‹ La danse grecque antique d'après les monuments figurésChapitre 14 sur 166 · Les erreurs et les conventions du dessin. — II ne · texte numérisé non relu

Les erreurs et les conventions du dessin. — II ne

suffit pas (le s'assurer de Tauthenticité des monuments ; il faut faire le départ entre ceux qui n'ont aucune valeur indicative et ne sont que des fantaisies de décorateurs, et ceux qui fournissent des données exactes sur les Positions et sur les MoH\>enients. (On verra plus loin quel sens particulier il convient d'attacher a ces mots.)

Chez les Grecs, tout le monde dansait, mais tout le monde ne savait pas danser. Bien que la technique de la danse fût d'une grande simplicité, elle était assez spéciale pour échapper h ceux qui n'y étaient pas initiés. Pour comprendre et traduire les mouvements orchestiques il ne suffisait donc pas de manier habilement le pinceau ou l'argile; il fallait, sinon avoir soi-même pratiqué ces mouvements, du moins en avoir fait, par de longues et difficiles observations, une étude minutieuse : condition nécessaire que tout céramiste, sculpteur ou coroplaste ne remplissait certainement pas. D'ailleurs, en dessinant ou en modelant des danseurs, ils ne s'astreignaient pas toujours, cela est évident, a une rigoureuse exactitude, et il faut compter avec leur fantaisie au moins autant qu'avec leur ignorance. Le peintre de vases, dont le pinceau rapide était le plus apte h fixer au passage un mouvement sitôt qu'entrevu, se livrait plus souvent à une improvisation facile,* de style décoratif, qu'il ne se souciait d'être un copiste fidèle; de plus il était trop respectueux des traditions propres a son art pour ne pas s'écarter volontairement, à l'occasion, de ses modèles orchestiques. C'est ainsi que, ennemi de la symétrie absolue, il la sacrifie toujours, aux vi®, v" et IV® siècles, à un équilibre moins rigoureux *.

Chaque art ayant de même ses préjugés et ses formules, on comprend qu'il faille faire une large part aux systèmes, h la fantaisie des artistes, — ou h leur ignorance *.

23. Il faut également tenir grand compte de certaines conventions du dessin et de la perspective, qui, sur les monuments figurés, masquent souvent le mouvement véritable. Ces conventions, plus nombreuses dans l'art archaïque, sont le fait de l'inexpérience ;

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