‹ La danseChapitre 8 sur 78 · POSITION DES MAINS DE DANSEISES GRECQUES · texte numérisé non relu

POSITION DES MAINS DE DANSEISES GRECQUES

1. Les gra%-urcs que nous reproduisons ici sont empruntées à l'intéressante étude de M. Maurice Emmanuel : La Danse antique (Hachette et C'*, éditeurs). — L'auteur a bien voulu nous autoriser exceptionnellement, et comme éditeurs de son ouvrage, à reproduire dans notre volume ces figures qu'il a recueillies sur des documents antiques. Elles nous donnent une idée très exaae des mouvements exécutés par les danseurs grecs et que nous retrouvons dans la plupart de nos danses modernes.

LES DASSES ASTiniES.

. aumoins autant qn\m danseur.... Pour juger lorchcstiquc grecque dans ses représentations par les monuments figurés, il est indispensable d'envisager toujours la complexité

du rôle dévolu à ses interprètes. -) Telle est la conclusion que nous empruntons à M. Hnmianuel.

'' Le danseur grec,

ajoute-t-il, ne consentait à

perdre son indépendance

que dans les ensembles où la figuration ciiorégraphique exigeait que chacun acceptât

de se pliera la règle conmiune, dans l'intérêt de Vimilalkm en masse. Dans tous les autres

cas, il se faisait libre, afin de rester entièrement maitre de son hnitalhm individuelle.

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TIIKOKIE DE DA.NSEIRS GRL» S

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PAS i)i; i)i;ix Daprcs iiii vase Ju iv sicclc.

« La danse à deux, — homme et femme, — telle qu'elle est pratiquée dans les salons, aurait paru aux anciens un non-sens : ne transforme-t-elle pas le couple en un personnage hybride qui ne peut plus rien exprimer par ses mouvements et à qui tout geste devient

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ClIlKrU DE DANSE D'après une amphore à rosette de basse époque.

mipo.ssible ? Dans nos danses de société, l'homme et la femme s'enlacent étroitement : chacun des danseurs conserve uniquement l'usage de .ses jambes ; le haut du corps et les bras sont presque immobilisés. Même les mouvements des jambes se trouvent limités ■i tel pomt, qu'ils se réduisent à la répétition monotone des mêmes formules.

l..\ DASSE A TRAVERS LES AOES

> , .iiilancc est si chère au danseur grec, <juc l'homme ci la femme, en formant un couple orchestique, paraivscnt craindre de se toucher. Ils s'agitent en face l'un de l'autre, sans souci de la simultan^-ité de leurs mouvements, ni de leur symétrie. Au milieu des Bacchanales, on peut fréquemment reconnaître des groupes de deux - - ou de trois — danseurs qui, tout en exécutant des pas, miment une scène erotique. C'est dans cette mimique qu'il faut chercher la raison d'être du groupe, — dans cette comédie amoureuse qui se joue en même temps qu'elle se danse. (' Toujours, partout, le danseur grec imite. »

Tandis que la Grèce brillait par l'éclat de ses fêtes, célébrant par des danses légères,

parfumées de fleurs, les muses, l'amour, la gloire et la beauté, Rome, sévère et primitive, n'avait qu'une duise guerrière, au caractère sauvage, la Mlicrcpa, instituée, disait-on, par Roniulus en souvenir de l'enlèvement des Sabines.

Plus tard, la nymphe Egérie aurait, suivant la légende, mystérieusement révélé une chorégraphie nouvelle à Numa l'ompilius, le souverain pacifique qui n'ouvrit point le temple de Janus et s'attacha à policer les mœurs romaines. Certains auteurs en attribuent l'invention à Salius de .Mantinée ; quoi qu'il en soit, N'unia institua les prêtres Saliens choisis, au nombre de douze, parmi les nobles de naissance. Ils avaient pour mission de célébrer par des danses les dieux et les héros. Revêtus, pour ces cérémonies, de longues tuniques de pourpre, un baudrier d'airain attaché à l'épaule, la tête ornée d'un casque au brillant cimier, ils frappaient en cadence de leur courte épée sur Vancylc, bouclier sacré de provenance divine. Hn dehors de ces danses militaires et sacrées, processions monotones plutôt que danses proprement dites, que les prêtres Saliens exécutaient aussi pendant les sacrifices et dans les rues, la cité sévère n'assistait qu'aux jeux de cirque. « Rome héroïque et barbare, dit Élise Voiart, conservait reUgieusement le souvenir du premier des Brutus,

IfANSK DE BACCHANTES UcprcKluction d'une gravure ancienne, d'après N. Puuuin.

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Ti;ui'Si( iioKi; Dap'''-'' "" Mblcau ilc Schulzcnhcrf;cr. (.Vh.mv .tu A,«.ivmf"«rv.i

applaudissait au désespoir de \'irginius, et dévouait la tête du décemvir aux dieux infernaux. Livrée tout entière à ces grands événements, la cité reine ne connaissait pas encore ces distractions fastueuses, mais nécessaires aux peuples depuis longtemps civilisés. '<

Elle devait y arriver bientôt.

Tite-Live nous apprend qu'en l'an .i()<>, on imagina, pour apaiser les dieux et distraire le peuple terrorisé par la peste qui décimait la ville, de lui donner le spectacle de jeux scéniques.

Cependant l'Étrurie, beaucoup plus civilisée que la Rome d'alors, cultivait les arts; elle avait ses danses religieuses, ses mimes et ses représentations étranges qui devaient avoir tant d'influence sur les Romains. Beaucoup de danses étrusques, sacrées ou funèbres, sont reproduites sur des fresques qui nous ont été conservées, et nous pouvons nous faire une idée assez exacte des origines de l'art de la danse en Italie.

Les Ludions arrivèrent d'ttrurie, accompagnant leurs danses passionnées du rythme des flûtes. On les nomma histrions, du mot toscan histcr, qui signifie « saltateur », dit encore Tite-Live; et, au lieu d'emplover des vers libres comme ils avaient fait jusqu'alors, car ils n'avaient point de poèmes écrits, ils s'elTorcèrent bientôt de suivre un plan déterminé, d'accorder le rvthme et la cadence en mesurant leurs gestes. La jeunesse romaine s'y exerça à son tour et régla, au son des instruments, la déclamation des poèmes.

Plus tard, les arts de la Grèce arrivèrent .1 Rome, et la danse, accon par la

i6 / .» hASSE À TKWKRS LES ACES.

lyre, lj cythare, h flûte et les crotales, brilla d'un vif iclat dans les cérémonies du culte. Souvent alors elle fut grave, mais clic s'efforça aussi d'exprimer, en dehors des fôtes sacrées, la joie et la tendresse. Grpcndant la danse de Lycurj'ue, VHormos, oublia sa gracieuiie origine pour devenir plus belliqueuse' ; la Crue dégénérée n'était plus qu'une distraction pour les villageois, dit Lucien, et les danses romaines, perdant leur caractère pudique et leur pureté, ne peignirent déstirmais que la volupté et l'obscénité.

• Au milieu de l'automne, dit \'ictor Duruy, Messaline représentait dans son palais une scène de vendange; les pressoirs foulaient les raisins; le vin coulait dans les cuves; des femmes, ;\ demi vêtues d'une peau de daim, comme les bacchantes, dansaient à l'entour, tandis que Messaline, les cheveux épars, le thyrse en main, et Silius couronné de lierre accompagnaient des chœurs lascifs. »

L'austérité des vieux Romains venait en effet de leur pauvreté bien plus que de leur conscience, dit le même historien ; il avait suffi de deux ou trois générations pour que la cité, qui n'avait connu que les maigres festins et les fêtes rustiques, devint une ville de bombance et de plaisir.

« Lorsque j'entrai dans une des écoles ou les nobles envoient leurs fils, s'écrie Scipion limilien, j'y trouvai plus de cinq cents jeunes filles et garçons qui recevaient, au milieu d'histrions et de gens infimes, des leçons de lyre, de chants, d'attitudes; et je vis un enfant âgé de douze ans, le fils d'un candid.it, exécutant une danse digne de l'esclave le plus impudique. >>

Les Romains connurent donc comme les Grecs les danses sacrées, de même qu'ils connurent les danses militaires, les danses thé.itrales et les danses privées.

En dehors de la danse sacrée des Saliens qui, née à Rome, conser\ait un caractère guerrier, les Romains empruntèrent aux Grecs les Bacchanales, dont l'origine en Hellade était religieuse. Mais, après avoir été réser%ées aux prêtres et aux prêtresses de Bacchus, elles accompagnèrent les fêtes nuptiales, tous les citoyens y prirent part, et ces danses, qui av.iient honoré le culte et traduit l'amour, se transformèrent en danses lascives et en orgies.

Les Lupercales célébraient le dieu Pan le 1 5 des calendes de mars. Les prêtres du dieu, les Luperci, entièrement nus, parcouraient en dansant les rues de Rome, et parfois, armés d'un fouet, cinglaient la foule. Différents mimes suivaient les processions et les

I . « Mincn-e s'approche. Pris d'elle, armC-cs de glaives nus, marchent la Terreur et la Qaintc, comp.iL'iics habituelles de la déesse des combats. A sa suite, un joueur de flûte sonne l'Hormos belliqueux et, mcLint aux sons sourds de son instrument des accents aigus pareils à ceux de la trompette, il donne aux chants qu'il module un caractère plus mile et plus animé. » (Apulée.)

L i-:s i). i .v.v A\ . I v rin ii:s. 2-

iincraillcs avec les pleureuses et l'archimime qui retrasait la vie du défum, atfublé d'un masque dortnant l'image tîdèle du mort.

Jusqu'au siècle d'Auguste, la danse fut livrée aux obscénités des célèbres mimes, bouffons toscans. C'est par là que leur intluence a été funeste au développement de la chorégraphie romaine.

\:n développant la pantomime, déjà esquissée dans la mimique grecque, mais créée

LA DA.NSE DES QUATRE FE.M.MES Kcproduclion dune gravure de Zoan Andréa, d'après un de>sin de .ManUt;na

véritablement par les étrusques, les Romains en firent un spectacle nouveau. Les Ludions avaient vaguement représenté à Rome des scènes qu'on pourrait appeler les premières pantomimes, mais l'invention du véritable drame mimé parait due à Fyiade et Bathyle, deux célèbres acteurs qui .se partagèrent l'enthousiasme du public sous le règne d'.\ugiiste. Le premier, né en Cilicie, créa des ballets du genre noble, tendre et pathétique; le second, venu d'Alexandrie, composa des cliaurs de danse vifs et légers. Tous deux étaient des esclaves affranchis.

Les pantomimes et les archimimes jouissaient d'une telle faveur, que plusieurs turent parasites des dieux. Certains même furent admis au rang des prêtres d'.ApoIlon, dignité recherchée par les citoyens les plus illustres.

« Les acteurs pantomimes avaient, dit Buteux, la prétentii" .", Muln o- Ks idées

î" /• I />.I.V.V/? ,i TltMt-JiHS LKS ACES.

intclIcctuclli-N, comme les temps ^xssH ou fiiturs, des nisonnemcnts. ccc. ; bien que ce fût à l'aide de »!Cstes de convention, ce n'en était pas moins excéder les bornes de l'art. Un Ncul acteur représenta d'abord plusieurs personnages; deux acteurs ont quelquefois suffi |Hiur une pièce, peu compliquée sans doute et plutôt une scène qu'une pièce entière. Par la suite, le nombre des acteurs augmenta et finit par épier celui des personnages. • Nous ne pouvons nous former qu'une idée très imparfaite du degré de perfection auquel atteignit, chez les Romains, l'art de la pantomime. Klle embrassait chez eux tout ce qui concerne la fable, la poésie et l'histoire. Les acteurs traduisaient par des gestes ou des mouvements d'une st)uplesse et d'une précision singulière les sensations les plus subtiles, et les spectateurs entendaient ce langage; il leur parlait même plus vivement que la déclamation. Et ce principe imitatif, ces nuances et cette force d'expression muette firent, de la danse chez les anciens, un grand art. D'ailleurs la danse, privée de cet

élément supérieur, n'est plus qu'une suite de pas cadencé-s qui intéressent simplement comme un gracieux exercice. Ce qui l'élève et i ennoblit, c'est précisément le principe imitatif qui lui est commun avec les autres arts.

La passion des Romains pour la

p.mtomime s'explique comme leur mépris

pour la danse quand celle-ci, ayant perdu

son caractère élevé, ne se prêtait plus qu'à

^ l'expression de jeux obscènes.

Par le mot sallalio, les Romains

n'entendaient p.is l'art de sauter, comme on

pourrait le croire, mais l'an du geste en général.

D'après Varron, ce mot ne venait point du mot

latin saillis, mais du nom de l'Arcadien Salins qui

enseigna cet art aux Romains.

Au dire de Lucien, un prince de Pont, étant venu à la cour de Néron, assista à une représentation au cours de laquelle un pantomime célèbre imitait en sa danse les travaux

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