H G F E D CB A
Ils s'avancent tous du même pas ; leur bras gauche est armé du bouclier et tendu en avant ; le bras droit, qui tombe le long du corps, est soute/lit (113) comme si la main tenait une arme; mais cette arme n'existe pas. Le chorëge, en tunique talaîre, marche gravement à côté de sa troupe. Ce bas-relief est un piédestal ; une inscription mentionne que la statue qu'il supportait a été consacrée par le chorège vainqueur au concours de danse pyrrhique.
Faut-il voir, au contraire, dans les deux groupes de quatre Pyrrichistes, deux chœurs en abrégé, qui seront au moment de l'action opposés l'un à l'antre et dont les mouvements, dont les évolutions seront contraires?
La seule constatation qui puisse être faite avec certitude est que la Pyrrhique en masse impliquait, a certains moments, une gesticulation et une allure communes à tous les danseurs. Il serait téméraire d'en demander plus long au monument précité.
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362. Les Pyrrichistes figuraient dans la Pompeb^es Panathénées. La frise du Parthénon (15) fait une large place aux cavaliers Athéniens ; elle n'en réserve aucune aux hoplites porteurs du bouclier et de la lance, ni aux Pyrrichistes. La parade militaire à Athènes prit de bonne heure un caractère religieux qui la distingua profondément de Torchestique en armes des Lacédémoniens. A Sparte, la Pyrrhique conserva très longtemps sa destination primitive ; elle y resta comme un abrégé de la guerre, à laquelle elle servait de préparation; elle demeura un exercice gymnastique. Les Athéniens en firent un brillant spectacle.
DANSES FUNEBRES
363. Bien qu'elles soient essentiellement mimétiques et que leurs mouvements propres ne soient guère qu'une gesticulation métaphorique, les Danses Funèbres, réduites à leurs caractères extérieurs les plus frappants, doivent trouver place dans cet exposé. Nous étudierons sommairement les origines et les transformations du geste rituel et symbolique, qui est demeuré pendant de longs siècles l'accompagnement nécessaire des chants, dans les funérailles.
Les rites des funérailles, en Attique, étaient réglés par des lois. Aussi loin que les monuments nous permettent d'entrevoir les usages que ces lois avaient consacrés, la mort est entourée d*un appareil fastueux. L'ensevelissement est précédé de longues cérémonies et tout n'est pas fini lorsque le défunt repose dans son tombeau.
h' exposition du mort (icpoOsT^s) était obligatoire d'après le décret deSolon; mais elle était pratiquée depuis de longs siècles déjà.
268 LA CHOREGRAPHIE.
Parmi les plus anciennes représentations de la figure humaine sont les longues files de personnages représentés sur les vases funéraires de très grande taille, trouvés au Dipylon (8). Bien qu'elles se réduisent a de véritables formules géométriques qui se répètent indéfiniment, ces étranges silhouettes (fig. 541 et 542) permettent d'affirmer que la scène est réglée et que les gestes des personnages s'exécutent avec ensemble : pleureurs — ou pleureuses — à gages accompagnent de leurs gestes rythmés les lamentations funèbres (OpfiVOt). Ils s'arrachent les cheveux, ou se contentent peut-être de se tordre les bras au-dessus de la tète.
Pendant l'exposition du corps, les chants thrénodiques ne cessaient pas. Un joueur de flûte en était l'accompagnateur ordinaire, et la gesticulation, cadencée, suivait les rythmes marqués par l'instrument : c'est la ce qu'on peut appeler la Mimique Funèbre *. Autour du mort, étendu sur un lit de parade, la douleur se manifeste par des signes extérieurs : on s'arrache les cheveux, on se frappe la poitrine et l'on déchire ses vêtements ; les femmes s'égratignent le visage, les hommes se frappent les cuisses ; tous apostrophent le mort en étendant le bras vers lui, comme pour lui reprocher la douleur dont il est la cause. Avec le temps la violence des gestes s'atténuera et la gesticulation funèbre ne sera plus qu'un simulacre : les monuments vont nous le prouver.
L'exposition et la lamentation funèbres sont suivies du transport à la tombe (exîpopà) et de Vinhumation. Le corps, placé sur un char traîné par des chevaux ou porté à bras sur un lit de parade, est escorté par les parents et les pleureuses. Le visage du mort reste découvert pendant tout le trajet; les thrènes et la gesticulation funèbre, toujours accompagnés par la flûte double dcl'aulète, paraissent se prolonger pendant le convoi. Les représentations de Vekphora, plus rares que celles de la prothésisy ont leur prototype sur un grand vase du Dipylon (8).
Le repas des funérailles (Treptoeiirvov), qui suivait l'ensevelissement; les sacrifices sur la tombe, du troisième et du neuvième jour, celui du trentième jour, qui, à Athènes, mettait fin au deuil;