SU INTER
dire aujourd’hui que la Sécurité de l’entreprise financière, qu’il avait reprise en mains, et persista pendant vingt ans à diriger, était indiscutable, et que le Gouvernement français était le premier à lui affirmer cette sécurité. Æabent aures, et nolunt audire. Le Crédit Lyonnais fermait ses oreilles, parce qu'il ouvrait ses guichets. M. Germain, ce Roi de la Finance, n’aurait-il été qu’un sceptique sentant finir sa Monarchie, et se disant tout bas en cupide comme l’autre tout hauten jouisseur : « Après moi le déluge » ?
Ce que pourrait plus sainement répondre le Lyonnais — et l’œuvre incomplète de M. Margaine le permettrait, car elle semble surtout une manœuvre de.
politicien cherchant à frapper d’autres politiciens, bien plus qu’à guérir la France du « mal financier » — ce que pourrait riposter le Lyonnais, si, comme tous les groupes d’argent, il ne préférait le silence à la parole, le journalisme qui veut se taire au journalisme qui sait écrire, ce qu'il pourrait fortement mettre en évidence, c’est qu'’ilne fut pas le seul à diriger l’opération. Beaucoup l’y aidèrent.
La Nation, mal conseillée, les suivit. Et dans la vaste prairie maintenant desséchée où, le foin devenant rare, commencent de ruer tous les animaux de l’étable financière et parlementaire, il est excessif d’allonger les oreilles du Lyonnais, et parce qu'il ne voulut pas s’en servir pour entendre M. Cochery et M.
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Caïllaux, de lexécuter comme un pelé, un galeux, « d’où nous vient tout le mal ».
C’est pourtant ce que fait M. Margaine,
ui ne cite aucun des autres responsables de côté Finance, et qui, tenu par son sujet même de citer Alphonse de Rothschild (p. 17) l'appelle (Timor Domini, initium sapientiæ), « le chef de la plus illustre banque juive ».
Cependant le Crédit Lyonnais était le plus directement engagé dans l’opération.
Comment son obstination à la trouver sûre pouvait-elle tenir devant les déficits persistants du budget russe ?
Pourquoi, ces déficits persistants ?
Parce que la Russie était à la merci de chaque récolte. Pays essentiellement agricole, immenses espaces voués à la culture, des terres noires de Crimée avec leur blé aux pâturages de Sibérie avec leur beurre, la Russie commençait à peine d'entrer dans la voie où les vieilles nations d'Europe sont engagées, l’usine prenant le pas sur lc champ.
En 1910 et en 1911, les excédents reviennent : 208.419.387 roubles et 108.660.
139 roubles. Mais la terre avait bien donné. En 1912, dernière année recensée par M. Margaine, c’est le déficit qui reprend (63.330.644 roubles). Déjà M. Ker-
gall, dans ses articles de 1903, à la suite de son voyage en Russie, montre ce fondement agricole du budget russe, et note qu'une année de disètte ébranle toutes les finances tzaristes. En dix ans lg phénomène n’a pas changé. Qu'est-ce qu'une décade pour un peuple, pour une bigarrure de peuples comme la Russie, à peine transformée depuis le Moyen-Age ?
Le Tzar de toutes les Russies a d’ailleurs un meilleur pâturage : sa vraie vache à lait, c’est la France — dont le Crédit Lyonnais lui ouvre l’étable.
Seulement, le phénomène que remarque déjà un économiste perspicace comme M. Kergall —— pourtant choyé à Saint- Pétersbourg, et chaud à l'alliance — ce phénomène a des conséquences profondes, qu'il est stupéfiant de voir nier par l’homme intelligent et probe qui nous parlait au nom du Crédit Lyonnais.
Tel qui vécut les dernières années du fzarisme en Russie, ét y conduisit de larges affaires d'importation, nous l'affirme : l'argent manquait là-bas en 1914.
Il semble que la Russie en fût au même point que l'Allemagne. Celle-ci avait exagérément engagé ses Capitaux. Ayant mis tous ses œufs dans le panier du commerce :èét de lindustrie/\elle/tmen avait plus pour sa nourriture courante.
La Russie avait mangé les siens au jour le jour. Mal différent d’origine, semblable d'effet. Chacun des deux Etats voyait dans une guerre la diversion à son an-