‹ La danseChapitre 49 sur 78 · IN BAL POPULAIRE EN ANGLETERRE · texte numérisé non relu

IN BAL POPULAIRE EN ANGLETERRE

D'après une cariiialurc Je Cruikshank.

Dklionnairc Je lu Danse lic M. Dcsrat donne, en nicnie temps que l'Iiistorique de cette danse, l'explication des di\ers mouvements dont elle se compose.

Cependant il sera curieux de rappeler les « Commandements du Valseur » selon Saint-Ibald, qui, en vers humoristiques, en résume les pas et les attitudes :

En dehors tes pieds tourneras lit tes jambes également.

Haute toujours ta tète sera lit portée gracieusement.

.\u bras droit ta dame enlaceras, La conduisant solidement.

Ta main gauche légère auras Et ton bras gauche mémement.

Toujours dans ton pas glisseras Tes deu.K pieds aussi souplement.

Joyeux et gai tu valseras.

Sans jamais sauter follement.

Trois pas égaux, rythmés, feras En l'antique valse à trois temps.

Du pied gauche commenceras, Ht du droit suivras lentement.

En avant, en arriére iras.

Et ta dame réciproquement.

De la mesure esclave seras Et ta valseuse également. Quand la valse tu finiras, Dame remercieras poliment.

A ces «■ Commandements » auxquels se conforment les bons danseurs, Bellangc ajoutait une recommandation expresse : " N'oubliez jamais de taire danser la mère! » Et ce conseil, dans l'esprit de l'artiste, ne s'appliquait pas seulement à la Valse, mais à toutes les danses des salons. Le conseil est toujours de saison et figure certainement dans les « Moyens de parvenir «.

Les danses des salons ! Comme elles exercèrent la verve de Cruikshank ! Voyez

y. I /»i.v.s/i .1 /A.ii/./i> J 1^ '*•'

Jjiis la rj^luurcUc les niinaudcrivs de co fi-nimcs ^-tiques si drôlement accoutri-cs.

Dans U rundc dite « Ic Muulinct », les danseurs tournent cummc pris de fulie, agitant des jambes grêles telles que des pattes d'arai- •j.nic. Tous ces danseurs de quadrille, raidcs et secs, visant aux belles manières, sont évidcmiiKtii |Hii LSticiA, i.ii il heurtant dos à dos au lieu de se trouver face à face,

n'est-il pas réjouissant aussi avec ce danseur qui tombe à plat en faisant S.U» doute des grâces et qui, pour se retenir, risque de faire choir une dame. Ijcs caricatures de la • Trénis » et du • Bal » sont du dernier grotesque, et Rowlandson, faisant la charge d'une soiré-e dansante travestie, atteint, à son insu peut-être, .1 une grande intensité de mouvement.

Outre la Valse, le Giilop était en faveur dans la société parisienne vers ifj.>o. Quant h la Valse 0 improprement appelée à lifiix Uiiips, au lieu de à deux pas », dit M. Desrat, elle est originaire de Russie.

o On aurait dû l'appeler Valst à deux pas, ajoute-t-il, parce qu'elle ne comporte que denx pas, exécutés sur une mesure à trois temps, rythme h.ibituel des Valses'. »

l>api

le C'rulk*hank.

I. «Je pub parler en connaissance de cause de l'introduction en France, en i8l5, de la Valse i deux (OS, car elle fui enseignée à mon père, à cette époque, dans les circonstances suivantes. En jji' ■" ' ' ■ • ■ ,,,... i.iit des levons de danse de mon père,

et ' tous les exercices fondamentaux de la

dame* : plifs, t>atlenienls, etc. Notre haron devait, le >' .Ire à un grand bal donné par le comte

y,\(A- ■' - — rc des Affaires étrangères, et devait v.ii.ir .i\cc de charmantes .Moscovites. Il demanda d«" iir de lui faire répéter le pas. Fureur de mon père aux mois de « Valse à deux pas », car

il tniu\'ji( un contre-sens manifeste avec la mesure ordiiuia- de la Valse à trois temps. Mais tout s'arrangea

P'«"""' '"■ "■ ^1 il vit son élève faire le chassé de la Valse tu exécutant le premier temps du pas sur

U:^ .mps de la mesure, et le second temps sur le troisième de cette mesure. Tout de suite,

me ,é était fait en le commençant lentement et le terminant brièvement. Élève

et i : .. - . .'le, et le succès de M. de Kieuken fut tel qu'à partir de ce jour toute Taristo-

cratic vacrilîa la Vakc A trois temps 1 la Valse à deux pas. » (Desrat, Dictionnaire de la danu.)

!..\ WM.SF. ET l..\ l'0!.K.\. - LES ll.\f.s pnU.ICS. ::m

On cruit le Gniop venu de Hont;rie. Pourtant c'est encore une ancienne danse à laquelle on se livrait à la suite îles \'c)ltes et des Contredanses, comme pour faire diversion aux mouvements un peu lents et solennels des anciens pas. \'ers ifii?, le Galop recommença à former une danse spéciale, ainsi que cela avait lieu autrefois. Fendant li>n^tcmps, on a donné le nom de « saint-simonienne ■> à la cinquième tîi^ure de notre Quadrille français, parce qu'elle était dansée avec le Galop.

.\u\ Tuileries, sous I.ouis-Philippe, on donnait tous les hivers quatre i^rands b.ils.

I.A UI>M)|; IINAI i: IIANS IN IIAI. \>V. l'IfUVINii: IN Wl.ll llliKl'.

IJ'aprùs une caricature Je KnwlaïKlMin.

deux petits bals chez la reine et un bal chex le duc d'Orléans après son mariage. Aux bals de la reine, les invités n'étaient pas en costume de cour à proprement parler. Les hommes, en dehors de ceux qui avaient un unilorme de rigueur, endossaient un habit bleu orné au collet et aux parements de broderies fantaisistes, et portaient un pantalon de Casimir blanc à larges bandes d'or. Les dames étaient toujours en grande toilette. Lorsqu'il s'agissait d'un petit bal, soit chez la reine, soit chez le duc d'Orléans ou le duc de Nemours, le pantalon à bandes d'or était remplacé par la culotte courte en Casimir blanc et le soulier à boucle.

Il était d'usage à cette époque, à l'ambassade d'Angleterre, de fêter l'anniversaire de la reine Victoria par un grand bal.

l'ASTOl RELI.E D'apris une canialure ilc Cniik»hank.

t.A PASSE A TRAVERS LES AGES.

V Ix souper, dit M. Je BcMumont, iuit disposa- dans la serre artistcmcnt décorée des plantes et des fleurs les plus rares, et les invitées de bdy Grenville, sur un mot d'ordre, apparaivsaient vêtues de blanc et de nne, les couleurs de la reine. I-es hommes, parcontrc-coup, portaient tous un petit bouquet formé d'une rose et de quelques tiges de muguet : l'Iiomme politique, l'homme grave, était voué au rose et au blanc tout aussi bien que le dandy. »

A l'ambxssade d'Autriche, on avait inauguré les célèbres dëjcutwrs dansants. « On arrivait en plein soleil, à deux heures et demie. En entrant, chaque femme recevait un bouquet et pénétrait dans les riches salons dont la comtesse Appony allait si gracieusement faire les honneurs, car elle personnifiait littéralement la vieille tradition de la haute société d'autrefois. Vx comte, avec la Toison d'or au cou et la plaque de Saint-htienne sur la poitrine, offrait un type de grand seigneur affable et plein de dignité. Ix-s danses commençaient. Li Valse à deux temps faisait fureur.... Chacun s'élançait sur les traces des deux Rodolphe et de Julio .Appony... I.cs ducs d'Ossunn, de Valcnç.iv et de Dino, les comtes Esterhazy, Zichv, de Morny, de Châteauvillars, de Jumilhac, de la Tour-du- Fin, Guillaume de Knyff; puis les grandes individualités de la finance, les Roth.schild, les Hope, les Baring, IcsThorn. . . .

Parmi les femmes, on remarquait, dans ces salons de la suprême élégance parisienne :

Mlles I-itz-William , de Terzzi , de Stackelberg, de Chante-

LE Ql'ADRILLE — DOS À DOS rac, de Ganay, de Xicolaï, de D.prts une caricature de Cniikshank.

i.A IM/..S7-: f-rr /. i i'<>i.k.\

LES /M /..s l>l l-.I.ICS.

Viricu, l.idy C.intcrbury, l.i diiclicssc de Siithcrl.iiul, l.i princesse de l.i 'rréimniille, l.i marquise- de Coiitades, les duchesses d'Istrie, d'Otrante, de Plaisance, Mnies de \'ernant, de Masjnoncourt, d'IIaiisson-

ville \'ers cinq heures, les

danses s'interrompaient .et l'on descendait les marches du perron qui conduisait au jardin. L"i étaient disposées, .sou.s les ombrages et au milieu des

l.i: .MOll.INKT D'apris iiiiL' i.iricauirv; de l'riiiKshanli.

ma.ssifs, une toule de petites tables élégamment servies oii l'on s'installait, soit au hasard, .soit par coteries, et où les charmes d'une causerie animée par le vin de Champaj^ne proloni^eaient ou ravivaient les agréables émotions de la \'alse et du Galop.... »

N'ers lï^i |, on délaissait un peu la \'alse à laquelle on s'était livré longtemps avec pa.ssion, et le Galop ne .se dansait plus que dans les bals du carnaval.

L'avènement de la Polka amena une révolution foudroyante dans la danse. Ce fut

une véritable fureur dans la bourgeoisie et dans le peuple, une épidémie chorégraphique

à laquelle personne n'échappait. Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés —

Le monde résista un peu à l'entraînement; jusqu'ici il avait donné le ton à la mode,

et voici qu'il s'agissait de suivre le mouvement. Mais enfin le retentissement et la vogue de cette danse étaient tels, qu'une duchesse lui ouvrit la première la porte de ses salons et la Polka régna aussitôt en haut lieu.

Une plaquette du temps, intitulée : La Polka aiseigm'e sans niailrc, nous donne de curieux détails sur cette dan.sc chez les élégants de la fin du .V)

IN gi.vbuu.i.i;. LE MSÀVIS D après une caricature de Cruikt^hank.

LA PASSE A //(.li/w<> /.A> i'./;>

replie Je LouÏN-IMii I.j première fuLs qu'elle fut Jjns^ dans le monde avec

pi m, ce fut chez M. G..., le Lucullus de notre temps. Les genilemen-ridc-rs

le> plu> a 1j mode et foule de jolies femmes assistaient h cette solennité, où M. CclUrius devait se trouver face h face avec M. Hu^'cne Coralli. Ix monde polkant était dans l'attente. Chlédowski lui-même avait composé la musique.

' Grllarius était \i, bien frisé, la bark- lisse, triomphant par avance au niiiicu de

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