DANS LE RÔLE DE COLAS
Oaprcs une f,'raviirc du temps.
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plus.Lcs circonstances de ce petit événenieiit ne produisirent d'autre effet .'i Versailles que celui de taire rire le roi et de donner matière à quelques plaisanteries sur la nécessité d'aller en fiacre.
' M. de Mercy se trompe, ajoute Lenotre. Les nombreux ennemis qu'avait déjà l'infortunée reine ne laissèrent point passer une si belle occasion de calomnie.
« Les bals de l'Opéra, dit encore Lenôtrc, étaient alors fertiles en incidents de tous genres. Deux jours après l'aventure survenue .'i Marie-Antoinette, un autre fait s'y passa qui devint une affaire importante. La nuit du mardi ,i,'ras, le comte d'Artois tint sous le masque des propos assez lestes, paraît-il, pour offenser la duchesse de Bourbon, au point que, dans un mouvement de colère, elle releva d'un coup de son éventail la barbe de mousseline qui couvrait le visage du futur
Charles X. Le prince, piqué, la sépara avec vivacité du bras de son cavalier, .\I. de Toncherolles, et lui froissa son masque sur la figure.
« Le lendemain, M. de Bourbon provoquait en duel son cousin, auquel le roi fit faire défense de répondre. Le comte d'Artois ne voulait pas désobéir à son frère; mais la plupart des princes et des grands avaient arrêté entre eux et fait notifier au prince que, s'il ne consentait pas à donner satisfaction au duc de Bourbon, les ■ LES TROIS oRACEs . J^Huids du rovaume s'entendraient
l)arrcs„ne^^ravurc.-,ni:iaisedercpoquedcbUivoiution. pour lui refuser le service et les
IlOimturN, kliii' MJii n.};iimnt iiiçim.- ni.- ic ii«.iiii!i.i'.;i.iit yms oi^ii». ilc it vcilllliuililcr.
• Ixs Jeux princes M.' battinrnt donc. M. de Crussol, capitaine des gardes, au moment de croiser k-s ép&*s, pria les combattants de minager un sanp précieux pour une occasion utile Jk l'état. Le duel avait lieu au bois de lk)ulogne, et, |K-nd.int le combat, la reine et sa suite, asser. inquiètes et tristes, assistaient à la Gimédiel>ant,-aise à la premij^rc reprt!•^c•ntation ii'Jr^tir. Tout ù coup le parterre se lève et bat di-s mains. Le comte d'Artois, léj;èrement blessi- à la main, entre tenant par le bns le duc de lîourbtMï. I-a salle entière est debout et crie bravo, et la joie populaire ne
connut plus de bornc-s, lorsqu'on vit le frère du roi s'av.incer sur le bord de sa lo;je et saluer galamment, de sa main blessée, Mme la duchesse de Bourbon, dissimulée dans l'ombre d'une baifjnoire. »
Nous avons vu que Auguste Vestris, fib de Gaétan, celui «' qui ne restait point en l'air pour ne p.is humilier ses camarades », avait débuté h l'Opéra le 25 août 1772 dans le ballet de la Ciniiiiunuinu tm il avait obtenu le plus vif succès. Nous le retrouvons donc sous Louis XM et nous pourrons le suivre encore plus tard, car durant trente-six ans il est resté premier danseur de l'Opéra, retenant jusqu'à la fin les suffrages du public.
Et cette faveur il la retrouva encore à (>U ans, retraité et professeur au Conservatoire. C'était en 1H26 : l'Opéra donnait Paul et Virginie en représentation à bénéfice. Vestris tint le rôle du nègre Domingo et fut fort acclamé.
' 11 mourut en 1H42, ilgé par conséquent de M2 ans. Ces exemples de longévité sont fréquents parmi les danseurs, dit M. Bauer. Vestris I" avait atteint 70 ans, la Guimard ne devait mourir qu'.'i 7.^ ans et la Camargo à (h>. Daubenal, Despréaux et Noverre vécurent également très vieux. »
« \x: 1 1 juin 1 77H, raconte M. Pierre Veber, Mlle Guimard et Vestris le jeune dansaient, avec Dauber\al et Mlle .\gelin, un ballet nouveau : les Petits riens. Le succè-s
l.i; MINI ET U VlIRK IVapris une caricature J« Gillray.
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i.A VAi.si-; i;n 17»/)
i:\liailc Jiiii recueil ilc carii;aliirL'> intitule le lliiii gi:iirc.
lut considcniblc. Le seul auteur uoiniiic fut Novcrrc, le cclcbrc chorégraphe. Celui-ci avait trouvé dans sou iuiai^iiiatioii trois scènes, les trois fxiits riens qui, eu etFet, constituaient ^^
son ballet. La première scène représentait l'Amour pris au filet et mis en caj^e; la seconde, un jeu de colin-maillard. Dans la troisième, celle qui devait emporter le succès, on vovait l'Amour conduisant deux berlières devant une autre déi;uisée en beri;er, et celle-ci découvrait son sein pour désabuser les deu.x infortunées. Bisf cria-t-on dans la salle. Mlle Guimard, Vestris le jeune, N'overre furent applaudis. Mais il n'y eut pas un bravo pour le musicien, et ce musicien n'était autre que le di\in .Mozart.
« Mo/art vé<;était alors .1 Paris, dans l'obscurité et la détresse, lui qui, quinze ans auparavant, avait été accueilli dans cette même ville comme un enlant prodii^e doublé d'un merveilleux compositeur. Le succès de ces Pelils riens ne lut pas sans doute une iiieilleuie aub.iine, puisque, peu de jours après cette représentation, nous le voyons quitter Paris pour aller ciieicher ailleurs un emploi d'oii^aniste qui lui donn.'it le pain assuré! »
Au commencement du rèi^ne de Louis X\'I, Mme Alhud partageait encore les succès du yrand maître Dauberval, en dansant le pas de six avec lui.
iNLidemoiselle Allard fut aussi charmante que la
Camargo, mais elle ajouta .1 la gr.'ice de sa devancière
la vivacité et la fougue en même temps qu'une
souplesse e.xtrème. C'était tantôt, disait-on, Sylvia
timide et craintive, tantôt la terrible Médée; c'était ici
la gn'ice aérienne de la déesse des lleurs; l.'i, le charme
voluptueux d'une sult.ine.
Dorât, dans son poème sur la danse, s'é- \ criait :
Que ii'ai-je le génie et le pinceau d'Apclle ! Allard, à mes esprits ce tableau nie rappelle : Jamais nymphe des bois n'eut tant d'agilité ; Toujours l'essaim du ris voltige à tes côtés. Que tu mélanges bien, à belle enchanteresse, La force avec la grjce et l'aisance et l'adresse!
LA VALSE EN l~y() Caricature extraite du lion genre.
/..I />.IV.S7;-.| THAVKRS Ll
LA DANSe IMI-I'LAIKK l>'aprù» une caricature Je GUIray.
Au inuinclU où Daubcnal ucci-dait à Vcstris, le fanicux Dieu de la Danse, et dansait à Opcra avec Mme Allard le dicTtisM-Miu-nt de Sylvie, le théâtre de la l'orte-Saint-iMartin était déjà en concurrence avec l'Académie de danse. De grands ballets s'y étaient monté-s avec une mis», en scène luxueuse, on y applaudissait le Déserteur, la Fille mal gardée, les Jeux d'ÉgUe, Jeniiy et diverses compositions de DauberNal qui toutes obtenaient le plus éclatant succt-s.
\ ers ce même temps, les Irères Carde! composaient des chefe-d'ceuvre de danse théâtrale. Nous avons parlé de l'ainé, Maximilien, qui, né .\ Munich, mourut d'.iccident en l~i^~, après avoir été premier danseur et maître de ballet et s'être distingué comme violoniste, harpiste et violoncelliste. Son trère Pierre lui succéda dans ses fonctions et composa nombre de ballets qui ont tenu longtemps le répertoire : TéUmaque, Psycl)è, le Jugement de Paris, la Diutsomflme, Akxamire cl?e- Apelk, Paul et Virginie, l'Oracle, le Déserteur, le Qmj du village, le Retour de Zéphyre, Austerlit^, etc., etc.
Le ballet - pantomime en trois actes de Psyclx tut représenté pour la première fois le 14 décembre 1700 sous la Constituante au thé.itre des Arts et passa beaucoup plus tard sur la scène de l'Académie de danse.
Il eut «M- représentations!
La Dausowauie, célèbre foliepantomime, en deux actes, fut
LA VALSB Ae MOITIIOIR représentée le :o prairial an vm Daprcs. un* caricature de GUlray.
Lies DEIU'TS DE LA D.WS/: MOl)En\E. 177
de 1.1 Republique. Ce ne fut p.is, dit-on, l.i meilleure œuvre du répertoire de Dauberval, et il est possible que les troubles de l'époque qu'on venait de traverser aient portéquelque atteinte ù ses brillantes qualités. Au.ssi l'auteur, dans une sorte d'exposé au public, écrivait-il :
« Depuis le .^ mars \~i)^, je suis resté dans une apparente oisiveté; je m'en suis mille fois désespéré, mes amis s'en sont plaints, d'autres m'ont dénoncé comme coupable Je stérilité; j'ai opposé .\ mon désespoir ma raison ; aux plaintes de mes amis, les
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IN PAS DE BALI-ET D'aprcs une ciritalurc de Gillray.
motifs de cette oisiveté, et j'ai laissé parler et écrire les autres. Mais enfin, arrivé au moment de soumettre une de mes nouvelles productions aux lumières du public, je lui dois toute la vérité. Je profite donc de cette circonstance que me voilà affiché pour dire : Est-ce un ballet que je vais faire? je réponds : non, c'est une plaisanterie, une véritable bleuette, un rien, sans autre prétention que celle d'offrir, sous le masque de la gaieté, les ;4r.ices et les divins talents que le public chérit à tant de titres; etc. »
« Pour tous ceux qui connaissent la Révolution, dit M. Desrat, il est facile de lire .\ mots couverts entre les lignes et de voir que Gardel a écrit son ballet de la Dansoman'u sous l'empire de la tristesse et avec la préoccupation constante de ne point rappeler ses premiers ballets. »
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Al DAXSE A TRAVERS LES An ES
Et le menu- écrivain ajoute : « La Dansomanit n'en eut pas moins un (>rand succc-s dts sa première représentation ; ce succès ne se démentit point par la suite, cette pièce fut même représentée longtemps après.
• Le sujet en était foUire et destiné ik plaire aux goûts plus difficiles de l'cpcxjuc. Dans le divertissement du premier acte, des gros paysans, des villageois et des fermiers savoyards occupaient la scène; des paysans costumés en Turcs étaient les héros du
INE RONDE DANS LE JARDIN DES TUILERIES (1808) D'apris le detsin de Norblin. (Musée Carnjvjlel.)
second acte; puis entraient des Basques et des Chinois. Les premiers danseurs, Milon, Beaupré, Vestris et Mme Gardel, y dansèrent, ainsi que Mlle Chameron dans les seconds emplois.
« Dans ce ballet, la valse fut dansée à l'Opéra pour la première fois. » Le ballet théâtral avait perdu sous la Révolution sa vieille splendeur; il ne s'associa aux fêtes de la République que sous la forme du ballet ambulatoire, depuis des siècles oublié, et nous devons reconnaître que ces ballets reprirent une certaine solennité.
L/i.S DEIiLTS DE LA D.W.SE MODEliS E.
Comme on lo sait, on s'est inspiré beaucoup à cette époque des souvenirs de l'antiquité. Aussi ne doit-on pas être surpris de voir les librettistes et les chorégraphes en traduire dans leurs ballets les costumes grecs et romains et faire évoluer danseurs et danseuses au milieu de paysages antiques.
Les acteurs de l'Opéra figurèrent au premier rang dans ces ballets ambulatoires, en costume antique, accompa gnés des choeurs du Conservatoire qu'on désignait sous le nom d' a Institut de musique ». Ils chantaient de»; hymnes patriotiques et des cantates.
Gardel avait composé le ballet de Guillaume Tfll. que le Comité de salut public avait accueilli iwxc enthousiasme.
Les cinquante mille francs nécessaires à sa mise en scène furent votés par acclamation, mais par deux fois ils disparurent de la caisse .sans que personne osât en chercher la cause. Un silence prudent se fit sur cette affaire, et on no parut même pas s'occuper de rechercher '- I l'auteur de ces détournements; l'auteur lui-même s'empressa de
reprendre son ballet sans protester.
Gardel eut l'idée de faire de la Marseillaise une sorte de représentation spéciale à l'Opéra. Les trompettes préludaient; .'i leur appel, une foule composée de guerriers, de femmes et d'enfonts accouraient. On se préparait au combat par des danses, et des sortes de tableaux vivr.r.ts se lormaient après chaque couplet.
La dernière strophe était chantée comme une prière, ;\ demi-voix. Acteurs et spectateurs étaient à genoux devant la Liberté que représentait Mlle Maillard. Après un religieux silence, les trompettes tout à coup appelaient les vaillants défenseurs, on entendait le tocsin, des tambours battaient la géné- -- raie, le canon tonnait, les acteurs se levaient, brandissaient
des armes et la foule envahissait la scène, armée de haches