « roulé » des castagnettes dont on se ser\ait pour accomp.igner cette danse.

Après la retraite de la Camargo, les triomphes scéniques lurent le partage du célèbre Gaétan Vestris, élève de Dupré, qu'il avait remplacé.

La famille \'estris était originaire de Florence; elle régna sur la danse fraui^aise

M.MiKNOISKI.I.K ALLARn

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tliirani prv ccic. Gaétan, qu'on a|>jKl.iit le Unu

i / çlris pour le distinguer de ses quatre frères qui sui-

V lient la môme carrière, parut en 174» à l'Opéra, qu'il

ne quitta définitivement qu'en iHcki.

• " \ a l'eu de danseurs ont été aussi favorisé-s de la

nature, dit A. lliron. C'était un homme d'à jku près cinq pieds six jmjuccs, la jambe fine, la figure noble ,'^ et expressive. 11 débuta en 174M, et se retira en 17H1 ;

/^ mais, ayant eu, comme l'acteur li.iron, le rare privilège

' de conserver jusque dans la plus extrême vieillesse

toute sa vigueur et toute sa grâce, il reparut par inter- .illes en 1"'»?, I7<^>et i'Jim», et fut toujours excessivement applaudi. »

Sa danse était empreinte tout à la fois de gran-

DANS LK iiM.iKT « ii.vssE ET l'Éi.KE . j^.^^ ^.^ j^. g^ice. 11 avait de plus un port noble et l>'aprc» un ilcs>in Ju Icmps.

majestueux. H surpassa le grand Dupré lui-même. Son

infatu.uioii tt.m devenue proverbiale. 11 disait souvent : • Il n'y a que trois grands

hommes dans le siècle : moi, \'oltaire et le grand l-rédéric. » On connaît ."i son suiet les

vers de Berclioux :

Si.s yeux ne J.ii);iuici« voir de s<ni temps sur la terre Que trois gninds hommes : lui, l-rèdéric et Volt.iin.-, Q.u.ind il fallait entre eux déterminer son choix, Il se mettait toujours à la tOte des trois.

Li vanité du professeur Marcel, dont la vogue fut considérable sous Louis XV, était moins naïve. Ce fut un homme charmant et très original. C'est lui qui s'écria, dit-on, les yeux perdus au ciel en voyant danser une de ses élèves : « Qiie de choses dans un menuet! » Li démarche des gens lui révélait, à .son dire, leur caractère et leur humeur. On lui attribue quantité d'anecdotes. Un jour que quelqu'un lui était présenté comme Anglais : « Vous, Anglais, Monsieur! s'écrie-t-il : à ces jambes pliantes, à cette habitude de corps voûté, je ne reconnais pas l'habitant d'un pays libre! » Un danseur célèbre en Angleterre arrive à Paris et descend chez Marcel : • Je viens, lui dit-il, vous rendre un hommage que vous doivent tous les gens de notre art. Souffrez que je danse devant vous et que je profite de vos conseils. — \olontiers, • lui dit .Marcel. L'Anglais exécute des pas de grande difficulté et des entrechats variés. Marcel le quitta brusquement, disant : u Monsieur, on saute ;\ l'étranger, mais on ne danse qu'à Pans! »

i..\ h.wsr. SOLS i.oiis XV

Le professeur Marcel devait surtout la j;rande voi;ue Joiit il jouissait ;\ l'habileté avec laquelle il avait appris à se servir de ces longues robes de cour à queue traînante, dans lesquelles il était fort diflicile de ne pas s'embarrasser.

« Il préscr\ait, dit Baron, les dames d'une chute qui eût amusé l'impertinence des

L'aMOIR au THEATRE-FRANÇAIS Reproduction d'une gravure d'après Watleau. (DiHiolhùjuc nationile.)

marquis par un coup de talon ou par un écart de la jambe entière; mais la dillicuité consistait en ce que le buste ne se déplaçât pas, et que le corps restât tranquille et ne cédât point aux mouvements des pieds et de la jambe.

Marcel était un homme d'une belle lîgin'e, bien fait et qui ciiantait tort ai;réablemcnt. Sa réputation commença en 1 7 lo et alla toujours croissant; c'était une vraie fureur.

« Marcel, assis dans un fiiuteuil, au milieu d'un salon tout en glaces et magnifiquement éclairé, recevait tout ce qu'il y avait de plus grand dans les deux .sexes, ;\ la cour, à la ville et à l'étranger; les moindres révérences se payaient 6 francs, et quant à celles de présentation à la cour, quant aux Menuets dansés dans les grands bals parés, ils allaient jusqu'à 3oo francs. Mais une chose curieuse, c'était de voir ce même Marcel dis ans aprt-s. Ce papillon ne pouvait plus se remuer; rongé de goutte, portant une

/. I n.wsiî A Tii.wi:Rs LES Aaics.

I. ECOI.E DE DANSE U'aprcs une gravure du nviii* siccle.'IRiNi'i/Aryuc

pcrniquc à la Louis XIV, une canne à pomme d'or, et ayant deux laquais qui lui servaient de béquilles, il offrait un nouvel exemple des vicissitudes humaines. Il mourut en \~5<)- »

Trénis, dont la fatuité fut légendaire, lui,

Qui disait aux beautés sur ses traces pressées : « Mesdames, pour nie voir étiez-vous bien placcx-s? Avez-vous remarqué mon mollet sémillant.

Ma jambe libertine et mon pied agaçant? ■•

Trénis, devint fou. Et il est douloureux de songer à la triste fin de la plupart de CCS brillantes figures. Malgré les ridicules de ces personnages, c'est aux Marcel et aux Trénis que l'on doit la perfection à laquelle arriva plus tard la danse de société.

On peut même dire que ce souci de la perfection fut exagéré, car les danses de société perdant leur caractère de joie naïve et familière, devinrent un exercice fatigant qui demandait une trop sérieuse étude. Les bals champêtres eux-mêmes se ressentirent de ce perfectionnement et perdirent leur charme. Baron déclare avoir vu ."i Tivoli et à

/..I /» IV.VA' SOIS /.olis AI'.

SiTcaux des Comrfd.mscs qui, p.ir l.i complic.uiuii des notes, des pas et des li'jures, préseiuaiein à l'orchestre et aux danseurs presqu'autant de dillicultés cjue les danses tlié.'itrales. • Non, non, s'ccriait-il, ce n'est pas sous l'onibrafie des hêtres ou sous le donie des pavillons chinois, que je demande la pertection de la science; c'est siu' le théâtre, ou bien encore dans ces soirées où M. Coulon, l'iui des patriarciies de la choréi^raphie, par exemple, rassemblait tout ce que son école avait produit de plus partait »

Au temps des \'estris, les trois genres de danse, le sérieux, le demi-caractère et le comique, étaient scrupuleusement observés. Le plus célèbre de tous les danseurs comiques du temps fut Lany, qui entra à l'Opéra en 1750 et ne k quitta qu'en 1 ~(n). La bouft'onneric de son jeu ne descendit jamais à la trivialité. Il fut inimitable dans les rôles de p.itre.

Auguste \'estris, tils de Gaétan, débuta à l'Opéra le 25 août i~~2 dans le ballet de la Cimjiiaiilaiiu', où il obtint le plus vif succès. Il était né en mars 1700 et, par conséquent, n'avait encore que douze ans.

C'était un petit prodige. Sa mère, Mme .Mlard, qui était danseuse à l'Opéra, racontait que les premiers pas de son fils avaient été des pas de danse. Le père, avec sa fatuité vraiment unique, reconnaissait au petit une exécution supérieure; il le nommait le » dieu 'de la dan.se », mais se proclamait d'abord un génie créateur. En deux enjambées, le jeune Auguste descendait du fond de la scène à la rampe, et il bondissait si haut que le père lança un jour cette gasconnade si connue : « Si Auguste ne reste point en 1 air et consent à revenir toucher terre, c'est pour ne point humilier ses camarades! »

En somme, les trois grands noms qui dominent l'art chorégraphique de cette période sont ceux de Vestris, de Gardel et de Dauberval ; l'un était la noblesse et l'élégance même, l'autre avait surtout pour lui la vigueur; la danse de Dauberval était incomparable d'expression et de légèreté, et il semble que ce dernier ait dépassé

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Daprirs le tablciu iIl- Carint. irravé par Lcbas (ir45). ( IJil'li"lhc^iic n.ilioiijU: )

.... L.\ DAS.St: » y/MIAK.s /./-n .\of:s.

M.-* rivaux par le talent proprement dramatique qu'il déployait dans tous ses rôles :

1 j danse n'avait pas éti négligée h la cour.

La marquise de l'ompadour avait iniaginé de donner dans liiuèrieur du palais des reprC-scntations de comédie, d'opéra et de ballet dont les actrices et les acteurs devaient être choisis parmi les dames et les gentilshommes. Os divertissements s'appelèrent . siKCtacles des petits cabinets ou di-s petits appartements .. Ix cabinet des Médailles au palais de Versailles fut transformé en thé.Ure dans ce but. Li marquise en était la première actrice. Us courtisans recherchaient à Tenvi des rôles, et les plus jeunes dansaient dans Ic-s ballets. Ix duc de la Vallière était le directeur de la troupe; l'abbé de la Garde, secrétaire de Mme de Pomp.idour, faisait fonction de souffleur.

C'était, à coup sûr, l'époque la plus gracieuse et la plus aimable, et la danse s'identifiait ;\ cette société charmante qui allait vers l'abime < » '> «l^t de gala, au son des instruments joyeux.

DANSE CHAMPÊTRE I in;;iin:iil d'un UWc.iu Jc Watlcau. {Musce Je lUrtin.)

i.i; RKTOiK Di;s vi:ni)asges

Dapri-s le tableau Je Dclorl. (.\ivi.- jiilnris. .le Jciti /Jok.vx/J, Mjii:i, Jnyjnl et i.'ie, c.Ut.-pntp.)

CHAPÎTPJ^ VI

1,.\ CAVOTTK. — MADtLlilNi: GLIMARD. — HAUS 1;T BALI.KTS DU DIRKCTOIRi;, DE l' EMPIRE ET DE LA RESTAURATION. — MAK11-; TAGI.IOM.

VI US la lin du siècle dernier, une brillante danseuse apparut qui, durant vingt-six années, passiiinna la ciiiuet la ville. » C'est une ombre qui parcourt les bosquets de rillysce, disait un autetu" du temps, c'est une musc •gracieuse qui captive les mortels. » Elle ne se contenta pas d'enchanter les spectateurs par l'expression douce de sa danse, par la grâce voluptueuse de ses mouvements, la gracieuse cadence de ses pas. Elle éblouit ses contemporains par son faste, le luxe inouï de .ses fêtes, qui rivalisèrent souvent avec celles de la cour et surprit par ses prodigalités. Elle était née à Paris en i 7 j.v On raconte que, dès son enfance la )ilus tendre, elle fut merveilleusement douée. On

MADK.MdISKLI.E til LMAKI) K'apri-s une lilhn>,'raphic.

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