‹ La danse grecque antique d'après les monuments figurésChapitre 123 sur 166 · En généralisant on peut dire : la Danse Funèbre · texte numérisé non relu

En généralisant on peut dire : la Danse Funèbre

DANSES FUNkBRES. 209

les vExûffia, repas offerts aux morts à des périodes fixes par les survivants, donnaient lieu sans doute à de nouvelles maDifestations de la mimique fuDèbre. Les visites à la stèle (fig. 550} et les sacrifices représentés sur un grand nombre de lécythes attîques (13), provoquent en effet une gesticulation tout a fait analogue à celle qui accompagne le thrène pendant l'exposition du corps et le transport à la tombe.

364. Les scènes empruntées aux rites de la prothésis et de l'ekphora tiennent, sur les vases du Dipylon, une place importante. Ces antiques monuments nous montrent le défunt couché sur le lit d'apparat ou sur le char funèbre, le visage découvert et entouré de femmes qui s'arrachent les cheveux :

(fig. 541 et 542). Bien que leur sexe ne soit pas toujours clairement révélé, il faut voir dans ces personnages des pleureuses, dont les monuments postérieurs expliquent le geste.

Ces femmes sont nues; mais leur nudité n'est qu'une manière propre aux peintres de ce temps : ils ont supprimé le costume, par simplification, et donné à la figure humaine une forme schématique et abstraite (8).

I,a figure 543, d'après une hydrie corinthienne du vu' siècle.

montre ce qu'étaient les gestes violents du désespoir avant que Solon eût interdit, par une loi, les manifestations outrées de la

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douleur. Ces trois femmes s'arrachent les cheveux, à pleines maiDs. Celle du milieu peut être rapprochée de la figure 542 doDt elle est le commeutaire explicatif. Nous sommes encore au temps oà l'orcheatîqne funèbre est cruellement réaliste : c'est le point de départ.

365. Si les vases les plus anciens ne nous montrent pas les femmes en train de se frapper le sein et de s'égratigner les joues avec les ongles, cela tient à la dit&culté d'une telle représentation et ^ k l'inhabileté des artistes.

Mais les vases du vi' et du V* siècles (10, 11) présentent le simulacre de ces anciennes pratiques. Des plaques de terre cuite peintes, contemporaines des vases à figures noires, nous font assister à la transformation; on peut y surprendre ie passage du geste vrai au geste simplement figuré, du mouvement brutal au mouvement symbolique. La belle plaque du Louvre (fig. 544) ' est un véritable tableau. Les personnages se divisent en deux groupes : le chœur des hom-

1, Pour donner plus de clarté au desain, nous avons omii les légendes qui cires-

DANSES FUNEBRES

mes, auquel le père lui-même donne le signal des chants thrénodiques (363), et le groupe des femmes, qui se tient le plus près du mort S suivant l'usage. Les gestes des divers personnages sont expliqués ci-dessous (fig. 545, 547, 548, etc.).

366. De très beaux vases à figures rouges, de style sévère (11),

Fig. 545.

Kig. 546.

sont ornés de peintures funéraires, expressives à tel point qu'on pourrait croire à la réalité des gestes qu'elles représentent. Il est

probable néanmoins que cette femme (fig. 545) ne s'arrache pas les cheveux et que cette autre, de sa main crispée, ne s'égratigne pas le visage (fig. 546)-

Déjà, en effet, sur les vases à figures noires et sur les plaques

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