Pyrrhique & un
— lia présence constante de l'aulètc, qui joue de la flûte double à côté du Pyrrichiste, témoigne de l'intervention du rythme dans les exercices de celui-ci.
Fig. 531 : l'éphèbe tournoie en IV croisée (267), ou plus exacte-
Fig. 531.
CHŒURS DK DANSIi- SS3
ment, il va exécuter ud mouvement de volle-face dans lequel la jambe gauche sera le pivot.
Fig. 532 : la guerrière, sanglée dans son costume collant, vient de faire volte-face : elle se dirigeait vers la gauche et s'est brusquement retournée pour parer et frapper à droite.
Fig. 533 : le jeune Pyrri-
chiste se livre, sur une sorte d'estrade basse, à des sauts en hauteur, sur place, qui paraissent être des Jetés croisés alternatifs (321) ; il est représenté pendant la période de suspension (222).
Ce peltaste qui rampe (lïg. 534), ces personnages agenouillés (fig. 535 et 536) ', sont des combattants figurés dans la mêlée d'un
engagement. Ils exécutent des mouvements et prennent des poses que Xénophon et Platon signalent parmi les feintes de la Pyrrhique.
!U LA CHOREGRAPHIE.
A ce titre noas pouvons les regarder comme des danseurs. [Souvent le guerrier (juî lutte agenouillé a le bras gauche enveloppé dans sa chfamyde, dont il se fait un frêle bouclier.]
Les amphores panathénaïques (10) présentent plusieurs figurations d'un lanceur dejavelot qui court suivant la formule décrite (78), et s'arrête brusquement, pour transformer ainsi le mouvement de la course en force de projection. On peut voir encore dans ce motif un des exercices usités par les Pyrrichistes.
360- PyiThique & deux. — Les guerriers affrontés des vases du VII» et du VI* siècles (9, 10) sont le lointain prototype des Pyrrichistes que nous retrouvons groupés par deux jusque sur les basreliefs hellénistiques (17) et sur les bas-reliefs de terre cuite italiotes (18). Mais tandis que les premiers sont de vrais duellistes qui s'élancent l'un contre l'autre avec fureur (Kg. 537), la lance levée, nos danseurs casqués ((ig.
538) se contentent d'un simulacre de combat. Le bras gauche protégé par le bouclier, la main droite armée d'un glaive court, — qui souvent fait défaut, — le corps nu, ils tournoient
par piétinement en IVcroi- , , ,
sée (267) tout en se déplaçant sur une piste circulaire à court rayon, et en se maintenant respectivement aux deux extrémités d'un même diamètre mobile. Ici la mimique est devenue un jeu périodique '. Il est probable qu'à intervalles réguliers ces guerriers frappent de leur glaive (qu'il faut
1. Lci indicalions en poinlillc et les flèches délenninenl appraiimaliretnrnt la forme et le sens des mouvemenls.
CHŒURS DE DANSB. S6i
rétablir par la pensée sur la figure 538) contre leur bouclier d'airain : c'est la danse des Curetés (386, 387).
Sur un cratère de marbre (18) du Vatican, on voit gambader un Satyre entre deux Pyrrichistes semblables aux précédents. La présence d'un suivant de Dionysos entre les deux danseurs armés prouve que l'anti- — ^-, que exercice orchestiljue dont les Spartiates — et, k leur exemple, les' Athéniens — avaient fait une préparation a la guerre, s'était avec le temps profondément altéré. Les Pyrrichistes en arriveront à porter des thyrses
au lieu de traits, à brandir des férules et des torches et à s'enrôler dans le thiase des Bacchants. Au siècle d'Alhénée, leur transformation est complète et définitive.
361. Pyrrhlque en masse. — Les mêmes difficultés de perspective qui ont arrête les peintres céramistes et les sculpteurs en bas-reliefs et leur ont interdit la représentation 1 des Chœurs en masses
profondes, les ont empêchés de figurer des En- ' semblés de Pyrrichistes.
Sur UD des bas-reliefs du Monument des Né-
Fig. 53t.
réides (fig. 539), des guerriers s'avancent en rang, de front, serrés les uns contre les autres, et débordant, sans perspective fuyante (355), les uns sur les autres. Ils ont les jambes très écartées, ce qui marque peut-être que leur pas est accéléré; tous ont lajambe du même coté en avant, selon
ane habitode militaire qoi s'est perpétuée jusqu'à nous. Cette régie du même pas s'impose instinctivement à ane troupe qui se meut suivant le même rjtbroe, parce que, dans un Ensemble, le rythme existe pour l'œil eu même temps que pour l'oreille. Noos ponvous supposer que les Pyrrichistcs en niasse étaient astreints à cette obligation. Nous en avons la preuve dans la figure suivante.
Un bas-relier trouvé sur l'Acropole (fig. S40: montre une troupe
de huit Pyrrichistes répartis en deux groupes de quatre, dont il faut sans doute faire deux rangs, placés l'un derrière l'autre (355) :