‹ La danseChapitre 4 sur 78 · LA DAS'SR A TRAVERS LES AGES · texte numérisé non relu

LA DAS'SR A TRAVERS LES AGES

DANSE ASTIQUE O'apri» une irravurc nnirUilM du cummcnccnicnt du tit<lc.

phétciscs, y dicta les lois choré)'raphiqucs, comme il TÙvili celles de la musique et de la poésie. Priape, lils de Bacchus. éleva le dieu de la jjuerre et, avant de lui apprendre à manier l'éptr, il en fit un danseur.

Vulcain, le divin buittiix, dit Homère dans VIliade, ciseb sur le bouclier d'Achille une danse .semblable à celle que Dédale avait révélée jadis dans Cnossus, et qu'il avait composée pour Ariane à la belle chevelure. On y remarquait des jeunes hommes et des jeunes vierges, se tenant par la main et formant avec art des pas cadencés. Ces jeunes filles n'avaient pour tout vêtement qu'un tissu léger; les jeunes hommes, brillants de l'huile dont ils s'étaient frottés au gymnase, portaient des tuniques d'une trame plus forte. A leurs baudriers d'argent, des épées enrichies d'or étaient suspendues, et leurs compagnes avaient ceint leurs fronts de couronnes de fleurs. Ils dansaient une ronde imitant le mouvement circulaire de la roue du potier, lorsque, assis sur un escabeau, il l'essaye avant de la faire tourner avec rapidité. Puis, quittant cette ronde, ils composaient diverses figures. Ils étaient entourés d'un concours de peuple, et, au centre, deux saltateurs, avec des gestes savants, exécutaient une danse particulière qu'ils entremêlaient de chants. »

I^s héros suivirent l'exemple des dieux. Thésée célébrait par des danses sa victoire sur le Minotaure. Cistor et Pollux créèrent la danse caryalique que les Spartiates et les vierges de Liconie, sans voiles, dansaient aux bords de l'Eurotas. Le peuple éleva une statue à tiation parce qu'il avait bien dmtsc le combat. Sophocle, apri-s la bataille de Salamine, dansa autour des trophées du vainqueur en s'accompagnant de la lyre.

Ln danse charmait les festins dans la Grèce antique, comme nous le voyons dans le huitième livre de ÏOdyssée et dans d'autres auteurs dont les assertions corroborent les récits d'Homère. Socrale et Platon en ont fait les plus grands éloges. Athénée nous dit qu'Antiochus et Ptolémée s'y exercèrent avec ardeur, parfois en public. Eschyle et Aristophane se montrèrent dansant au théâtre dans leurs propres pièces. Épaminondas fut un danseur émérite, au dire de GîrneliusN'cpos. Philippe, roi de Macédoine, épousa

LES D,\ssi:s .[\Tioii:s.

une danseuse et en eut un tils qui succéda à Alexandre. Niconiéde, ri)i de Hitlnnie, ct.iit le tils d'une danseuse, et Aristodènie, célèbre danseur, fut envoyé connue ambassadeur auprès de Philippe, roi de Macédoine.

Cet art était en tel honneur chez les Hellènes, que les chorèj;es se recrutaient parmi les plus notables citoyens de la république; les chœurs présidaient toujours aux fêtes célébrées en l'honneur des dieux et des héros; à Athènes, il se livrait entre eux des luttes fréquentes où l'on couronnait le vainqueur A\i:c toute la pompe imaginable.

Les Grecs disaient des danseurs habiles qu'ils étaient saf^es des pieds et de la main, parce que leurs gestes exprimaient les mystères Je la nature. .Athénée prétend que les Arcadiens furent toujours un peuple sage, parce que, disait-il, on s*exer»;ait chez eux à la danse jusqu'à l'âge de trente ans. C'était chez eux, d'ailleurs, que se recrutaient les meilleurs danseurs de toute la Grèce. Chez les Grecs, le corps et les mains parlaintl. « La stratégie sortit des Pyrrhiques et autres danses guerrières, » dit Hlie ileclus.

Les peintures des vases, les basreliefs de marbre, de pierre ou d'airain, les statuettes de Tanagra, si gracieuses et si pures de forme, nous ont transmis les mouvements et les gestes, de même que des poètes et divers auteurs anciens nous donnent les noms et les tormules de la danse des Grecs.

Leurs danses, très nombreuses, dérivaient de trois formes de danses fondamentales : les danses sacrées, les danses militaires, les danses protanes.

Les danses sacrées auraient été inspirées par Orphée à son retour d'Egypte; longtemps leur style mystérieux et grave conserva l'empreinti.

originelle.

D'après AL Desrat, le professeur de danse si compétent en la matière, elles présentent une grande analogie

DANSE GUERRIÈRE. — INE l'VRRIllVl E

avec les Rondes et les Branles du moyen u apros une (.'ravurc du xvm- sicdc. (mtiMhcquc luiwiuU:)

lo LA h.WSK A THAVEh i:s.

âpe. Ijcur noincncbturc est longue, les principales sont sunout : Les Hwm/lifs, les H\f\>rJ>/iiuJ, les Gymnopidies , li-s Endyiiui:.

Vlimmélie itait essentiellement saci danses, dit M. de Laulnaye, dans son

ouvrage sur la Saltation ihèdlralt, remontaient à la plus haute antiquité-. L'opinion commune en attribue l'invention aux Satyres, ministres de iiacclius. Il parait cenain que ce fut Eschyle qui, le premier, environ cinq siècles avant notre ère, introduisit la saltation dans les chœurs tragiques, et sut les mettre en action. Cette saltation était appelée ï/T.jjiaT'.Tjio;, de -//.«a», • contenance », parce qu'elle peignait les attitudes, le caractère, les atfections des personnages des chœurs. Le sommeil, la lassitude, le repos, le penser, l'admiration, la crainte, toutes les pauses ou suspensions étaient aussi de son ressort, a

Au dire de Platon, elles étaient empreintes de la douceur, de la gravité et de la noblesse qui convenaient pour exprimer les sentiments dont un mortel est pénétré lorsqu'il invoque les dieux. Cette danse, dont les mouvements étaient d'une rare souplesse, se prétait é-galement au caractère héroïque. Elle pouvait rcpré-scnter la grâce, la majesté et la lorce, et produisait, en ses divers modes, de grands effets sur les spectateurs.

Suivant une légende chère aux anciens Hellènes, Orphée, se souvenant des cérémonies religieu.ses que dirigeaient les prêtres de Sais et de Colchide, en avait transmis les lois choré-graphiques à la Grèce. Mais, aux accords de sa lyre enchanté-e, il aurait modifié les cadences primitives, créé des rythmes nouveaux et des mouvements plus en rapport avec le génie de la race à laquelle il les révélait. D'ailleurs les Grecs ne tardèrent pas à dépasser leurs maîtres. Plusieurs auteurs nous apprennent que l'Emmélie embrassait aussi certaines danses tragiques et qu'elle n'était point appuyée, comme d'autres, par la voix et les mouvements des chœurs.

Les HyporMines , au contraire, étaient spécialement une danse mimique et lyrique, exécutée par un chœur de chanteurs, que le peuple accompagnait de gestes approprit-s. Les poèmes que l'on y chantait portaient le nom d'Hyporclxwales. C'étaient des danses .spéciales aux Doriens; elles accompagnaient les fêtes d'Apollon.

« On les regarde, dit .\1. de Liulnaye, comme les premiers essais de la saltation grecque; elles dataient des temps les plus recult-s. C'étaient, ainsi que leur nom l'indique, des chants entremêlés de danses, ou plutôt dont on expliquait le sujet par des gestes mesurés. Car, on doit l'observer ici, le premier emploi de la saltation fut d'être unie à la poésie. Toutes deux, développées par cette union, se prêtaient un secours mutuel. .Xthénée dit expressément que, dans l'origine, les poètes faisaient usage des figures de la saltation, mais qu'ils ne les employaient que comme signes représentatifs des im.iges qu'ils peignaient dans leurs vers. Les Hyporchèmes, qui toutes avaient un

LES / » . I .V s /: V I \- r / Q i ■ !■: s.

caractère nulilc o: i^raïui, ctaiciu comiiumcs aux hommes et aii\ knimes. Leur (irit;iiK' est incertaine. Les uns veulent qu'elles aient pris naissance chez les Déliens, qui les chantaient autour des autels d'Apollon. D'autres en font hoimeur .uix Cretois, à qui, disent-ils, Thaïes les enseiijna. Findare, qui nous parle de celles des Lacédémoniens, a composé plusieurs Ilyporchémates. »

Les Gy>iino[\-Jics, chères ."i Licédémone, usitées surtout dans les l'êtes célèhrées en

l'.VSTOK.M.E. — I.A l'KKMllCUi; LliÇON l)i; DANSK Daprcs le tableau de liou^'uercau. (.Ira- .iiilcn.i.Ui'Vi Je J. Ilfiisxi.i, MjiKi cl Jnyjtil, .•./;/. •/•n'/r.j

l'honneur d'.\pollon, servaient souvent d'introduction à la Pyrrhique. Des danseurs nus, le Iront ceint de couronnes de palmes, les exécutaient en chantant des poésies.

■ Les autres danses avaient toutes des rapports plus ou moins étroits avec les danses fondamentales précédentes, et se rattachaient comme elles aux rites sacrés, hlles étaient parfois .spéciales à une province, à une cité, et célébraient un dieu, une victoire, un fiit mémorable. La Dioiiysiaijiie itïn vouée à Baccluis; d'après Athénée, X Iitiiihiquc était, chez les Syracusains, consacrée à .Mars. l'Hormos, qu'on dansait en l'honneur de Diane, réunissait toute la jeunesse de Sparte. Comme dans les Gymnopédies, danseurs et danseuses, bien que .sans vêtements, n'ofiensaient jamais la pudeur, tant leurs attitudes en étaient ch.istement belles. Cette danse nationale, qui aurait quelques

/..1 nwsE À r/î.i i"/?/î-f L^f An ES.

JKLNES FILLES GREtQlES UAXSANT D'apré» un fravmcnl Je ba>.-rclic( découvert A Alhine».

-.ippons avec nos Branles du xvi* siècle, serpentait vive et licre dans les rues, aux iours de fête, conduite par un jeune couple; les gestes et la voix en animaient les mouvements. A un moment donné, tout le monde se réunissait, et jeunes gens et jeunes filles, se tenant par la main en formant une chaîne, exécutaient des pas d'avant et d'arrière, aux sons cadencés de b musique. En ses mouvements rythmiques, l'Hormos pouvait se diriger tantôt vers l'Orient, tantôt vers l'Occident; mais il taut se garder de lui donner avec Buteux un caractère astronomique, aussi bien que de voir dans la strophe et l'antistrophe des ch(viirs de tngédie l'expression du mouvement du soleil et des astres.

C'est Lycurgue qui, d'après la tradition, a institué l'Hormos. Comme des citoyens reprochaient au législateur de laisser ainsi les danseuses nues, il répondit, suivant Plutarque : « Mon but est qu'en faisant les mêmes exercices que les citoyens, les femmes égalent les hommes par la force, la santé, la vertu, la générosité de l'âme et qu'elles s'habituent à mépriser l'opinion du vulgaire. »

Enfin les danses Orphiques célébraient le courage de Castor et Pollux et leurs expéditions lointaines.

A ces danses sacrées il conviendrait d'ajouter celles qui, variées à l'infini, suivaient les processions et les funérailles. Dans les premières, le peuple entier conduisait les victimes à l'autel, à pas cadencés et en chantant des hymnes.

Aux danses des funérailles, les membres du cortège se montraient parfois vêtus de blanc. En tète étaient des groupes qui dansaient au son d'instruments réser%és à ces solennités, et, de temps à autre, interrompant leur chorégraphie, ils chanuient des hymnes en l'honneur du défunt. Venaient ensuite les prêtres et des pleureurs ou pleureuses à gages, qui accompagnaient de leurs gestes rjthmés les lamentations funèbres.

D'après Platon, les parents et les amis du défunt pouvaient prendre part à la danse ou plutôt, suivant l'expression de M. Emmanuel, à la mimique funèhrc. Durant un certain temps, l'usage voulait qu'un individu, précédant le convoi, fut vêtu des habits du défunt, pour mieux imiter son allure; il s'occupait de faire tantôt l'éloge et tantôt la satire du mort.

flii.)l,i\'i- ■ (orciiii ( ''ii/t>nif

LES n.WSES AXTinrES

La danse des funtVailles revêtait son caractère le plus brillant lorsqu'il s'agissait d'un homme flinieux par sa naissance, ses dijjnités ou sa tortune. Tous ceux qui faisaient partie du convoi étaient vêtus de blanc et couronnés de cyprès; quinze jeunes filles précédaient en dansant le char funèbre; une troupe de jeunes garçons l'entourait; le chant des prêtres accompagnait les danses; enfui le convoi était lernié par des pleureuses couvertes de longs manteaux noirs.

Les danses militaires, moins nombreuses que les danses sacrées, mais ordonnées par les lois, tenaient une grande place dans l'éducation de la jeunesse.

« Pour ceux, dit M. Dcsrat, qui connaissent l'importance de l'éducation physique chez les Grecs, les danses militaires s'expliquent facilement. Acquérir et conserver le plus longtemps possible l'agilité, la souplesse, la vigueur, résument en peu de mots tout ce que les Grecs recherciiaient dans la pratique des exercices du corps.

« C'était en dansant les armes à la main, continue-t-il, que les Grecs, peuple de héros, se formaient .i l'art de la guerre corps .1 corps. Pourquoi ne verrait-on pas une affinité dans leur façon d'aller à la guerre (en dansant) avec notre pas gymnastique? Il est permis de présumer que le pas n'est peut-être qu'un mouvement de danse? On pourrait encore dire que dans l'escrime à la baïonnette on retrouve maints et mamts gestes des danses militaires grecques. »

Plutarque a écrit : « Les danses militaires avaient je ne sais quel aiguillon qui enflammait le courage et donnait la force de rester dans le sentier de l'honnem' et de la vertu. <>

Ces danses guerrières viennent se grouper autour des deux principales : la Pyrrhiqiie et la Mdiiphiliijiii'.

D'après certains auteurs, la Pyrrhique, sorte de pantomime militaire, aurait été créée par Pyrrhus, fils d'Achille, aux funérailles de son père. D'autres en attribuent l'honneur à un certain Pyrrhichus, Cretois ou Lacédémonien; les derniers, enfin, lont dériver son étymologie du mot grec -j:, « feu », en raison

RONDE DE NYMPHES ET DE SAIYKES du teu de l'action, de l'énergie Daprcs unt gravure du wnr iUclc {lUNiothàgue lulionalc)

LA n.WSf-: A TU A \- ERS LES Ames

ilcvonintc déploya par les danMrun. Pind.irc tire l'c-tymulugic du mot Pyrrhique de wifi • bùclu-r », et avsure qu'Achille se livra le premier à cette danse devant le bûcher de P4tri»cle. D'apri-s une antique tradition, Miner\e l'aurait dansée la première en mémuiic de la défaite des Titans, et l'aurait ensuite enseignée aux Tyndarites. Il est certain que cette danse était surtout en asage dans les Panathénées, fêtes en l'honneur de Minerve où elle était exécutée par les jeunes hommes et les jeunes filles. Xénophon, qui l'a décrite, parle même d'une lemine dans;int seule la Pyrrhique.

I-'étymologie, on le voit, n'est |>oint certaine, ce qui tendrait à prouver qu'elle

remonte à des temps fort reculé-s, et cette danse, en si grande faveur chez les anciens, s'est perpétuée jusqu'à nos jours en Grèce. Elle n'était point d'ailleurs uniquement rt-ser\ée aux hommes, les amazones y excellaient :

les Argiennes, les Spartiates et les Arcadienncs s'y livraient avec ardeur.

Lt Pyrrhique était la principale des « danses en amies ». Et celles-ci, liit M. Emmanuel, « n'étaient point pratiquées seulement dans les fêtes solennelles, par des ensembles nombreux, en présence du peuple; les particuliers se plaisaient à introduire chez eux, à la tin du repas, des danseurs, hommes ou femmes, qui exécutaient devant les convives les mouvements vifs et variés de la Pyrrhique traditionnelle. » D'après Platon, elle consistait dans la représentation des mouvements du corps lorsqu'on évite les coups portés de près ou de loin, soit en se jetant sur le côté, soit en reculant, soit en se baissant. Elle simulait aussi les mouvements de l'offensive, la posture d'un guerrier décochant une flèche, lans'ant un javelot, maniant enfin une arme quelconque. Les Grecs avaient plusieurs sortes de Pyrrhiques, dont les noms différaient suivant leur caractère : ainsi Y Hophtiiachie imitait le combat avec le bouclier et nécessitait au moins deux personnages. La Mouomachie, à laquelle on se livrait isolément, était, suivant Athénée, en usage dans les tcstins. Mais il ne faut pas ciiercher là des noms génériques, comme nous le montre M. Emmanuel.

IiAVID DANSANT DE\ANT L ARCHE l) apris le Dominiquin.

Li:s i>.\\.sj:s .1 \ 77or/;.v.

LA 1 ANSl; nus IILIIHLLX ItLVAM LU VLAl b Ult U'aprcs uiK' (.'ravurc ^c S;!n;iilclcin.

Il Les .lutLurs, ilit-il, Ile liis-

tini;uciu pas explicitement deux

espèces de Fvrrhiques, mais leurs

descriptions laissent entendre que

tantôt cette danse s'exécutait en

masse, et tantôt était « représentée » par un seul danseur. Il t.iiit

se fii^urer la P\rrhiqiie en masse

comme un ensemble d'évolutions

rythmées, savantes, complexes,

qui excluaient les mouvements

individuels trop violents ou trop

étendus; — et la Pynhiqite à un,

comme un exercice mimétique

très actif, fait de pas courus, de

pas s;mtés, de pas rétroi;rades, de

pas tourbillonnants, d'agenouillements, de mouvements de br.is inlininient variés, en un mot de tous les artilices de la lutte et de la danse. »

Naturellement existait aussi la Pyribique à deux. Xénoplion décrit une danse i^uerrière dont furent témoins les députés des Paplilagoniens. Deux Tlir.ices, dn-il, exécutèrent une danse qui représentait un combat singulier. Leurs attitudes étaient cadencées et les coups qu'ils se portaient étaient mesurés sur le rythme des tU'ites qui les accompagnaient. Après une lutte acharnée de part et d'autre, l'un des combattants tombe, et son corps est emporté par les siens. Le vainqueur chante son triompiie et s'empare des armes du vaincu. Les spectateurs poussaient des cris, croyant véritablement à la mort du Thrace; mais ce n'était qu'un jeu. Beaucoup plus tard, Apulée nous a lait aussi connaître les divers mouvements de cette danse.

Longtemps la Pyrrhique demeura guerrière, mais elle s'égara ensuite, dit Athénée, dans le culte de Hacchus, et les tiivrses et les roseaux remplacèrent les javelots et les boucliers.

Li Mempbitique ortrait de grands rapports avec la Pyrrhique. Minerve l'aurait, prétendait-on, également instituée pour rappeler la défaite des Titans. Son origine était donc éminemment sacrée. Les danseurs, comme dans la Pyrrhique, étaient armés de boucliers, d'épées et de javelots; mais, moins belliqueux, ils s'agitaient aux sons de la flûte. Lucrèce attribue la création de la Memphitique aux Curetés et aux Corybantes.

tft / I it.w.sr: \ rnwrns r.rs \r,n.'^

t IIO:rK DE BArCIIANTES

iliitllolke^ue HMnmlt, collet Unn ArmjnJ.)

Diverses Jnnscs ctaiciu dcrivcts Je la Pyrrliique et Je la Mempliitique : parmi elles, nous citerons la fougueuse TèU'sias qui fut peu pratiquée en dehors de la .\bcé- Joine, la Berekynliakc et Vlipieredias, en honneur chez les Cretois.

De toute ancienneté, la pantomime existait en Jes danses qui cherchaient à traduire des scènes de la vie'.

« Nos danses, dit M. Emmanuel, étant gymnastiques bien plus qu'imitatives, le port des bras y est pour ainsi dire systématisé. Les danses grecques, au contraire, sont avant tout plastiques et mimétiques, et la tenue des bras y comporte toutes les nuances Ju geste décoratif et expressif. Cette orchestique, au rebours de la nôtre, est presque toujours un langage. ».

\'oici quelques exemples de cette Miiiu'lii/iu-.

Dans la Karpaîa, le Janseur imitait le laboureur ensemençant un champ et attaqué par l'ennemi, et qui, malgré sa défense courageuse, est fait prisonnier et emmené avec sa charrue. Cette danse, moitié rustique, moitié guerrière, était propre aux M.ignésiens et tirait son nom du mot grec }\%ztÀ;, qui signifiait « semence ».

I. <' C-i&sicxlorc, nous dit de Ljuinayc dans son traite /> la sallatioit llxàtrah, attribue l'institution des acteurs mimes à Philistion; Athêncc, à Rliadaniantc ou à Palamède. On en distinguait de plusieurs espèces, qui portaient des noms divers chez les différents peuples de la Grèce. Les plus honnêtes étaient nommés lilMc/^ufs (ce mot, dérivé de 'HOo; et de .Vifo;, signifie Peinirts de nnrurs). L'n des plus célèbres éthologucs fut Sophron, tutif de Syracuse. La morale de ses mimes était si pure, que Platon, à son lit de mort, avait sous son chevet les œuvres de ce poète.

n Les mimes grecs imitaient avec tant de vérité les p.issions et les actions des hommes, que leur jeu était une censure rigide qui donnait d'utiles leçons. Les pièces qu'ils représentaient éuient appelées TziSioi; ou MoraliU's, et opposées de caractère aux liai»»!!:, farces qui n'avaient d'autre objet que de faire rire. Les Grecs donnaient en général le nom de ©•jihaixoi à ceux des mimes qui jouaient sur les théitres. Les Athéniens surtout se distinguèrent par leurs jeux scéniques. t

lj:s i)A\s/:.s wriorics. ,7

D.inih Koniasiikt-, di:u\ lignes de guerriers comKitt.iient, se t'.iis.int vis-à-vis. l..i Poiph\gina, e'n ses attitudes, inspirait la terreur. La Liouiic donnait l'idée de la noblesse et de la force du lion ; la Poilismos figurait la retraite et la poursuite des vaincus après l.i bataille; la Polemike retentissait du bruit des javelots et des boucliers auquel succédaient les .sons très doux des flûtes.

Dans la Chdnmoinie, mie des danses grecques les plus antiques, le d.niseur, selon Pollux, gesticulait en mesure avec ses mains. D'après Ilippocrate, cette danse comptait parmi les exercices physiques les plus estimés des disciples de Fytliagore.

Les danseurs de ['Of\>pltY, aux sons d'une musique guerrière, célébraient la victoire, s'agitant et tordant leur corps comme des soldats ivres de gloire et de \in.

La Thcnunyslris était une danse d'un genre furieux et p.ufois tragique. Des hommes aux bras nus, aux cheveux en désordre, sautaient en brandi.ssant des haches et des glaives et en agitant les pieds qu'ils devaient rapprocher en retombant ù terre. Ces danseurs arrivaient à un tel état de fureur, qu'on les voyait se mordre les mains et se taillader la chair.

Nous arrivons à la danse tragique. Au théâtre grec, le chœur dansa dès l'origine. Longtemps les acteurs, couverts de leurs masques, accompagnèrent leurs Oames de chants; plus tard, la saltation théâtrale grecque ne développa sa beauté qu'après l'exclusion des bouffons qui parodiaient les vers d'Homère, d'Hésiode et des autres poètes. Les auteurs eux-mêmes parurent alors sur la scène, déclamant leurs œuvres dont les danseurs mimaient en même temps

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