XXVJ ^U VOYAGEUR TAYLOR
siècle par déférence pour les dames, qui aiment trop la danse pour ne pas lire la mienne.
Pour vous, mon ami, qui repartirez bientôt avec une escorte de souhaits d'amitié plus vrais que ceux d'Horace au vaisseau de Virgile, vous vous souviendrez quelquefois de ce livre en visitant le cadavre de Tyr, les grands ossemens de Thèbes et de Persépolis, les cendres de Carthage et de Sparte : vous verrez dans le vieil Orient la danse macabre des villes et des empires. Puissions-nous ne pas la voir dans notre jeune Europe !
P. L. JACOB, bibliophile, \
LA
La dance macabre s'appelle Que chacan à dancer apprend A rboiDme et femme est naturelle :
Mort n'épargne ni petit ne grand.
La Dance macabrée. -
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Le 6 avril 1 438 , dimanche de Pâques-Fleuries ^ — dernière semaine de 1437, suivant l'ancien calendrier, qui fixait le commencement de l'année au jour de Pâques , — les offices, processions, vêpres et salut, étaient terminés à six heures
(lu soir, dans l'église de Saint-Jacques-de-la-Boucherie, encore tendue de tapisseries, parfumée d'encens et illuminée de cierges ; mais les prêtres et les fidèles avaient regagné leur logis pour souper, et le silence régnait au dedans comme au dehors, avant la nuit.
Cette église , dont il ne reste que la haute tour noirâtre avec ses animaux symboliques, et dont la cour du Commerce occupe l'emplacement, n'était point telle au quinzième siècle, qu'on la voyait au commencement de la révolution , lorsque le marteau des démolisseurs n'avait pas fait circuler l'air et la lumière dans les rues des Arcis et des Écrivains. Au quinzième siècle , la tour n'existait pas, et l'ancienne chapelle de Saint- Jacques, dit de la Boucherie ^ à cause du voisinage de la grande boucherie que l'enceinte de Philippe-Auguste avait enfermée dans la ville , s'était accrue par degrés , jusqu'à devenir une paroisse considérable, quoique dépendante de l'abbaye Saint-Martin-d»s-Champs, et à donner à son curé le nom privilégié à'archiprêtre , ou prétre-cardinaL
La chapelle primitive , qui ne fut pas dédiée , comme on l'a cru , à sainte Anne ou Agnès, dès le dixième siècle, puisque cette sainte ne fut connue à Paris qu'au treizième , se trouva long-