‹ La débâcle des placements russesChapitre 13 sur 53 · DNS EU · texte numérisé non relu

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n’ont rien à redouter du contrôle public.

Et c’est pourquoi, Monsieur, je vous demande de bien vouloir m'indiquer, en quelques larges traits, le rôle qu’a joué votre Etablissement ou votre Banque dans le placement des fonds russes en France — les émissions auxquelles votre maison a participé, les sommes qu’elle a fait ainsi transférer en Russie, enfin les bénéfices que par des commissions régulières elle a ainsi réalisés. Si je m'adresse sur ce point à votre maison c’est qu’elle est mentionnée, parmi les dix-sept (1) établissements ou banques de France dans le Manuel du porteur de fonds russes que Son Excellence Monsieur Bark a bien voulu nous procurer, ces dix-sept maisons étant celles qui, en 1913, ouvraient leurs guichets en France au paiement des coupons russes.

J'ajoute que la Banque de Paris et des Pays-Bas a bien voulu déjà me donner une réponse, au moins partielle, en ce sens, et m'a fait l'honneur de me transmettre divers documents sur les émissions russes auxquelles depuis vingt ans elle avait pris part.

J’ose donc espérer, Monsieur, que vous accueillerez ma demande dans le même ésprit de courtoisie et de vérité.

Ma conférence devant avoir lieu dimanche, et le résumé que je vous demande

(1) Nous laissions de côté l’Union Parisienne, comme on le verra au chapitre suivant.

étant élémentaire pour vos services, je me crois fondé à solliciter de vous une réponse immédiate.

Veuillez agréer, etc.

Post-Scriptum de ce chapitre.

Le délai pour la déclaration des biens français en Russie et en Roumanie est reporté du 1er juin au ter juillet. C'est la troisième prorogation. L'obligation imposée de ce chef aux porteurs de fonds russes, la promesse de les protéger tout en les contraignant, rien n'y a pu :

l’épargnant français tient en méfiance — etila raison — la politique financière de notre gouvernement actuel. Et comme on comprend le silence d’un Directeur du Maniement des Fonds, qui met deux.

mois à ne pas nous répondre, là où Île Council anglais ne mettait que deux jours à nous renseigner ! Banqueroute intérieure, banqueroute extérieure : tout se tient, ou plutôt culbute ensemble.

Hier même, M. Ribot, digne d’admiration et de respect pour la persistance de son énergie oratoire, mais digne aussi des plus graves reproches pour sa participation initiale et durable à Valliance franco-russe, exhortait la France, devant le gouffre effroyable du déficit inéluctable, à « travailler ». Et certes, la conclusion était aussi sage que facile.

Mais il est trois façons pour le moins de travailler : ou bien en isolé, et donc

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en vaincu d'avance — ou bien en docile instrument de l’État sauveur, et donc en dépouillé d'avance — ou bien en associé, et donc en vainqueur possible,

A l'épargne française de se défendre elle-même. Ce que les officieux de l’Office National ne font qu’en façade, essayons de le construire en profondeur.

No 10, 51 Mai 1919.

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