‹ La danseChapitre 9 sur 78 · DAKSE DE BACCHANTES ET DE SATYRES · texte numérisé non relu

DAKSE DE BACCHANTES ET DE SATYRES

Va»c BorRhcM. (itfiMrt ju Louirc, J'Hercule. Les gestes du danseur étaient

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IN I-ICSTIN t IIEZ I.ICII.I.IS D'après le tableau de Unulanjrtr. (.licv Jiilorisjlinii Je M.\t. J. Ilniissn.i, .hjitci cl Ji>y.iitl, c.iil.-p>d(T.i

d'une telle expression et irune telle clarté, qu'ils permirent à l'étranger de suivre l'action sans qu'il y eut la moindre hésitation dans son esprit. Il en lut frappé à tel point qu'en prenant congé de l'empereur, il le pria de lui faire présent de ce danseur. Ht comme Xéron était surpris de cette demande qLi'il ne s'expliquait pas, le prince lui exposa qu'il avait en son voisinage un peuple barbare dont personne n'entendait la langue, et que la pantomime traduirait si lidèlemeut par des gestes ses intentions, qu'ils les comprendraient aussitôt.

L'épisode est vraisemblable : durant un voyage en Sicile, j'ai pu constater que les Siciliens ont l'habitude de s'entretenir longuement en.semble par des gestes qui échappent au voyageur non prévenu. Cette tradition des Siciliens remonte haut dans l'histoire. Le soupçonneux Hiéron, roi de Syracuse, craignant des conspirations du peuple, avait, prétend-on, défendu tout entretien; ses sujets eurent alors recours aux gestes. Depuis des siècles, les Siciliens sont réputés les meilleurs pantomimes de toute l'Italie : peut-être doivent-ils cette supériorité à l'exercice du langage muet, qui est chez eux de tradition et qu'ils apprennent dès le plus jeune âge.

Ln historien de l'antiquité a dit, avec beaucoup d'esprit, que Wiiiu' dmise dans les

i, LA DASSE A THAl'EliS LKH AGES.

ytux. Il est vrai que les moindres mouvemcnf> ''^ l'l>»c se trjJuLscui dans le regard avec

une mobilité extrême.

C'est en dansant que Salonid- obtint d'Hérode la tête de saint Jean-Baptiste. « Mlle dansa, dit Haubert, devant son trAne dor, en effeuillant des fleurs, comme aux pieds dune idole. U-s grandes lampes qui brûlaient suspendues à la voûte du palais lais.iient itinceler de mille feux magiques les calcédoines et les perles de ses colliers, les larges anneaux d'or incrustt-s de pierreries qui cerclaient ses bras et ses poignets, les voiles noirs lami-s d'or et les étoffes légères et chatoyantes qui flottaient au-dessus de ses pieds chaussés de petites pantoufles en duvet de colibri. »

Elle dansa « comme les prétresses des Indes, comme les Nubiennes des cataractes, comme les bacchantes de Lydie, pareille à une fleur que la tempête agite. U-s brillants de ses oreilles sautaient; de ses bras, de ses pieds, de ses vêtements jaillissaient d'invisibles étincelles. »

Hérode, enthousiasmé, lui offrait en récompense jusqu'à la moitié de son royaume : elle ne voulut avoir que la tête de Jean, qu'il dut accorder malgré lui.

Les Romains, en général, ne s'adonnaient p.is eux-mêmes à la danse, mais ils aimaient passionnément voir danser.

Pendant longtemps, chez eux comme en Grèce, seuls les hommes eurent le droit de se montrer sur la scène : des jeunes gens jouaient des rôles féminins. Plus tard, les femmes, qui n'étaient même point admises chez les Grecs à jouer la tragédie ni la comédie, prirent à Rome place sur la scène à l'occasion des pantomimes. On cite .•\rbuscula, Thymèle, Licilia, Denise, Cythéris et Valeria, Cloppia parmi les plus connues. Nous avons dit que la danse théâtrale avait alors atteint à Rome une perfection inouïe. La cité dégénérée se passionnait tout entière pour deux danseurs rivaux : Pylade et Bathylle. Les plus graves questions d'État étaient négligées pour eux; non contents d'avoir affolé les dames romaines, ils gouvernaient les sénateurs et les chevaliers. Rome n'était plus dans Rome là où n'étaient plus Pylade et Bathylle. Leurs intrigues mettaient la république en émoi, comme devaient le faire plus tard les factions des Verts et des Bleus, à propos des jeux du cirque et des courses de chevaux.

« Les démêlés de Pylade et de Bathylle occupaient les Romains autant que les affaires les plus importantes de l'État, dit de Laulnaye. Ils étaient tous ou Bathylliens ou Pyladiens. En parcourant l'histoire des troubles qu'excitèrent ces deux histrions, on croit lire celle de ce peuple léger dont les querelles sur la musique ont été si longues, si opiniâtres, et surtout tellement vides de sens, qu'on ignorait encore sur quels pomts roulait la dispute, lorsque le philosophe de Genève écrivit cette fameuse lettre à laquelle

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on n'.i point fait de solide réponse. Auguste réprimandant un ji>ur Fylade sur ses rixes continuelles avec Bathylle : « César, lui dit le saltateur, il est de ton intérêt que le peuple s'amuse de nos querelles; elles l'empéclient de prendre garde à tes actions! » Réponse hardie sans doute, mais qui prouve combien les disputes des pantomimes occupaient les Romains. Nous voyons même qu'ils furent sur le point de se révolter lorsque Auguste exila Pylade, et que le maitre du monde, jhhu- les apaiser, fut contraint de rappeler cet histrion.

« Les auteurs anciens nous donnent différentes raisons de la disgrâce de Fylade. Dion Cassius l'attribue aux intrigues de Rathyllc, Macrobe aux disputes d'Hylas et de Pylade, Suétone à l'effronterie de ce dernier qui montra du doigt un des spectateurs qui l'avait sifflé. Rien n'est sans doute moins intéressant qu'une pareille discussion. Au surplus, la hardiesse de Pylade, si le fait rapporté par Suétone est vrai, n'aura plus rien d'étonnant, lorsqu'on saura qiie, représentant un jour Hercule furieux, il tira des flèches sur les spectateurs. Répétant cette scène en présence d'.\uguste, il se permit la même licence, et l'empereur n'en témoigna aucun ressentiment, tant il possédait l'art de la dissimulation. Une autre fois, Pylade jouait le même rôle en public, quelques spectateurs (c'étaient sans doute des partisans de Bathylle) trouvèrent ses gestes outrés. Piqué de cette critique mal fondée, il ota son masque et leur cria : « Fous, c'est un furieux que je représente! »

Au cours d'une représentation théâtrale, Hylas tenait le rôle d'Œdipe. .\\\ moment où il venait de se crever lui-même les yeux, son rival Pylade, qui assistait à la représentation, lui cria : « Tu vois encore! » Hylas avait imparfoitement rendu la démarche incertaine et pleine d'appréhension qui caractérise les mouvements des aveugles.

I.KS l'I.AlSIHS W. l.A DANSE I) après uiiL- gravure aiiu'laisu ilu commcnccmcnl ilii siiiclo.

I V.STi .1 TttWKRS LES AGES.

b'aprcs 11

KTfllKS DE tUNSEl'RS

liali»ta Franco. Musft Ju {.outre.)

(.X m^inc Hylas fut battu tic verges, dit Suétone, sur ta plainte du pK-iir. Ce rude chiktiment c au fameux mime a lieu de surprendre, et aucun auteur ne donne la raison de cette dérogation aux ri:gles établies. En effet, Auguste, entre autres privili'ges accordés aux pantomimes, leur avait donné celui de n'être placé sous la juridiction d'aucun magistrat et avait décidé qu'ils seraient soustraits au supplice des verges'.

Est-ce à cette décadence -qu'il faut attribuer le mépris des Romains pour la danse? Cicéron dit : • Nul homme sobre ne danse, à moins d'être fou ». Il reproche au consul Gabinus d'avoir dansé. Horace reproche aussi la danse aux Romains comme une infamie. Salluste, s'adressant avec aigreur à une dame, écrit qu'elle a dansé avec beaucoup plus d'art qu'il ne convient à une honnête femme. Li danse s'était donc profondément pervertie. Les mimographes étaient si corrompus, d'après Valère Maxime, que les Massiliens ne voulurent point leur ouvrir un théâtre, de peur de voir corrompre leurs mœurs par le spectacle de leurs obscénités.

Ln dépravation avait atteint un tel degré, que Domitien chassa du sénat des Pères conscrits qui s'étaient déshonorés en dansant. Tibère, Néron, Ciligula avaient proscrit les baladins, mais pour les rappeler ensuite. Trajan montra plus d'énergie, et pendant plusieurs années il y eut quelque apaisement. Mais les mimes retrouvaient d'ardents appuis auprès des succe.sseurs de Trajan. Constantin, qui avait chassé les philosophes de

I . <• Oct.ivc, dit de Laulnayc, punit du nicnic supplice Stiphanio, auteur ou acteur de ces sortes di c Ici Romains apfcl.iicnt .' ircc que les acteurs y étaient revêtus de la toge. La vie

dt - ■' otlre une p.irticularité rei; . c'est qu'il dansa .i deux repriso dilîérentes aux célébra-

tions des jeux Séculaires. Quoique ces jeux, ainsi que leur nom l'indique, ne dussent avoir lieu que tous il. . et que la formule du crieur public fut d'.mnoncer des solennitc-s qu'aucun homme existant

Il ni ne verrait jamais, néanmoins l'empereur, qui se moquait des lois et des institutions,

voulut célébrer les jeux Séculaires longtemps a\-ant que le siècle fût révolu depuis ceux d'Auguste, et Stéphanio, qui avait dansé dans ces dentiers, figura encorv dans ceux de Claude. •>

/. /; .'V n.\ v .S' fi s .1 V Tinr /•: .s. r,,^

Rome, y conscrv.i trois iiiillc danseurs. CY-t.iit l.i décadence, les mœurs romaines étaienc protondément altérées, la tîn de l'empire approciiait.

Fn dehors des danses licencieuses du théâtre et des jours de fête, les Romains, toujours à l'exemple des Grecs, appelaient des chœurs de musiciens et des danseurs pour cj;ayer leurs festins. Les uns .se montraient détruises en nymphes, d'autres en néréides, d'autres enfin entièrement nus.

Durant assez loni^temps, les GaJilaiics, célèbres saltatrices de Cadix, passionnèrent l.i vieille Rome. La danse des Gaditanes était si brillante, si ardente même, i]ue les poètes

ETUDES DE DANSELRS D .ipri-s un dessin à l.i sanf;uinc de Batisla Franco. (Musée Jii l.nuvrc.)

déclaraient qu'aucune expression ne pouvait rendre l'étrange charme dont elles enveloppaient les spectateurs.

Un grand nombre d'auteurs anciens en ont fait mention. Martial, qui était Espagnol, les a célébrées dans ses épigrammes. Pline le Jeune en parle dans une lettre à Septicius Clarus; Pétrone, Silias Italicus, Appien, Strabon et nombre d'autres ont signalé le côté séducteur et troublant des danses esp.agnoles de leur temps.

Un auteur allemand, parlant des danses de l'antique Gadès, a dit qu'elles étaient <i la poésie et la volupté ». Un écrivain anglais prétend que la célèbre Vénus Callipvge représentait une danseuse gaditanc en grande f;iveur à Rome, probablement la Teletliusa que chanta .Martial. Dans .ses Glanderas de Cadix, le chanoine Salazar, qui vivait au xvii'' siècle, dit que les danses andalouses de son temps n'étaient autres que celles si célèbres dans l'antiquité.

V, I.AD.WSKA travers les AGES.

» I.C P. Marti, doyen d'AIicantc, dit le barun Davillicr, connaisuit à fond les dan&c-s m faveur de wn temps à Cadix, et qu'il apiK-lait « délices gaditanes », dfliciat gadilanas. Si noas l'en croyons, c'étaient bien aussi les danses anciennes, mais très perfectionnées. A tel point que celles-ci et même la fameuse CborJaxa phr)-f;ienne ne devaient être auprès que de simples bagatelles. »

I. 'usage des ctstagneties, qui s'est perpétué pendant prés de deux mille ans, prouverait combien les danses espagnoles antiques ont de rapport avec les danses actuelles. A Rome, comme aujourd'hui en Espagne, les castagnettes rythmaient la danse populaire. \.Kf> cnsliihuflai espagnoles sont, ù quelque différence prés, les crotalia des anciens. Les castagnettes comme les crotalia .se composent de deux parties creuses qui, frappées les unes contre les autres, produisent un bruit sec; leurs formes et leurs dimensions sont les mêmes aujourd'hui qu'autrefois. Leur composition seule différait, c.ir les crotalia étaient quelquefois en bronze.

IDYLIX U'Après un tableau Je .Mme Dcmonl-Brcton.

LA DWSi; l> AlMil.l.ON r.T l)i;s Ni;i !•■ .MISliS D'après une fresque do Jules Romain.

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