‹ La danseChapitre 44 sur 78 · I..\ /M.^^/- .1 //ill/./(> 7-/, > .l'i · texte numérisé non relu

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provoqua h retraite gcnî-ralc. Ix mérite des danseurs dans le Roido est de ne jamais se liklicr lo mains et de suivre aveuglément leur chef de lile.

M. Georgi-s Perrot, dans son intén-s&ant voyage chez les Slaves du Sud, nous parle d'une Janu ronuitt/iif qui ne serait, d'après lui, qu'une variété de la Ronde.

• V.n Orient, dit-il, il y a trC-s |H'U de danses où se mêlent les deux sexes, et encore quand cela arrive, conmie dans diirérentes variétés de la Roiiiaiqiit, n'est-ce que dans une

•onc de ronde ou figurent d'a- Ixird, se tenant par la main, tous ks hommes, puis ù la suite toutes les femmes; on ne danse jamais par couples. Dans la Komaïque :nème, celui-là seul danse qui conduit la ronde ; les autres font nomhre et marchent pendant que le chorège saute et bondit. Kn dehors de cet exercice, qui rappelle le chœur homérique, et auquel prend part tout un vilhige, la d.uise n'est guère qu'un spectacle comme celui de nos ballets. »

M. Charles Yriarte nous parle longuement de la danse nationale dalmate appelée le Kollo.

• Le mot fo//i> signifie cercle; on danse en rond, alterné par couples des deux sexes, avec celte particularité que l'homme ne donne p.is la main à sa nuishk, m.iis, passant son bras ."-ous celui de la danseuse .i côté de laquelle le son l'a placé, va chercher la main de celle qui la suit. Toute la chaîne s'entremêle ainsi et frappe le sol en chantant un air monotone, un peu triste, mais qui n'est pas sans charme. A Gradisca, un dimanche, sur une lieue de longueur, toute la rive de la Save était semée de groupes de fenmies étrangement parées de verroteries, de grosses couronnes, de fleurs artificielles, de perles faus.ses énormes, de bijoux d'une forme rare et curieuse, de couleurs vives tranchant sur des corsages blancs richement ouvragés : c'était le jour de je ne sais quelle fête locale; les femmes seules dansaient par groupes,

l.A I UL.VII.lil. 1.1H,(>N 1)1. li.VN.-l. Darn--- une liihciirr.Tphic ilc Grenier.

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lentement, sans avr.ncer et sur place, imprimant à tout le corps une sorte île niciuv provoquant. »

D'.iprcs M. Dora d'Istria, cette ronile change de pliysionomie suivant l'àjje et le caractère des femmes qui y prennent part. " Tantôt une jeune vierge, dit-il, n'y jiarait que pour faire admirer sa grâce et sa modestie, tantôt

IloLKUia; U Al VKKdNi:

D'apriis une lilliiif,'raphic- aiuinymc.

épouse étrangcniciit belle d'un Rosniaque y trouble les ciX'urs par l'expression captivante qu'elle donne à tous ses niouxcnieiits. »

\'oici un exemple que dmuK- M. Doni d'istria pour f.iire cimiprendre le cJiarnie intense qui peut se dégager de la danse du Kollo :

Le haidoiik Radoïtza, plongé dans un cachot de Lara, faisait si bien le mort, que Békis ordonne de l'enterrer. La femme de \'aga, peu convaincue de la réalité d'un trépas si soudain, conseille d'allumer du feu sur la poitrine du liaidouk, pour voir si « le brigand » ne bougera pas. Kadoïtza, doué d'un cœur héroïque, ne lait pas un seul mouvement. La Turque exige qu'on poursuive l'épreuve; on met dans le sein de Kadoïtza un serpent chautTé par le .soleil; le haidouk reste immobile et n'a pas peur. La leinnie de l'aga conseille alors de lui enfoncer vingt clous sous les ongles; il contiinie de montrer un cœur ferme, et ne laisse pas échapper un .soupir. La méchante ordomie enliii qu'on torme un Kollo autour du prisonnier, dans l'espoir que Haïkouna arrachera un sourire au haidouk. Haïkouna, la plus belle et la plus grande des lilles de Lara, conduit la ronde : le collier suspendu à son cou résonne à chaque pas, on entend frémir son pantalon de soie; Radoïtza, inébranlable devant les tortures, ne peut résister à tant de charmes, et la regarde et .sourit; mais la jeune Serbe, à la fois hère et attendrie de son triomphe, laisse tomber sur le visage de Radoïtza son mouchoir de soie, atin que les autres filles ne voient pas le .sourire du haidouk. L'épreuve terminée, on jette Radoïtza dans la mer profonde; mais, merveilleux nageur, il revient la nuit dans la maison de Bekis-aga, lui abat la tète, tue « la chienne de Turque » en lui enfonçant sous les ongles les clous qu'il a retirés

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^ous traînants d'une cornemuse, une antique ronde ap|x-lt'e la Hoia balance en Roumanie v» cadence lan^^iisunte. Ia-s gartjons qui la dansent, se tenant par la main, avancent vers la gauche de quatre h cinq pas, h la suite desquels ils piétinent sur place. Puis ils s'arrêtent pour recommencer.

• Peu ik peu, dit M. Lincelot, la mandoline tgaye la lente mesure et semble, en jetant quelqui-s notes st)nores, presser la marche; mais rien n'i-meut la cornemuse : elle s'obstine dans son rythme indolent. Hnlin arrive une phrxsc d'appel trois fois répétée, que les danseurs accompagnent chaque fois de trois frappements de pied sur le sol en regardant les filles groupées derrière eux. Rlles hésitent : on dirait qu'elles se consultent du regard; puis elles .se prennent aussi par la main et forment un cercle autour du premier. A un autre appel plus impérieux, elles le rompent et se mêlent à la ronde des gartjons.

• .\ ce moment, le vieux t/.igane ouvre ses petits yeux vife en même temps qu'il montre dans un sourire de macaque ses dents blanches et aiguës, et, secouant avec enthousiasme au-dessus de la gracieuse théorie une pluie de cadences joyeuses et pressées, il exprime très bien par son harmonie tourmentée, le doux frémissement qui doit courir dans toutes ces mains unies.

« Dè-s lors, la Hora est formée; elle dure longtemps, mais sans jamais s'écarter très sensiblement de son caractère d'indolence marqué dès le début. Il s'y rencontre toutefois une .scène de pantomime charmante. Après avoir marché en tournant et en se tenant les bras allongés, danseurs et danseuses font face au centre du cercle qu'ils décrivent, rétrécissent ce cercle en marchant droit devant eux et, près de se loucher les épaules, inclinent la tète sous leurs bras levés et se regardent dans les yeux. .Seulement cette ligure perd de son effet pour être trop souvent répétée; ce qui lui nuit surtout, ce qui lui ôte tout parfum d'antiquité, c'est la placidité froide avec laquelle les danseurs regardent alternativement leur compagne de gauche et leur compagne de droite.

« On a voulu voir dans la Hora la danse romaine fréquemment figurée sur les anciens ba.s-reliefs : la chose est possible; mais qu'il y a loin de cette marche traînante des Roumaines, sans tressaillements et sans rires, ;\ la fougue passionnée qu'il est permis de supposer aux filles de Rome, si l'on en juge par la franchise d'allures et la gaieté de leurs descendantes du Transtévère dans leurs rondes animées et bniyantes! »

... J'errais un soir dans la lande. Le soleil allait se coucher et ses rayons mourants souriaient encore dans le lointain sur les monts d'Auvergne, sur les cimes roses du Puv

/.lis /) I v.s7;.v ciiA mi'j: ri;/:s

INE FARANIIOI.F. À AMMIRUF. LA VllilLl.K D'aprcs l'aquarL-llc Je (i. Vuillicr.

M.iry et du l'uv \'iolciit. La lande n'avait plus de soleil, mais elle était claire encore, les reflets du ciel lumineux nuançaient de nacre les bruyères et les ajoncs. Çà et là, dans les bas-fonds, à travers les cliènes, miroitaient immobiles les étantes endormis. Je regagnais lentement le village, lorsque les sons d'une musette jouant une Bourrée montèrent dans la solitude. Et ces notes nasillardes et un peu vulgaires dans les cabarets prenaient ici, dans la paix du soir épandue sur ces champs tranquilles que bordaient les cimes lointaines, une expression pénétrante. Cela n'était ni joyeux, ni triste, mais d'une inlinie douceur. Et cette musique s'identifiait à la mélancolie sereine de la lande, aux grandes lignes de l'horizon et semblait s'exhaler avec les brumes des vallées.

Des pâtres, avant de rentrer au village avec leurs troupeaux, dansaient une Bourrée aux sons chevrotants de la musette que les voix des bergères accompagnaient :

Baissa te niouiitaiilxi, Kai'ila le l'ahiiii Me garilas de x-eira La iiiia Janelotin

L'ai W tant clxirditula Bouhsou per Ivniissivi Qu'enfin l'ai Iroiihada

j-u iFrill ili'/li',' i'ilJ'<iilill

« Baisse-toi, montagne, — lève-toi, vallon, — tu m'empêches de voir — majeanneton. « Je l'ai bien tant cherchée — de buisson en buisson — qu'enfin je l'ai trouvée — avec un autre garçon. »

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