LE MAITRE DE DANSE
331. La Chorégraphie. Le Maître de Danse. — L'éducation orchestique s'achevait sous la direction du Maître de Danse :
rôp-j^TioToStSàoTtaXoç. A l'exception de la Pyrrhique, qui est pour ainsi dire une danse d'État et rentre dans l'enseignement officiel du Pédotribe, toutes les danses de caractère sont du ressort de l'orkhêstodidaskalos. C'est lui qui règle les divers Pas exécutés par un ou par plusieurs personnages, qui dispose les Ensembles et qui forme les Chœurs, La partie mimétique de la danse est plus particulièrement son domaine, et il a la haute charge de l'instruction des Chorentes. Il les prépare à jouer dignement dans la tragédie et dans la comédie leur double rôle de chanteurs et de danseurs, qui fait d'eux, en même temps que des acteurs, des décors vivants. L'orkhèstodidaskalos est donc un Maître de Ballets dans l'acception du mot la plus étendue.
Mais il donne également des leçons en cille. Les citoyens qui veulent apprendre de la danse autre chose que les mouvements gymnastiques auxquels ils ont été formés dans leur enfance par le Pédotribe, s'adressent au Maître de Danse. Il faut se représenter celui-ci comme un personnage important, honoré, comme le dispensateur d'un art tenu en très haute estime.
332. La Technique précédemment exposée (85 à 323) est un formulaire des principaux mouvements gymnastiques (cpopai) de la danse, abstraction faite des groupements des danseurs entre eux et des Ensembles orchestiques. Le danseur a été considéré jusqu'ici
à l'état d'isolement.
Il nous reste à interroger les monuments figurés sur les modes d'association des danseurs qui se meuvent simultanément, sur les formes que prennent les Pas de Deux, les Pas de Trois, etc., et les Ensembles composés d'un grand nombre de personnages, en un mot sur les traces conservées de la Chorégraphie.
Malheureusement les peintures de vases et les reliefs qui représentent des Chœurs lyriques ou des Chœurs du théâtre sont rares et peu instructifs. Les difficultés de la perspective en profondeur, insurmontables pour les artistes grecs, sont la cause de cette insuffisance.
Nous rattacherons la Pyrrhiquelila Chorégraphie, bien qu'elle fiU
enseignée dans les palestres et que Timportance des mouvements gymnastiques y soit prépondérante ; mais elle est en même temps une « imitation » et donne lieu k des Ensembles essentiellement décoratifs. Ici encore il faudra nous contenter de peu. Les monuments figurés ne sont guère explicites sur les danses en armes.
Nous serons mieux renseignés sur les Danses Funèbres^ dont une longue série de vases nous montrera la lente évolution.
La Chorégraphie
La Mimique funèbre. — Les jeux rythmés
PAS DE DEUX
333. Dyssymétrie décorative. — Les mouvements exécutés par les deux danseurs sont rarement semblables; et, sMIs sont de même nature, le peintre ou le sculpteur ont eu soin de ne pas les fixer tous deux au même moment ^ (282). Il en résulte une dyssymétrie décorative toujours préférée par les artistes grecs aux pendants rigoureux. Elle doit correspondre en même temps à des habitudes orchestiques constantes, car elle ne comporte guère d'exceptions.
[On ne trouvera jamais, en ns^à'ÇiSy deux danseurs représentés au même moment d'un même mouvement, ou à deux
moments antinomiques (277] d'un même mouvement. La figure 484 est, selon le goût des Grecs, une véritable hérésie décorative, les deux personnages y étant exactement symétriques. Le danseur A est le schéma du danseur 2 de la planche L Le danseur B est par restauration son antinomie. Nous n'avons construit cette figure que pour l'opposer à celles qui suivent.]
Fig. 48t.