‹ La DauphineChapitre 64 sur 138 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

DONALD, à Isobely avec fureur.

Ce n'est pas vrai ! tais-toi ! ce n'est pas ton affaire î

A la Dauphine, avec passion.

Reste là ! J'étais si content !

Pour un rien, te voilà choquée, effarouchée! Donne ta main ! dis-moi que tu n'es pas fâchée?

LA DAUPHINE, sc rasscyant.

Je comprends que grand'mère et moi, nous vous gênons.

DONALD

Tu veux rire ! Quelle folie !

Jane !... ton nom, d'abord, est le plus beau des noms. Tes cheveux sont si fins et ta voix si jolie ! Tu vivais quelque part et nous n'en savions rien.

Père nous cache tout ! Ce n'est pas bien. Il faut qu'un médecin t'ordonne la montagne Pour que ma tante aussi se souvienne de nous. Tu dis : « Nous apportons de l'embarras chez vous » Quand j'ai toujours rôvé d'avoir une compagne...

140 LA DAUPIIINE

N'as-tu pas Isobel ?

DONALD

Si, sans doute... mais toi, Jane, c'est autre chose... Une cousine... enfin, tu nous tombes du ciel!... Une nuit, tout est calme, et la maison est close. Je m'endors. Brusquement on frappe à nos volets. Père, en allant ouvrir, arme ses pistolets. J'entends qu'on parlemente et bientôt qu'on attelle. Je me rendors, et, lorsqu'au matin je descends, Que vois-je près de l'âtre? un bonnet de dentelle.

Des cheveux blonds éblouissants !

Tu venais d'arriver, pâle et toute transie. Un tintement de cloche au loin flottait dans l'air. La flamme pétillait, et la poutre noicie, Les cuivres, les bahuts, tout était rose et clair !

Moi, je ne t'ai pas vu, Donald, j'étais si lasse!

Page 1