III-I
ii.-i:,A\\.w nNiiini. ii.ùiuii.il, 1.L !<.> j>.is, CDiiiiiic If cli.iiu, sont v,.ùs, «jr.icicux et passioniiL's. Le buste joue un i;r.uiJ rolc, ainsi que la tète, dans les inouveiiients expressifs qui caractérisent la danse. '»
Nous avons encore à noter, parmi les danses actuelles d'Hspaune, cl ZupiUi-tulo et la Giiiiniihit dont les mouvements sont identiques; cette dernière pourtant ne se danse qu'au théâtre.
Le Zorongo est d'allure simple et de mouvement rajiide : on va de l'avant, on revient en arrière, battant la mesure avec les mains.
l-.l Tripili Tnipi^lii offre une jurande analogie avec le Zorongo, dt)nt il se distingue surtout par les trois demi-tours qui le terminent.
Zoiongo et Tripoli Trupolo sont d'ailleurs des danses originales et charmantes, et la musique qui les accompagne est toujours harmonieuse et douce.
\ous ne pouvons terminer cette revue des danses espagnoles sans parler de l.i Tarasca, danse aussi populaire, depuis le moyen âge, dans le midi de la France que l'animal fantastique dont elle iiorte le nom, et qui est également en usage en Kspagnc depuis un temps immémorial. Quevedo en fait mention, et Cervantes, dans son Viage al Paniasso, dépeint le monstre avec son ventre énorme et son cou démesuré.
Daprcs le lahluau de .Moreno. (l'hnl. I.jurcnt, .1 Mj.trU.i
i; II» ■/;/»• s /./;v ici: s
lui 1-07, Jji» lo icto ùoiiiKci jHJur ccifPar u |>ri)iiuiij;.itii)n Je la Uiikum.' Lothittiuum, on vit ' !.t djni« de b T<ir<Mr«; l'aniiiul, rcprcsciitc sous U forme d'un
drj^on. ouvrait nm gueule 6nonnc, et des hommes, à l'intérieur, faisaient claquer >o dents avec un grand bruit. Sur le dos de la tarasca était assis un mannequin lubillê en iemme auquel le peuple donnait, on ne sait trop à quel propt"-- '• ".mi .le .-/«»i<j li'Utia.
I.'lLspanne est aujourd'hui, comme fu: .intrcfoi»; h CrCjc l.i terre classique de l.i
EL ll.MLE DE LA NINA O aprcs le lahicau de Cabrai y Bclarano. {l'hul. LjurenI, j .VjJriJ.)
d.iiise. Non seulement un danse dans les processions, comme chacun sait, et autour des défunts pour les honorer, mais aux pèlerinages, aux fêtes villageoises, sur les chemins qui mènent aux foires. On danse même sans motif, simplement par plaisir et n'impone où. On occupe par des danses les jours de grève; la cigarette aux lèvres, on attend la corrida en contemplant le ^aptilcaJo. Li brune gitana aux yeux ardents, aux dents blanches, secoue le pamicro dans les faubourgs, sur les places publiques et dans les chemins, sur les tables même de \a fonda, devant un public de hasard. Lx's danses espagnoles sont origin.alcs, expressives, variées et charmantes entre toutes. Les danseuses ont la grâce, la fierté, la fougue et la p.ission, jointes à une souplesse incomparable.
Ces danses, si vivantes et si colorées, n'oflreni aucun rapport avec celles des autres
f . ^iiÂMyce -4)11 .Â4.LareinIfntirq /
• i(^Z&<UA/V
fis i>\\sj:s i:Ti{.\\(ii:i<i:>>.
.-«Il
DANSE DES « COSIEIIS » X .MAJOUQIE D'après une t;ravuro ilt l'ouvratic de S. A. 1 archiduc Salvalur.
peuples (J'F.urt)pc. On > retrouve .1 peine le souvenir des Janses mauresques qui les influencèrent un instant.
^îais si r Espagne conserve encore la j;ràce et l.i fougue de ses danses d'autrefois, la Grèce a gardé les traditions de charme et de poésie des rondes de l'antiquité, de même qu'elle se livre à des danses guerrières rappelant la Pyrrhique primitive.
Comme au temps d'Homère, les Grecs modernes dansent la Camî'wk qu'Héi^liestios cisela sur le bouclier d'Acliille. Les danseuses, vêtues d'étoffes légères, la main dans la
main, guidées par une d'entre elles, imitent dans leurs rondes les inextricables détours
du labyrintiie et représentent l'épisode d'Ariane et de Thésée. Cette danse, au rytlimc
lent, d'expression tendre, se dérouie en scènes enchanteresses. On croirait voir les Grâces
qu'Horace nous montre formant des rondes avec les nymphes.
Les Grecs ont beaucoup d'autres danses antiques. L'Armiilc rappelle les exercices
guerriers des Hellènes au temps où ils allaient au combat en dansant, connue faisaient
ailleurs les Lusitaniens, suivant Diodore de Sicile.
Celui qui mène l'Arnoute' anime les danseurs en chiquant du touei et en agitant un
bâton dont il est armé, courant vivement d'un groupe à l'autre; les danseurs, les mains
entrelacées, le suivent en cadence.
Vloiiii-init-, véritable danse bachique, est encore pratiquée en Grèce, et surtout .\
Smyrne, en Asie Mineure. On retrouve quelques traces de VAitgrisiiuhic, qui célébrait
jadis les fêtes de Vénus, et aujourd'hui encore, les jeunes filles, après avoir empli leurs
amphores à la fontaine d'Eleusis, forment des rondes en chantant.
Les Grecs dansent la vieille Pynhiquc en robe courte, avec un carquois garni de
flèches sur l'épaule et l'arc à la main. Les Klephtes pillards, développant une longue
chaîne, imitent les mouvements d'un chorège qui les mène, et cliantent tandis que le
chorcge marque la mesure en balançant la tète.
I. II est à noter que la plupart des danses, en Grèce, sont menées par un danseur. Est-ce un souvenir des antiques chorégcs ?
l..\ n.WSE A THMKHS LUS AOKS.
I'cu(-circ U Jan^a dt lai tspoJat, qui fut en vo^ui' Jûiis les CoMiilcs du temps Je Grrvantô, et U danse de • la reine des ipécs », quftn of suwds, danse qui eut son heure de nicco en Anfîleterre, sunt-cllcs un souvenir de la Pyrrhique des Grecs.
Kt d'ailleurs, les danses guerrières ont existé chez tous les peuples; les vieilles estampes si étrangement belles du Japon nous montrent des guerriers armés dansant une sone de Fvrrhique expressive et presque violente,
La Grèce conser\x donc encore le souvenir des glorieuses origines de ses danses et, par leurs rjthmes expressifs, symbolise ses joies ou ses douleurs : la ronde lugubre que les femmes souliotes dansèrent avant de mourir exprimait leur désespoir, comme les danses de leurs ancêtres, quand ils allaient affronter l'ennemi, animaient leur courage....
Lorsque Ali, pacha de Janina, consommait par le fer et par le feu la destruction de Souli, soixante femmes, réfugiées avec leurs enfants sur une hauteur, considéraient l'affreuse mêlée où succombaient les leurs. Au moment où tout espoir les eut abandonnées, ces femmes, debout .sur la cime d'un rocher taillé à pic, précipitèrent leurs enfants dans l'abime ouvert devant elles et au fond duquel mugissait un torrent. Puis, se prenant l'une l'autre par la main, les soixante femmes formèrent une ronde échevelée. De temps à autre l'une d'elles, .se détachant du groupe, s'élançait pour disparaître dans l'abime; la ronde, un instant interrompue, reprenait sa cadence funèbre et une nouvelle victime se séparait encore de ses compagnes
Quand la danse cessa, le roc était désert; des profondeurs montait seule la plainte étemelle des eaux, et dans la plaine apparaissaient quelques filets de fumée sortant de brasiers à demi éteints qui avaient été des villages.
Depuis des siècles, en Grèce, la danse transformée s'était séparée des pratiques du culte. Seuls, les habitants de quelques provinces reculées, presque sauvages dans leurs mont.ignes, semblent mêler encore s.i cadence à leurs rites sacrés.
Dans la Sparte moderne, .\I. Henri Iklle vit exécuter un soir le Syrtos, danse grave et lente qui dut avoir, à l'origine, un caractère religieux.
" Les danseurs, dit-il, se tenant par la main, tournaient en rond avec un balancement monotone. Quand le vin raisiné eut circulé, il y eut plus d'animation. Un grand jeune homme en fustanelle se leva, et commença à exécuter, d'un air grave et sérieux, quelques pas légers et as.sez gracieux; puis il se mit à tournoyer avec une rapidité extraordinaire, tantôt s'accroupissant jusqu'.i terre, tantôt se relevant en sautant, en se balançant en tous sens, et en gesticulant avec ses bras à tort et à travers, tout cela sans grâce et sans que ses mouvements eussent aucun rapport avec ceux de ses comp.ignons. Devenu le chit de file de toute la bande, il agitait son mouchoir J'unc main, et de l'autre tenait
i.Rs i).\\si:s i:tr.\\i;i:ri:s. .Vo
son voisin par le cou. La dan>c CLUuiniia, ^il^.p^.•iLl:^L it i;r.ivc, juM^u'à cl- cy.c la laii mic tofij-at les acteurs à se reposer. »
( L'Eubée (.kl Nord, dit-il dans une autre partie de son voyage, est renommée pour ses danses; celle qu'exécutaient les habitants de Mantoudi n'est, je pense, que la représentation clioréyrapliique du mouvement rythmé des pêcheurs iialant leur lîlet sur la plaj^e.
« Dans l'Ile de (Ihio, la danse est conduite p.ir une musique ;\ la turque qui n'était
l\ U.\U.E DE (ANDIL .\ SÉVILI.E (lIAI. DES CiENS Df I'EIIM.E) Daprùs uiic ;;raMiii; sur Imis île Dorii, extraite du r<yj!,v en i.V/'.ii'Hi', r-if li-' '■'•iron Davilhcr
tlljchcllc cl C-, cJUciin.)
pas sans charme et qui ressemble beaucoup .'i la 1 araïuiole jirovençale. Les danseurs, • hommes et femmes, se tiennent ]ur la main tandis qu'un couple détaché de la bande dan.se devant les autres. »
Mais la danse à laquelle M. Belle assista à Mégara fut la plus séduisante.
« Les fennnes du village, dit-il, dans un costume voyant et gracieux, sont l.\, rangées par longues files de quarante ou cinquante, la première domiant la main à la troisième par-dessus l'épaule de la seconde, la seconde à la quatrième par-dessus l'épaule de la troisième, dans une alternance difficile .'i décrire, mais qui forme un eiitremèlenient plein de grâce. En chantant une mélopée lente et cadencée, elles avancent par un mouvement d'ensemble, faisant trois pas rapides en avant et en arrière. Cette danse dont il laut.
/. » /< I \ / 1 r/M \i:ns i.i:s Aces.
DANSE ORIENTALE D'après le dessin de Decamps. (Mus^t Su Louvre.)
pré-tciidciu les crudits, clitrclicr l'origine jusque dans l'antiquité, a un caractère de grâce chaste et d'élégance sobre et virginale, qui tranche singulièrement avec les ondulations provocantes et les contorsions licencieuses des danseuses de harems musulmans. Ce matérialisme effronté n'a jamais pu s'acclimater chez les Hellènes, et s'ils ne cherchent plus aujourd'hui qu'un plaisir, un exercice salutaire dans ces danses rythmées que nous avons vues partout en si grand honneur, on comprend, en y assistant, qu'elles ont pu autrefois être un symbole religieux, presque une cérémonie du culte. Les broderie-s d'or scintillent, les vestes de soie de diverses couleurs jettent des reflets changeants comme une mer au soleil couchant. »
<i L'antique danse de mai est en usage encore en Grèce, dit Fcrtiault dans son Histoire de la divise. Les femmes et les jeunes filles de certains villages s'y livrent le premier jour de mai. Dans les pré-s rajeunis, elles cueillent et effeuillent des fleurs, et s'en couvrent de la tète aux pieds. Li plus belle mène la danse. »
Puisque nous sommes aux rivages d'azur, passons en Italie, nous y trouverons la Tarcniclk, qui doit .son nom à la ville de Tarente, — comme la tarentule dont on ne guérissait, di.sait-on, la piqûre dangereuse qu'en se livrant à cette danse jusqu'à l'anéantis-sement.
Marc Monnier l'a décrite avec esprit et beaucoup d'humour : « Revenons à
/ /, s /. iv.s/'.v i:Ti<.\Mii:Ri:s. .vô
K.iplcs, Jit-il, et bien vite; ^.ir, d.iiis cette villa Kealc que j'ai quittéx' si brusquement, j'entends le tambourin qui bat le rappel, le tambourin et les castat^nettes. Heureux et noble tambourin, aussi vieux que Cybèle, aussi ancien, en tous cas, que les fresques d'Herculanum, où il est peint aux mains des sveltes baccliantes qui le frappaient et l'agitaient de leurs doigts légers. Courons vers ce bruit, c'est la tarentelle!
« On se salue d'abord, on gambade timidement, on s'éloigne un peu, puis l'on revient, on ouvre les bras, puis l'on s'étourdit dan> une ronde véhémente. Bientôt les danseurs se quittent et se tournent le dos, faisant mine d'être fâchés l'un contre l'autre, coiume dans la .scène de Gros-René et de .Marinette.
J'aime ic bruit du tambourin :
u Si j'étais tille de marin lit toi pcLhcur, nio disait-elle, Toutes les nuits joyeusement Nous danserions, en nous aimant, Ijx tarentelle ! »
« \'oiIà ce que tout le monde jieut voir dans la villa Reale, la veille et le jour du pèlerinage de Piedigrotta. «
Le gondolier et les matelots du beau pays de lumière se livrent à d'autres danses encore. Les villageois, jardiniers ou vendangeurs de la campagne de Rome ont une prédilection toute particulière pour le Salltiirllo au rythme antique. Le danseur pinçant de la guitare, la danseuse agitant gaiement le tambour de •basque y luttent d'agilité. C'est la danse qui accompagne toutes les fêtes champêtres.
Les lourds patres de la Calabrc .s'agitent furieusement dans la danse de la Brebis; les Milanaises élégantes, les gens de la haute Italie s'adonnent aux balancements de la Monlfiiinc simple et gracieuse. Ainsi la danse varie suivant les contrées de l'Italie, mais partout elle reflète le caractère du pays et de ses habitants.
Ln .\ngleterre, au contraire, cet exercice contraste vivement avec les habitudes nationales : la danse y est vive, bruyante et obéit à un rythme rapide.
« Mais, dit Elise Woïart, si elle est en opposition avec le caractère de la nation, elle donne au moins une idée fidèle de .ses mœurs. Dans cette danse comme dans la \ le
D.WSELSE TIUQLI-:
D'après une f{r.ivurc du xvni" siicle.
/ ( /' I \N/ I TKWHKS l.KS A (il-: S.
vi.iii. Jks Aiif^lais, les liummcs ....a ...jurcrs dck fcnuncs. La datiscuM.* indiquât* par II t) nuitrc de c^-rcmonic à un cavalier, ou ■ iNic d'avance par celui-ci, est ordinairement sa compagne pour toute la soirdc. «' L'Anglaise se compose d'abord d'une *.h.iine redoublée formée par deux couples qui descendent ensuite entre la colonne, remontent en sautillant, balancent et font l.i demi-chaine, puis un tour de main avec chacun des danseurs et des danseuses successivement ; ce sont des évolutions qui seraient |>our nous une fatigue au lieu d'être un délassement. »
Quelle est l'origine de la Gigiu} Il est assez difficile de le dire. .\1. Desrat remarque bien que Feuillet en écrivit la musique et la chorégraphie en 1710 dans son Traité; mais la musique et la danse de ce temps ne ressemblaient guère aux trémoussements bien connus des matelots anglais, qui n'ont jamais, que nous sachions, été admis dans les salons et au théâtre. Li Gigue, au sens qu'on lui donne ordinairement, est une danse populaire qui ne s'exécute que sur les places publiques. Elle est constituée par les pas bizarres d'un cavalier seul, qui tient une petite baguette sous le bras droit et marche sur les talons en croisant et en déplatjant les pointes des pieds.
Dans leurs jeux et leurs fêtes, les Hcoss;tis s'adonnent au Ghillie Callinii, d'antique origine. C'est moins une danse véritable qu'un exercice d'adresse auquel se livrent les Highianders au milieu du cadre merveilleux des montagnes d'Ecosse : le danseur, les bras étendus, claquant des doigts, excité par ses propres cris, bondit aux sons du pihnxh entre les lames des claymores allongées en croix sur le sol.
Revenons sur le continent, à l'autre extrémité de l'Europe. Au dire de Fertiault, les Russes, en leurs danses populaires, piétinent sans presque changer de place. <■ Ils pirouettent .sur la plante des pieds, exécutant une lourde pantomime qui leur fait remuer sans trêve épaules, bras et hanches. C'est aux sons d'une longue guitare appelée balalcica
DANSEUSE TLRQIE
l)apri-> le tableau de Bcrticr.
{PhntogrJfhie Jt Itrjun, CUment et de.)
«.ju )is M. iiMLiii .1 ^l.^ i.PM.ill.itii>ii> s.uis yn'icc qu'excitent parlois les chants, les cris ou nicinc les sitflcnKiits des spectateurs. »
Cet auteur ignorait !.t Priilr Riissiciiiu-, et les chants et les scènes de danse de l'armée.
« Aux jours de tète, dit M. Gaston Schefler, dans 'i'Illiistratiou du i" décembre l8()4, dans une t;ran ye ou .1 la porte d'un caharet, le joueur de t;uitare, que nous retrouvons ici comme en Espaj;ne, lait entendre une mélodie lente. Le danseur, qui est
I..V T.MilîNTLI.I.i; À NAI'l.r.S Daprùs une pholofiraphic de Soniiv.or, à Naplcs
en même temps chanteur, exécute un premier pas seul. Il hap)ie la terre du talon, d'abord lentement, puis avec une rapidité croi.ssantc. Il a les mains posées sur les hanches, le buste droit; ses mouvements sont graves. Lorsque le pas est terminé, il se dé.saltère d'une tasse de thé brûlant, puis le divertissement continue. Cette fois, le danseur n'est plus seul. Une dan.seu.sc s'est présentée, et, sans se toucher, ils exécutent tous deux une pantomime vive et animée. La jeune tille s'enluit poursuivie par l'amoureux : elle lui jette une Heur pour l'arrêter; il la ramasse et cherche de nouveau
à la saisir Et voilA la « Petite Russienne. »
\'oici maintenant la danse au bivouac : « Les chreurs régimentaires n'existent que
LA
TUA \'i:i<
dans l'jnn^- mvsc. En litc de chaque r^imcin, un peloton, composé des liommes qui ont la plus belle voix, marche i pied ou i cheval et entonne des chants ix)pul.iircs j>our abri-^'ir la longueur de l'étape et faire oublier la fatigue,
• Généralement un des hommes choisi parmi les meilleurs musiciens chante seul le couplet, et ses camarades reprennent avec lui au refrain. Au campement, les chcvurs accompagnent les danses que les soldats exécutent deux par deux, |K)ur pxsser les longues soirées d'été avant d'aller dormir dans leurs baraquements. Hn Russie, d'ailleurs, comme
I.K RETOIR DES MOISSONNEl RS Daprts le tableau de l.4opoKI Kobcrl.
dans tous les paj's slaves et en Grèce, la danse ne se sépare guère du cliant. D.ins toutes les provinces, il y a des chansons dansées, toutes d'un mouvement vif, parfois verti-
Li Russie a conservé la tradition de quelques danses militaires. En ce pays, l'armée forme une grande famille, et les officiers encouragent les distractions collectives des soldats et même les organisent quelquefois.
Après la manœuvre, ils s'adonnent fréquemment .i des représentations et à des danses. C'est naturellement au camp des cosaques, dit l' Avenir militaire, que ces amusements de soldats ont le plus de caractère. Le plus souvent, on voit un cercle formé autour d'un danseur qui exécute un pas ondulant, qui s'anime peu à peu et danse un véritable pas allégorique de ballet, véritable roman militaire mimé, car il tient ses armes à
L/:s /».i V.S7--.S j:ti< \\(ii:i<i:s.
LA TAKI.MIOl.J.i; A NAPI.KS
D'après une niavurt i.lu xviir siùole.
la in.uii et raLOlUc son liistoirc jiar les gestes, au rytliiiic ilcs tanibours Je basque, Jes cymbales et des musettes, pendant que les assistants, qui n'unt pas d'instrument de musique, scandent la mesure en frappant dans leurs mains. lù c'est un spectacle vraiment saisissant de \oir l'expression de ces visages basanés, passant de la mélancolie à l'hilarité, et de l'hilarité à la tristesse, suivant les souvenirs du pays qu'évoque le danseur dans les couplets qu'il leur chante. M. Dixon conte dans son vov.ige en Russie, puMié par /(• Tour dn Monde, une scène de danse curieuse.
<i Prenons place, dit-il, au milieu des paysans jeunes ou vieux qui, rangés en cercle, assistent au divertissement. Garçons et filles ne se mêlent jioint ensemble; ils se li)rment par groupes, tous silencieux conune une troupe de muets. Le joueur de chalumeau rompt enfin le silence. Un des danseurs otc son bonnet, qu'il agite en s'inclinant vers son amie. Si l'appel est entendu, la jeune fille déploie son fichu en signe d'assentiment; le cavalier s'avance, saisit un coin du mouchoir, et le couple vient en tournoyant au milieu de la pelouse. Le même silence continue .'i régner : pas un mot, pas un éclat de rire ne vient le rompre. Tirée à quatre épingles et fiére de ses longues tresses, la jeune fille se meut lourdement, sans jamais permettre à son cavalier de lui toucher la main. Le chalumeau continue à bourdonner, pendant des heures, la même note monotone; et le prix d'habileté dans ce « tournoiement », comme on appelle cette danse, est décerné par les .spectateurs à la belle qui, pendant toute la fête, a su garder l'impassibilité la jilus par- Htite, sans parler ni sourire! »
Les gens du monde, en Russie, empruntent un peu leius danses à toutes les nations; on poike, on valse et on cotillonnc en Russie comme partout ailleurs ; cependant les danseurs émérites affectionnent une sorte de \'alse à balancements, la Caïiwca, gracieuse et légère, et dont nous n'avons trouvé l'équivalent nulle part ailleurs.
Quittons maintenant l'Europe. Nous voici au pays des Brahmes dans le Bengale, sur les bords du grand fleuve sacré, reflétant ct)nune un éblouissant miroir des palais
\KRS I.FS AGES.
niniinifiqucs, des tcmplcN omdc baobjlvs et de lamariniers gigan tesques ployant st)us des prappes de fleurs.
C'est li qu'est Bcnar^, le sainte, aux innombrables pagodes, où de pieux pèlerins, des prêtres, des illuminés, viennent mourir dans l'extxse, dans l'espoir que leur âme, après ses transformations successives, atteindra le séjour bienheureux Je Bralima.
Sur les parvis des temples se dressent des taureaux farouches et rampent des serpents monstrueux consacrés aux divinités. Et, dans les mystérieuses profondeurs de leurs murailles vivent, sans jamais ' sortir de cette prison, de jeunes
lemmes choisies entre les plus belles pour étrt- exercées h danser autour des idoles; ce sont les dn-adàssi ou « bayadéres •.
Le mot dn'adàssi signifie « esclave des dieux • {lUia • dieu », dàssi • esclave •). Le nom vulgaire des devadissi est naich, qui signifie • danseuse ». Quant au mot « bayadére ', qui est d'origine portugaise, il n'est pas employé par les gens du pays et n'est guère en usage que parmi les Européen.--.
« Un (hindou, nous apprend M. II. lourment, quel qu'il soit, peut consacrer sa fille ou ses filles aux pagodes; mais la loi en impose l'obligation expresse aux membres de la caste des Kaïd Kolen (ti.vserands), qui sont tenus de consacrer aux divinités leur cinquième fille ou la plus jeune de leurs filles s'ils en ont moins de cinq, .\dmises dans le temple à l'âge de neuf ou dix ans, les devadâssi portent en collier le signe du mariage, le 11 d'or traversé par un cordon de cent huit fils en l'honneur des cent
huit M.-u^es du dieu Koud/a. Ce cordon est oint de safran en souvenir de Lacmy, la déesse de la joie. Trois fois par jour, les devadâvsi dansent dans la p.igode aux heures
i.i:.s i)\.\si:s i:rN.\\(ii:i<i:s.
liu {\uiiljii. l.tm d.insc est une prière d'.iinour. I.ciir (.xt.isc si^nilic r.iiiL-.intissL'mLiU des ânics individuelles dans la t^r.mde ."nne divine. »
Leurs yeux noirs aux longs cils sont luiniides, alanguis et semblent voir en rêve des spectacles inconnus; leur peau, comme celle des tenimes indoues, est transparente et dorée; mais c'est surtout la grâce exquise, souple et voluptueuse de leur démarche qui les distingue des femmes d'une autre race. Les floraisons d'une terre puissante,
'^•^■fS
Daprcs une j,'ra\uru ù Icau forte Ju tableau d'OrcharJson. (Publiée a\cc aulurisalion
lie la Fine Art Si'cicly l.«njrcs.)
exhalant toutes les ivresses, les baignent de parfums, des souilles embaumés les bercent. aussi bien que les cadences et les chants sacrés
Les anciens avaient divinisé l'amour; les bayadères, vivant souvenir de l'antiquité, en .sont encore les prètre.sses. Aussi charment-elles les peuples de l'Orient; .sans elles, point de festins ni de fêtes; elles embellissent les pompes religieu.scs et ajoutent au luxe des fêtes royales.
Lorsqu'un Asiatique veut honorer un hôte étranger, il lui montre les bayadères; c'est le complément obligatoire de l'iiospitalité. C'est au bruit des lalmi, sorte de disques dont l'un est d'acier poli et l'autre de cuivre, aux sons des hautbois, des flûtes et des tambours qu elles dansent, choisissant d'ordinaire, pour mieux faire ressortir leur grâce et leur beauté, des musiciens laids ou ditTormes.
Leurs chevelures ointes d'huiles aromatiques ruissellent jusqu'aux hanches, et dans
,. / I /i I \ , /.' I i"/"/,'s i rs l«;/;.v
■ ,;,,. j ^)u Uti c*iji'. Ut Uujium:., luniMcni dc:> }H.-t jIc^ de Jlcurs
. J«.^ ^luiiictm d'' ' Icrrcrics. Di; ilcmciu leur* Jjiih^, uu Jacques Arano, daiih mui l\'\,ij;i aiiii<iir
iiuiii de T(btga uu ■ danse muzainbiquc >. Hllc a quelque;» rapports
Nou> l...^^*■n^ ..I J..I..IV .. M. LouU Rous-seUt, dont les études sur f Inde dts rajahs
' '•■ i;rand retentUscnu"' ''"iii 'm •■■ souxiLiit; II hkus ilturit Ils stiius .luxoiulU-s
' Je pris place, dit-il, sur un moelleux divan et fus imnicdiatenient entouré de
iteurs m'offrant des sorbets et des fruits, ou m'aspeigeant d'eau de rose avtc de
grands flacons d'argent. A quelques pxs de moi, les bayadères au teint paie, aux grands
veux noirs, couvertes de diamants et d'étoffc-s précieuses, étaient accroupies près de leurs
musiciens, attendant le signal de la danse....
» Alors les danseuses se levèrent et, déployant leurs écharpes, secouant leurs jupts plissées, firent vibrer les bracelets de grelots attaclit-s à leurs chevilles et qui servent à marquer le pas. Après un chœur préliminaire, accompagné de violes et de tam-tams, ellts formèrent un demi-cercle et l'une d'elles s'avança jusqu'à nous. Les bras arrondis, le voile flottant, elle tournait doucement sur elle-même avec un léger frémissement du corps, qui faisait résonner ses grelots; la musique douce et langoureuse semblait la bercer; ses yeux étaient à demi fermés. Elles se succédèrent ainsi à tour de rôle; l'une simulant un charmeur de serpents ou un lutteur; l'autre, ardente, tourbillonnant avtc rapidité; une autre, parée d'une gracieuse toque brodée de perles, suivait la musique avec un coquet mouvement de corps tout paniculier. Elles finirent par une ronde animée, accompagnée de chants et de battements de main>.
>< Dans tout cela, rien de cette grossière inmioralité que l'on s'attend communémer.t .1 trouver dans les danses de bayadères; leur maintien est toujours modeste avec une pointe de coquetterie, et leur costume est plus strict que celui des femmes ordinaires. Il ne faut pas non plus chercher là une danse dans toute l'acception du terme; des peser, des attitudes, des chants, voilà ce qui constitue le iiautch officiel des Hindous. Je dis officiel, parce que j'eus depuis l'occasion de voir des danses d'un tout autre caractère, auxquelles les étrangers sont rarement admis; celles-là sont de vrais ballets, un peu comme ceux de nos opéras, mais tout pleins du caractère ardent et voluptueux de l'Orient. Dans toutes les autres occasions, la danse est tellement guindée et parfois si peu attrayante, surtout si les femmes ne sont ni jeunes ni jolies, que bien des Européens dé-sappointés se figurent assister à quelque lugubre cérémonie. »
vr""5w
i./:s ii.ws/^s f:i R\\(]i:Rr:s\
A la cour du r.ijah de Bhopal, il vit exécuter une danse channante entre toutes : « Après une danse de jeunes hommes, les cathachs, une danseuse apparaît. F.lle est
vêtue du costume des leninies du peuple, et porte sur la tète une roue en osier d'un
assez jjrand diamètre, placée d'une manière parfaitement liorixontale sur le liant dii
crâne. Autour de cette roue sont pendus des lils, également distancés, et munis,
;\ l'extrémité , d'un
nœud coulant maintenu ouvert au moyen
d'une perle de verre.
La danseuse s'avance
vers les spectateurs ,
tenant une corbeille
remplie d'œuls,
qu'elle nous présente
afin que nous puissions constater que
ces œufs sont bien
véritables et non pas
imités.
« La musique
entonne un rythme
saccadé et monotone,
et la dan.seusc se met à tourner sur ellemême avec une extrême rapidité. Saisissant alors un œuf, elle l'introduit dans l'un des nœuds coulants, et, d'un mouvement sec, elle le lance de manière à serrer le nœud. Par l'eiTet de la force centrifuge que produit la rapidité du mouvement circulaire de la danseuse, le fil tenant l'œul se tend, et celui-ci vient se placer en ligne droite a\ec le prolongement du rayon correspondant de la circonférence. Les uns après les autres, les œufs sont lancés dans les nœuds coulants et viennent bientôt former une auréole horizontale autour de la tète de la danseuse. A ce moment, la danse devient de plus en plus rajiide ;
RONUE 1CNFAM1N1-; DANS l NE lU E DK LoNDUICS D'après le dessin ilo (j. Otirc.
I TUA IHltS I.KS AGES.
l»cut JiMiiiKucr le irjiis de U jeune femme; le moment est cri- :ic fan< pa«, le moindre temps d'arrêt, et les œufc se brisent les uns contre le» autres. Mai inmcnt interrompre la danse ? comment s'arrêter ? Il n'y a
qu'un mov-cn. c'est de retirer les arufs de la môme façon qu'on les a plact-s. M.ilt;ril'apparence, cette dernière opération est la plus délicate des deux. 11 faut que d'un seul >:cMc. net et précis, la danseuse saisisse l'œuf et l'attire à elle ; on comprend que si sa main venait n>.»ladroitement se placer dans le cercle, il suffirait qu'elle rencontrât seulement un des fiU pour rompre subitement l'harmonie générait-.
• Enfin tous les œuls ont été retirés heureusement; la d.uis«.use s'arrête brusquena-nt et. sans paraître le moins du monde étourdie de ce tourbillonnement de vingt-cinq ii trente minutes, elle se dirige d'un pas ferme vers nous et nous présente les œufs contenus dans la corbeille, qui sont séance teinntc cassés dans un plat afin de prouver l'absence complète de supercherie. »
Plus récennnent, M. f.mile Guimet assista à une danse de bayadères.
• La musique commence. I-a mélodie, soutenue par le rythme des percu.vsions, est plaintive, triste, alanguie, mais tout .i fait dans nos tonaliié-s; rien de chinois, riin
tl.\NSE MAIRESQIF.
I) apf i-'' une phuloirraphie »lc Liiibcn, .i lMri~
L ES i) . I .V .V /■: s /■: r r as a i: r /■: .s .
vr
.if^-^-* w. .- ^éà t K ^m^^^^l
Ik .
^^v "îsiei ■*" W^^ /xjlL
^^^B^K^' ,■ ^al^ljCT^tfÉ \mJÊBÊBÊka^r^
^^Êt^'f^
^Im
l^w/ryF? ^ , ^■^^^iL^^Jf
t^ '^r jéT^ll
-«^^^^HÉ||gg^l
LE PAKADIS DE MAHOMET D'aprcs une Kravuru n la manière nuire de Jazct. ( Bitliolhi.\)iii: nalioiuU:)
d'arabe, rien de japonais surtout. Si la musique arabe nous a conservé les tonalités antiques, la musique indienne nous révèle l'origine des modes européens modernes.
« Il y a trois danseuses, qui dansent l'une après l'autre. La première qui se présente a les traits fort régidiers et surtout les yeux très expressifs. Sa danse est plutôt une pantomime qu'un « pas ». Elle s'avance avec des expressions d'ardeur contenue, se recule comme offensée et épouvantée de l'aveu qu'elle a laissé éciiapper. Les mouvements suivent les rythmes, les gestes soulignent les sentiments avec beaucoup de grâce et d'énergie. Elle me parait s'appliquer à rendre coup sur coup, par sa physionomie et SCS attitudes, la sympathie, l'effroi, la joie, la colère, rcntrainement, l.i honte, l'ab^mdon, le charme et l'humiliation, la passion la plus vive et le remords le plus amer.
« Qu'elles sont loin de cette poésie touchante, les sensuelles aimées du Caire ou d'Alger, ou les froides danseuses de Kioto! Même les Ouled-Naïl de Biskra, qui ont conservé dans les oasis les traditions de l'antiquité, ne donnent qu'un faible reflet de cette ardente et délicate épopée brahmanique qu'on nous raconte avec des gestes et des regards. Le costume de la danseuse est rouge et or, son corselet noir étincelle de paillettes d'or. Sa coiffure est très simple avec les cheveux lisses ornés de quelques fleurs. Elle a des bijoux dans les narines, de nombreux bracelets aux poignets et aux chevilles, et des bagues énormes aux doigts des pieds.
« Li bayadère qui succède à celle-l;\ a la physionomie plus froide, mais elle est beaucoup plus belle. Sa coiffure, formée de fleurs odorantes, sans feuilles ni tiges, lui
KS LES AQES.
i- cl jccumpdgnc le btn« Je u chevelure qui couvre b nuque. lille
\cs jmtiilc» luxut. .s pieds sont cuirissfc. de bafjues et de
titabic idole cmpruntcv à une pagode sacri-e. On se de-
nunJe cuinmctu clic peut se tenir debout et danser malgré ses riches entraves. Sa danse,
moin» expressive que celle que nous venons d'admirer, est plus ék-gante et plus noble,
et u froideur même donne plus de distinction à ses poses.
• Quant au . A toujours le même thème qui se dî-roule sous nos yeux :
DA.NSE AL HAREM h'aprùs le lablciu de Richtcr.
quelque scène inspirée des touchants épisodes du Râmayàna ou de tout autre poème mythologique. «
Ainsi que le disait M. Emile Guimet, les aimées égyptiennes, tunisiennes ou algériennes diffèrent beaucoup des bayadères, dont elles sont loin d'avoir les grâces poétiques et décentes. En Egypte, les aimées portent une longue robe de soie i grands dessins, retenue par une ceinture; leur chevelure noire flotte sur leurs épaules; une simple gaze voile leur poitrine. Au son de la flûte, des castagnettes, du tambour de basque et des cymbales, elles se livrent à des contorsions effrontées.
A Tunis, on trouve des aimées panout, dans les cafés, d.ms les fêtes particulières, dans certaines cérémonies même.
iH)
FLT1-; DE MIT A I.ACillOlAT DaprCs le luhlcau Je litiennc Dinct.
Les OulcJ-Xaïl d'Algérie, parées coinine des idoles, chargées de colliers, pratiquent uniquement la danse du ventre, (^n en voit à peu près partout dans le pays, mais surtout à Ouargla et à Laghouat où, le soir, tout le monde, pt)ur mi soiinli (un sou), peut contempler leurs danses en dégustant une tasse de café.
.■\ux sons de la rhaïla, clarinette au son aigre, du Ibar ou tambour de basque, d'une dhcrhoiika, peau tendue sur un pot défoncé qiii résonne sourdement, et du ihehcl, grosse caisse que l'on frappe au nioven d'un morceau de bois recourbé, s'avancent les aimées. De leurs bras chargés de bijoux, de ceintures de soie lamées d'or, elles couronnent leur tète et marchent balançant leur ventre de tous cotés, se voilant .'i demi, d'une manière moins pudique que provocante.
Les noces juives sont également accompagnées de danses. J'eus le bonheur de pouvoir assister à une de ces fêles. Après que le mariage eut été célébré à la synagogue, je suivis le cortège au domicile des époux. La fête a lieu dans un /^rt/w. De toutes parts, aux fenêtres qui s'ouvrent au rez-de-chaussée, au premier étage, se penchent en grappes humaines des
t.\ n.iSSK A //CM/./.' s J.j:s .|(;/;.v,
. de picrrcric*, undi» qu'un orclicstrc compose d'un liannoniuin, cl d'une nundotine h Ion)* nunclie, fait un bruit assourdissant. I % un instant, chacun devient subitement attentif comme si
i- .ne de grave, que tout le monde sait d'avance. alLtit se produire.
l c s'est avancée, les yeux modestement baissi-s. Promenant ensuite sur les
assistants un iwl lanpourcux, elle referme presque les paupières, et lentement, accompa-
:'4r le ntlmie monotone de l'orchestre et les voix des musiciens, elle s'abandonne
LA <• IIITTA >. llAVSE ALGÉItlENNE D'apri!» une phnlo^raphic-
h la danse en balançant son corps dans des attitudes qui contrastent douloureusement avec le caractère de modestie qu'on s'attendrait ;\ voir conser\er à tous les détails d'une telle cérémonie. Pendant ce temps, des femmes, dans les profondeurs obscures des salles, poussent des yvii, yoii prolongés.
On retrouve des scènes du même L;ciiri. dans l'.Atriquc s.iuvagc. Dans son vov.ij^c à travers le Sahara algérien, le commandant Colomieu raconte une soirée i Metlili pendant laquelle les nègres et les négresses de l'oasis exécutèrent leurs danses en grande pompe. Les instruments de l'orchestre se composaient de c.ist.ignettcs de fer accompaijn.int un chant ps-ilmodic, et danseurs noirs et danseuses «^ms vnilc s'atjitaicnt dans des
LES /) . I V .s E s E T R WC E R E ^•.
contorsions frtnt-tiques qui f;iisaient songer à un véritable ballet de damnés.
Les négresses, excitées par les applaudissements, se livraient à un assaut chorégraphique où les attitudes les plus outrées et les plus hardies alternaient avec des grâces et des minauderies simiesques.
Chez tous les peuples primitifs, d'ailleurs, comme dans les civilisations antiques, la danse est un véritable rite, et, en parcourant le monde, nous la voyons souvent encore associée aux cérémonies reli gieuses, aux fêtes, aux funérailles même.
La secte religieuse des Aïssaouas, en pays musulman, exécute des danses Irénétiques auxquelles j'ai maintes lois assisté. C'est un singulier spectacle de voir cette foule hurlante, excitée par la tuniée des encens, baisser et relever la tête en cadence, en roulant des yeux hagards, tandis que \cs i^iit'lhdïii, longue tresse conservée seule au sommet du cr.uie par les musulmans, voltigent autour d'eux, tantôt couvrant leurs épaules et tantôt retombant sur leur nuque. Le mouvement de la tête et du corps s'accentue, le son du tam-tam grandit, jusqu'au moment oii, pris de délire furieux, les Aïssaouas broient avec leurs dents du bois, du ter et du verre, se briileiu les chairs avec des charbons ardents et avalent des scorpions vivants.
En Amérique, les Indiens Patagons se livrent tous les ans à une fête en l'honneur de l'ila Oiiciilroii, le dieu du bien. Pour la circonstance, ils se graissent les cheveux, se peignent le visage avec un soin extrême et revêtent les costumes les plus extravagants ; mais il est interdit de rire pendant les cérémonies de la fête. Nos sauvages s'alignent, le visage tourné vers le levant ; les femmes sont en arriére. La danse commence alors par un mouvement monotone qui les porte tantôt à droite et tantôt à gauche; les femmes chantent et s'accompagnent en frappant sur un tambour en bois recouvert d'une peau de chat sauvage de couleur bigarrée; les hommes pirouettent sur eux-mêmes en boitant de la jambe opposée à celle de la femme, et soufflent à pleins poumons dans un
iNi: itAV.MjKKi; U'apics k- tableau de l'cralla. {Plwl. L.1111V11I, j M.i.iri.l.)
, , .. ,\./. . . li.Wi:ns LES AGES.
IIAYM>ERK IIIMKll'E Daprt» le tableau de Week».
morceau de jonc creusé. Tout à coup, à un signe du « cacique •, des cris d'alcne retentissent, les hommes sautent vivement à cheval, interrompant brusquement la danse pour se livrer à une cavalcade fantastique.
Une des tribus indiennes du haut Missouri, les Mandans, se livre à la danse des bis«)ns ii l'occasion d'une fête religieuse solennisée par le jeûne, la priùre, les sacrifices et toutes les formes d'une grande dévotion. Huit Mandans, affublés de peaux de bisons encore munies de leurs cornes et de leurs yeux, sont les coryphées de cet étrange ballet. Entièrement nus sous cet accoutrement, bariolé-s de rouge, de blanc et de noir, portant sur le dos un fagot de branches de saule, ils imitent l'aspect et les mouvements de l'animal, tandis que le maître des cérémonies invoque le Grand Esprit. L'allure et la démarche des autres animaux du pavs, scnunts. c.istors, vaiitDurs. utc. fournissent aussi le thème de diverses dan.ses.
Les Indiens de l'Amazone accompagnent leurs grandes fêtes religieuses de processions et de cérémonies tout à fait bizarres. A Exalt.icion de la Santa Cruz, un voyageur a vu, dans une de ces fêtes, une douzaine de maclxiciros (danseurs au glaive), la tête
/. /.•\ i>.\\si:s irrh' \\(ii:i<i:s.
coiffée d'une parure l.utc Je lon<;ue.s plumes c.iuil.iles d'oiseaux et du (in duvet tiré de la yorf^e du toucan, les chevilles revêtues de sabots de cerfs, et un large jjlaive de bois à la main, se réunir sous la conduite de leur chef, lequel brandissait une énorme croix d'arj^ent, et, suivis de toute la tribu, s'en aller de calvaire en calvaire, donnant de l'encensoir et chantant des psaumes. Devant chaque croix, ces « guerriers » exécutaient une sorte de danse allégorique, qui figurait visiblement la soumission des Indiens à rtglise et leur conversion au christianisme. Puis, cette manifestation accomplie, le iiiachekiro, tout baigné de sueur, s'approchait du calvaire avec force génuflexions et déposait au pied du crucifix son glaive de bois et la bizarre auréole qui ornait sa tète.
Les livres de voyages sont remplis de ces descriptions.
ll.WADliUE
D aprc^ le tahlc.lu Je CdI. (.Iitc julorisjliim Je J<:jn lloiiss i.l,
.Wjh;i, Jiiyjiil et Cie, c'Jit.-t'"tr.)
Aux Philippines, les Xegritos exécutent, .'i l'occasion du mariage, une sorte de Pyrrliique. Les hommes se forment en cercle, chacun d'eux appuyant sa main gauche sur la hanche de celui qui le précède; de la main droite ils brandissent l'arc et les flèches avec un air menaçant; ils tournent lentement, par des pas saccadés, en frappant fortement le sol avec le talon gauche. Trois femmes se tiennent au centre de la ronde, criant de toutes Lurs forces un air qui se tient constamment dans les notes les plus aiguës. Un jeune Xegrito, porteur de jarretières en poil de sanglier, et frappant à intervalles sur un tani-
; ns I I s l<;/;\
"UI UC- KMIMKN, \.l, MClU, M>rJ et
vimuiii .iM>. I II! iiujiiui it Miurnuis d'un vulcur qui, fascine par
■• ' -ni d'ctrc >urpri%. C'est le diable, ou du moins un Indien
. , ^iii en remplie \vs fonctions.
;e dans li ^ il1<'< «U- l'Huarancalqui et les régions du Pajoual, dans l'Amérique du Sud, M. l'aul Marcoy a vu, chez des paniculiers, célébrer par des danses la naissance du Christ. C'é- -..lient des dévotions en quelque sorte pratiquées devant des reposoirs repré- M.ntaiu la Nativité, le Kachmoito.
« L'ne douzaine de femmes étaient ssises en demi-cercle autour du Kacitiiictilo devant lequel, sur une petite t.ible, on avait placé deux chandelles, lieux bouteilles et un verre. Dans l'espace resté vide entre cette table et la galerie, une fenmie de cinquante ans et un jeune Cholo exécutaient aux sons de la guitare une danse nationale, qu'ils interrompaient à chaque figure par une révérence faite au reposoir. A côté de la salle du Kaciwiento, il y avait une seconde salle où danseurs et danseuses se trémoussaient ù qui mieux mieux.
<i Dés que des visiteurs se présentaient, une femme de la société, qui paraissait s'être constituée gardienne du Kaàimcnto, se levait, emplissait d'eaude-vie le verre placé sur la table, venait au-devant d'eux et offrait ainsi tour i tour à boire à chaque nouveau venu, quel que fut st)n sexe, en accompagnant cette offre d'une formule singulière. — « Grand merci, » répondait l'homme ou la femme en s'essuyant les lèvres, et se dirigeant vers le reposoir attendant que son tour de danser fut venu. .Après quelques pas de danse exécutés devant le Nacim'unlo et l'absorpticn de quelques petits verres, le danseur ou la danseuse, sufîi-
DANSe Dl' SAIil liapro une eMompe de Kt)uiiu>vu. i» ■■llviiiuii Vcvcrj
LUS D.w.s/cs jrn{.\.\(;i:i<i:s.
DANSK JAI'DNAISl.
I>arr<.> uni; i;>lanipc de Ilarounohnu. ii nlkcUirii \ uvcr.i
.s.imiiiciit ccliaullcs, passaient dans la salle vi)isinc et s'y livraient en bonne ooni)iai;nie à CCS danses de caractère durant des heures entières. "
Le môme voyageur vit au Pérou des funérailles célébrées par des danses.
« A l'instar des héros Scandinaves, dit-il, les Indiens Conihos après leur mort habitent un ciel belliqueux dont les joutes et les tournois sont le passe-temps. Les vierges d'Odin V sont repré.scntées par des Aïlhy-Miicaï (courtisans) qui offrent au guerrier conibo des ■■ montagnes " d'aliments et des « fleuves » de boisson.
« Lorsque les femmes ont enveloppé le cadavre d'un Conibo dans son manteau, qu'elles ont placé dans sa main droite un arc et des flèches, qu'elles l'ont barbouillé de couleurs et ficelé soigneusement, elles entonnent un chant mortuaire, le cbirin^iii, et se livrent .'i la danse. »
On trouverait ailleurs, dans l'Afrique centrale par exemple, des usages analogues. Au cours de son voyage à l'Albert-Nyanza, Hacker assista inopinément .'i une danse funèbre.
« Un jour, dit-il, les nogaras ou tambours battent, les trompettes sonnent; je me mêle en curieux à la foule, et bientôt je me trouve au milieu de la cérémonie d'une danse funèbre.
' ^clcbraiiis oiu un custutiic i>rtgitul. Une duu/aiiic Uv grando plumes d Ji!truvhc ufucut leurs casques; des peaux de létipards et de singes noirs et bbncs sont suspendues ii leurs épaules; de grandes clochettes en fer, attachées 1 une ceinture de cuir, sont au bas de leurs reins, que les danseurs remuent avec les contorsions les plus ridicules; une corne d'antilope, nouée i leur cou, leur sert, quand leur agitation est au comble, à pousser des sons qui tiennent des cris de l'âne et du hibou. Tout le monde '""'• "i 1.1 fois, et sept tvgaras, d'inégale grandeur, font la basse dans ce concert infernal.
1-es hommes, en grand nombre, exécutent une espèce de galop où ils brandissent leurs lances et leurs ma.ssues, en suivant, sur cinq ù six rangs de profondeur, les mouvements d'un chef qui dan.se à reculons, l^-s femmes, en dehors du galop, s'agitent avec lenteur, en pous.sant des cris pl.iintifs et discordants. Plus loin, une longue file d'enfants et de jeunes filles, la tète et le cou enduits d'ocre rouge et de grai-sse, portant des colliers et des ceintures de verroteries, battent la mesure avec leurs pieds, et font rt*sonner les anneaux de fer de leurs jambes en accord avec la batterie des ivgaras. Enfin une femme courait sans cesse à travers les danseurs, saupoudrant leurs têtes avec de la cendre de charbon de bois qu'elle transportait dans une gourde.
« Cette cérémonie devait se continuer plusieurs semaines, en l'honneur d'un assez grand nombre de malheureux qui récemment étaient morts sur le champ de bataille. »
tNE JOFA AUAl.uN.\l.>iE
b'apréa le tableau Je .ManncI Vus. ^l•hul. LjurenI, j MJiriJ.)
IN ISAL .MASyl I-. A L(H'l;UA Dapru-. iinu aquarelle ^l'Kiij;cnc l.anii.
' I,A DANSF. MONDAINE DU SECOND EMPIRE JUSau'À NOS JOURS. — LES lULS DE SOCIÉTÉ. — RECONSTITUTION DES D.\NSES ANCIENNES EN FRANCE
ET À l'Étranger.
EPUis quelques années, on ne sait plus guère, dans les salons, que deux sortes de danses : le Qnadrilk et la Valse. Parce dernier nom, il est vrai, nous entendons désigner toutes les danses qui sont tournées par - un cavalier et une dame », qu'on les nomme Polka, Berlim-, Pas de .jiiatre, etc. : on » volte », on tourne, donc on valse. Nous nous sommes occupé des oriaincs de cette danse dans les pages qui précèdent, nous n'avons donc plus à y revenir.
Vers la fin du xvnf siècle, le Quadrille était déj.'i très très en faveur, mais sous le nom de Contredanse. Chaque maître a danser, à cette époque, se plaisait .i en composer de nouvelles. La
LE MIM 1 1 D après une slalue île Uiporle-Blaizy.
AI /)».V.«f/-; .1 TR.WF.RS LES AGES.
IN SIEMET FANTAISISTE Dspria une lilhn^'raphic de <iavarni. { llitlioihèiue niltnnitc.)
moindre .ictualitc «.Tvait alors de prî-tcxic à une création de ce genre. Mais le feu sacri- s'éteignit, et depuis il ne s'est ravive qu'une fois, lorsqu'cn 1859 l'épliénicn Société académique des professeurs de danse de Paris créa le Quadrille impérial. A vrai dire, le Quadrille lui-même tend, de jour en jour, davantage i |Hrdre de son ancienne vogue. L'entraînant Quadrille « américain » dont, h un moment, le succès fut si grand dans nos salons, est plus négligé encore que notre Quadrille national. II en est de même du Galop, qui fut jadis délirant et même • infernal », avec .Musard, aux bals masqués de l'Opéra : • dansé, gi"siiculé, hurlé » par quatre mille danseurs, il était encore accompagné par le bruit du canon, des cloches en
branle et des chaises cassées
Ces temps sont lointains : dans le monde, on danse moins qu'on ne dansait, et, des bals publics, la gaîté s'est enfuie : elle n'est plus même aux b.ils de l'Opéra! On l'a dit bien des fois de nos jours; mais voici plus de trente ans déjà que les de Concourt ont prononcé l'oraison funèbre de ces fêtes éclatantes. On connaît leur apostrophe aux danseurs : • Mais, saperlotte! ayez au moins l'air de vous amuser! •
Maintenant le faux nez disparait, il a fait son temps comme la joyeuse humeur d'autrefois. Vers la fui du règne de Louis-Philippe, on fibriquait deux millions de faux nez par an : deux cent cinquante mille étaient vendus à Paris, le reste était destiné h la province et .\ l'exportation. On dit que .\L Cuizot songea un instant à mettre aux enchères le monopole des faux nez !
.Aujourd'hui les poètes, les hommes d'esprit, les dessinateurs ont renoncé à s'exercer sur les bals de l'Opéra : Cavarni n'a pas eu de successeur.
Dès l'époque du second Empire, la décadence des bals de l'Opéra s'accentua et put paraître très sensible.
Cependant ils avaient encore lieu chaque .samedi pendant toute la durée du Carnaval, et ils étaient trè-s fréquentés et trè-s brillants si on les compare à ceux de nos jours. Les hommes du monde n'y allaient plus en lanciers polonais ou en débardeurs, comme sous
LA /).! v.s/-: Mnni:ii\i:.
le rèi^nc de Louis-Pliilijipc : ils y paraissaient en liabit iu>ir. Mais les masques, tort nnnibreux et déguisés de la façon la plus pittoresque, se livraient sans désemparer à des danses échcvelées avec un entrain endiablé. Ce fut le temps de Clodocbe, du grand, de i'Iiiiarant Clodoche, de son véritable nom « Clodomir Ricart ".
Ses débuts eurent lieu en l'S5i| au casino Cadet, au " t^liàteau des Meurs ", au casino d'Asnières et au bal de l'Opéra. Il y était simplement remarqué .'i cause de l'originalité de sa danse; mais la création de son fameux Qiuuhillc des chxhKlivs fut un triomphe. Ils étaient quatre : lui Clodoche, Flageolet, la Comète et la Normande. Ces deux derniers s'habillaient en femmes, tandis que Flageolet et lui gardaient des"^costunies masculins. On citait les titres de leurs danses : ks Pompiers île Xinilcnr, les Gendarmes de Liuidenieuii, les Gommeiix, etc., puis les légendes couraient. On disait que les membres de cette troupe désopilante appartenaient au personnel de l'administration des pompes funèbres.
Clodoche tenait à honneur de danser devant la loge d'avant-scène du Jockey- Club ; il y pénétrait même de temps à autre pour y recueillir respectueusement des compliments.
L'Hmpereur, qui entendait souvent parler de Clodoche, voulut, dit-on, le voir. Il se le fit présenter aux Tuileries. Le même soir il v avait bal à l'Opéra, et l'Empereur y a.ssistait dans une loge d'avantscène, revêtu d'un double domino alin de conserver le plus strict incognito. Clodoche e savait, et jamais sa danse ne fut plus délirante, .\vant de se retirer, l'Empereur le lit appeler dans le couloir conduisant .'i sa loge et lui fit remettre un pli cacheté. Il contenait quatre cents francs.
L'automne de sa vie venu, après avoir tourbillonné comme les teuilles, il disparut aussi comme elles. Il s'était retiré à Chennevières, sous les peupliers qui bordent la Marne, dans un chalet bizarre peint en noir, où il tenait auberge. Le désopilant danseur, un beau vieillard, vivait là ses derniers jours en philosophe, fabricant des meubles plus ou moins étranges, car il n'avait pas oublié son premier métier d'ébéniste. Il était
sAi.i r riioRKcuAi'nKjiE i:n (■ah.n.\\ai.
Dapri-s une Iith(i(,'r3pliic ilc (i.u.iini. i IUI'lt"llh\}uc n.ili"ii-iU' )
-v-'"' /..i /i.i.v.v/i .1 tu.\\i:n.s Lies Ai;i:s.
entoure do souvcnîn> Je- m.*s iriumplics, de de-vsins et de photiigrapliies du fameux quadrille. Sur la porte on liviit cette simple enseif;ne : • Au vieux ClodiKlie ».
Ixs fttcs publiques du second Hnipin: ne jlifférèa-nt point des fêtes passées. Hlles n'avaient ni caractùa* civique, ni caractèa* militaire; cV-taient de simples réjouissances populairi-s, dénucx*s d'originalité. Il vaut ta peine cependant de mentionner à ce propos une habitude bizarre. Il était de mode pour les gandins, et toute la jeunevse dorée de cette époque, d'envahir, le l5 août \ minuit, le bal More! et d'en chasser tous ceux qui s'y trouvaient. I-es hommes étaient en veste d'écurie et coiHes de casquettes ; les femmes étaient en robes de calicot et en bonnets de linge, d'où le nom de bal Jes hmncts blancs. Et tout ce monde s'encanaillait i plaisir, se battait, affectant de ne boire que du vin bleu et d'employer un langage très peu raffiné.
Le monde du second Kmpire ne .s'amusa jamais autant que durant la |Krriode qui .sépaa- l'Kxposition de l'année terrible. L'hiver de iJtOîi sunout se signala par un élan plus accentué vers le plaisir; ce ne furent que bals, soirées, réceptions. I^-s bals costumés, qui semblaient en quelque sorte réservés aux sphères gouvernementales, devinrent un engouement pour tous, et plusieurs présentèrent une splendeur exceptionnelle. Li duchesse de Bis.nccia organisa • l'Entrée d'une noce de village »; ce fut un enthousiasme inimaginable. Li belle .Mme de Ikaumont s'y montra en marié-e, Mme de Montgomery apparut en uniforme de cantinière des hussards jaunes de la première République, Mme de Galliffet était parée d'un magnifique costume Renaissance. Tout le Paris élégant et raffiné s'était donné rendez-vous à ce bal. Ce fut une fête unique en son genre, qui rivalisa avec les grands bals costumés du marquis de Chasseloup-Laubat, ministre de la marine.
1-1 comtesse de Montgomery organisa, au cours de ce même hiver, un bal travesti dans lequel un quadrille de « forts de la iialle » avec leurs « bourgeoises » en costume du <' marché des Innocents », un des meilleurs ballets de l'ancien Opéra, obtint le plus vif succès.
Le comte de .\Iauguy raconte qu'à ce bal un « commissionnaire » et un • garde ciiampètre » mystérieux intriguèrent tous les danseurs. « Mais le masque le plus étonnant, dit-il, et le plus remarqué, ce fut un « pâtissier », — le marquis de G.illitfet, si je ne me trompe, — qui, assis sur les marches de l'escalier conduisant au second étage de l'hôtel, interpellait les invités avec une verve trè-s spirituelle et une liberté de langage souvent assez embarrassantes pour le patient, o
En ii%9, la saison mondaine n'eut ni la galté ni l'entrain de l'année précédente. Cependant il y eut, i l'anibass.-ide J'.\utriche, une redoute splendide. Li prin-
/. I m\sn Mni)i;R\/i.
.vM
cesse de Mftternich en domino noir et Mme de Pourtalès en costnnie d'aimée eurent les honneurs de la soirée.
Cette même année, fut donné à l'ilotel de \'ille un magnilîque bal en l'Iionnein' du prince et de la princesse l'rédéric-Charles de Prusse qui séjournaient à Paris. Le |."I janvier i97<), le sénateur préfet de la Seine et Mme Henri Chevreau donnaient une fête admirable où se rendirent toutes les illustrations diplomatiques, politiques et littéraires, ainsi que les représentants les plus considérables de l'armée et de la ma,i;istrature.
IN llAr. MX rill.lîRIES.— l-E QeADRlLI.i; IMPÉRI.M. DANS I.A SAI.I.K DKS MAHi;i MAI X DaprOs le dc^^.ill lie Janct, publie Jans le Mnii.li: IHiisliw
L'arciiiduc Albert d'Autriche et l'archiduchesse v passèrent une heure et se retirèrent émerveillés. Quels sombres lendemains cette fùte devait avoir!
C'est en i8~o que disparut un ancien bal-cabaret, qui mérite d'être mentionné, r Assommoir du Tcmpk. Il avait été fondé en 1846. C'était une vaste salle, éclairée par le haut, divisée en trois nefs parallèles par des piliers en pierre. On jouait au billard dans des tribunes qui régnaient au-dessus des bas-côtés. Une épaisse couche de paille couvrait le sol, généralement encombré de dormeurs.
« Chaque semaine, dit Adolphe Racot, on déblayait le terrain de l'assommoir, et l'on donnait un bai dont les chiffonniers étaient les plus zélés danseurs. »
En 1870, le comité central de la garde nationale s'installa .'i l'assommoir et c'est là
/ I /itVff \ TliWl'n.'i l.Efi AGES
( N II.M. 1 OSTIME EX ASOLETKRHK D'apre» une caricature an)(lai»c
que la Commune de Paris fut dt-cri-té-c et que furent décidées toutes les tentatives ou toutes les mesures révolutionnaires qui désolèrent Paris, depuis le 4 septembre jusqu'aux terribles jours de mai.
Le grand ciief des orchestres de danse durant les dix-iiuit années de l'Rmpire, le successeur de Musard, ce fut Strauss, l'homme à la cravate légendaire; il ne déposa son bâton qu'i l'avènement de la République. En \!'>~^, il se rendit en Angleterre malgré son grand âge, pour assister à l'enterrement de l'Empereur. « Je me souviens, raconte Parisis, d'un incident douloureux qui marqua la réception officielle à l'issue des funérailles. Quand l'Impératrice aperçut le \ieil imprésario, tout cet éblouissant passé de fêtes, auxquelles il avait présidé, se dressa soudainement devant elle. Elle joignit les mains avec une expression navrante, ses yeux se remplirent de larmes et sa gorge de sanglots. C'est que, me disait le père Strauss en nous retirant, je ne suis pxs le premier venu pour l'Impératrice. NLi vie est intimement liée à la sienne, et, depuis sa plus tendre jeunesse, mon nom est inséparable de tous ses souvenirs heureux. I-a première Polka que j'aie composée en 1<S46 a pour titre Eugénie polka et porte cette dédicace : • A Mlle de Montijo •. La Polka faisait alors ses premiers pas dans le monde et n'était pas encore admise dans les salons officiels. C'est l'Impératrice qui lui donna ses grandes entrées à la cour d'Espagne, où elle la dansa pour la première fois avec M. de Couqion, le fils du riche agent de change et le cotillonneur émérite des Tuileries. Plus tard, je l'ai revue à Paris, d'abord dans ce salon aristocratique où tout ce qui touchait .1 l'.irt recevait une si large hospitalité, puis dans cette