‹ La danseChapitre 60 sur 78 · I.A 1-AUASUOI-K · texte numérisé non relu

I.A 1-AUASUOI-K

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spkiuliJc galerie Jcs fctcs oii l.i souveraine .s'ellasait derrière la teniine, et où sa grâce irrésistible tempérait la roideiir du cérémonial obligé. N"est-il pas bien naturel qu'en me revoyant, le contraste de ces époques bienheureuses avec sa situation jirésente ait provoqué chez elle cette explosion de douleur? »

Et tandis qu'il parlait, le vieux refrain me chantait dans l'oreille avec je ne sais quel

accent mélancolique :

As-tu vu Li cravate au père Strauss ?

Autrefois les bals se donnaient d'ordinaire entre la Xoél et le carnaval. .Aujourd'hui la sai.son dansante commence au retour de Nice et linit à l'époque du départ poiu' la mer, c'cst-.\-dire qu'elle va du carnaval au Grand Prix.

I:n ces dernières années, nous retrouvons dans le monde ces fêtes « caractéristiques ■> que j'ai signalées sous l'Empire et oi'i chacim luttait d'ingéniosité dans le choix d'un costume. On n'a pas encore oublié le bal de ■< poil et de plume » ou <■ bal des bétes >>, qui

D'apris le dessin de (j. Dori, putilic dans Se Mun-U lUufirc

LA l>.\\SK A THAVKRS LES AGps

lut donné chez la princesse Je Sa^an. En |8H|, la prince- > .v .suscite Versailles;

en iftfll, elle évoqua Trianon. L'année suivante, elle mettait en action les fables de I^funtainc. Ix Quadrille des • freluns » et des • abeilles », renouveiî Je celui Ju'urL'.uiisa sous l'Huipire Mme Tasclier de la Paierie, fut le clou de la soirée.

\x baron Sellièrc présidait la fête sous le costume de M. de Butlon. Ixs dames s'y montrèrent en ci(;alcs, en cygnes, en hirondelles, en chouettes, en chattes, en perroquets, en sauterelles, en papillons, en chauves-souris, en ibis roses, en serpents et même en tiprcsscs. Les hommes étaient déguisés en corbeaux, en écrcvisscs, en coqs, en aigles,

SORTIE DE BAL MASQl E iJaprc» le lablcau Je MaJrazo. (Phol. Laurent, j .i/j.iii i.i

en chouettes, en hérons, en chiens bassets, en canards, en dindons, en girafes, en singes, etc. Li princesse était déguisée en paon, et le déguisement était magnitique. La jupe de satin bleu était voilée d'une dentelle en point de Venise or et argent, retenant sur les côtés des plumes de paon également or et argent. Le corsage formait le corps de l'oiseau, et la queue déployée en éventail auréolait le buste. Li coiffure Médicis se terminait par un diadème diamanté avec, au-dessus, l'aigrette tremblante du paon. Sur le devant s'avançait le bec de l'oiseau.

Et tout ce monde fantastique et charmant peuplait un étrange clair de lune violet qu'épandait la lumière électrique.

Déjà, en i883, on avait eu le bal des • hirondelles » chez Mme la comtesse de la .\Iar-

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tinièrc. Dnns le jjrand salon, transformé pour la circonstance en un jardin japonais, scintillaient les plumages des colibris, des cardinaux, des inséparables, des bengalis, des rossignols, des moineaux, des pinsons, des mésanges. On remarqua surtmit un ballet d'hirondelles d'une gracieuse originalité.

Cette même année, la « Société fraternelle des officiers en retraite » avait donné à l'hôtel Continental un bal costumé dans lequel on vit figurer tous les costumes militaires qui avaient été en usage depuis le moyen âge jusqu'au milieu du xix" siècle. Ht c'était un singulier spectacle que ces archers, ces reitres, ces mousquetaires coudoyant les soldats du premier Empire et de la Restauration.

Dans certains pays étrangers, les bals « caractéristiques » font toujours fureur. A Vienne, durant le carnaval, les corporations se réunissent pour danser, et c'est à qui trouvera l'idée la plus originale. Le plus extraordinaire de tous ces bals a été le « bal des gueux » ou « bal de la canaille », organisé en i"8.^. On y allait en haillons, avec des vêtements en lambeaux, des redingotes déchirées à plaisir, car l'habit noir était sévèrement banni.

En Belgique, tout l'entrain du vieux carnaval semble s'être réfugié dans la petite ville de Binche. C'est là qu'on voit les Gilles portant im costume à deux bosses, bariolé,

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clu]K-Ju retroussé sur le devant et garni de plumes, sonnettes à la ceinture.

Acconipagni*s citacun par un porteur d'oranges, ils parcourent les rues par bandes de trente à quarante, sautant et dansant aux sons d'un orchestre qui les précède. Le bourgmestre les reçoit .i l'Iiotel de ville, comme les autres sociétés locales, et IcurotTri.le vin d'honneur.

lin fait de bals singuliers, je ne saurais oublier celui que donnèrent, par delà les mers, les Mormons réunis à Sait Lakt City.

L'élément dominant était, d'ailleurs, l'élément européen, anglais, écossais, irlandais, Scandinave et allemand. Avant les premiers entrechats, le frère B^rown apparut, appelant la bénédiction de Dieu sur les exercices chorégraphiques des « saints du dernier jour ». Puis, gravement, le bal commença aux sons d'un orgue flanqué de deux violons. On dansa nombre de Menuets, de Quadrilles, de Cotillons et même une Valse, danse généralement prohibée comme dangereuse. A minuit sonnant, le frère Brown reparut et clôtura le bal par une prière.

A côté des bals bizarres ou originaux nous trouvons, dans le monde parisien, des letcb ciiarmantes où présida le goût le plus exquis.

La fête japonaise de charité donnée à l'hôtel de la Rochefoucauld, et Loinposee d'une représentation dramatique, d'un bal et d'une série de divertissements japonais, fut admirable. L'amb;issadeur du Japon arrivant à cette fête s'écria, avec un geste de surprise : « C'est la patrie que»je retrouve! »

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