MANUEL
(4 édition, chez Garnier ee Paris 185
ron { milliard et demi tou nn ne connaît guère à la Bourse ae Paris
L'AGE DU PAPIER, Etudes Financières et autres (Librairie des Assurances, Paris, 1866) pages 37 à 44.
Je ne tenterai pas de faire l’addition du nombre colossal de papiers divers que ce tableau représente, de leur valeur à l’émission et de celle qu’ils ont maintenant, et de calculer combien l’on a perdu ou gagné, de ceci, hélas ! incommensurablement moins que de cela. Non — ce travail m’écœurerait, je n’oserais pas ; je prendrais le vertige et la fièvre à l’entreprendre: faites-le si vous voulez, totalisez et concluez. |
Mais ce que je veux faire, c’est d'indiquer le danger permanent du jeu de Bourse, et le rôle de la France dans les choses financières.
Depuis quelque vingt-cinq ans surtout, notre pays s’est jeté à corps perdu dans les affaires aléatoires.
Consultez ce tableau, qui ne contient pas les affaires éteintes, liquidées, disparues souvent avec leurs gérants el leurs administrateurs, mais celles qui vivent encore, et voyez ce que le pays’ a perdu à la manie de prêter au monde entier, à l'Espagne, à l'Italie, à l'Autriche, au Mexique, à la Turquie, à toutes les contrées désolées, livrées à l'anarchie, au despotisme aveugle, accablées de dettes, qui ne peuvent payer, qui ne paient pas, qui ne paieront jamais ; chez lesquelles l'emprunt est à l’état continu, conduisant droit à la banqueroute ; supputez les sommes immenses que nous avons follement livrées et ce qui nous reste de ces milliards avec lesquels nous aurions fait la France riche à jamais...
J'ai employé tous mes efforts à comprendre pourquoi la France ambitionne de devenir un grand marché monétaire. On veut faire en ceci concurrence à l'Angleterre, et l’on se méprend grandement.
C’est folie de croire que la France peut faire concurrence à l’Angleterre comme marché monétaire, et presque toutes nos crises financières proviennent de ce que nous exportons notre argent à l'étranger...
Les entrepreneurs d'emprunts d'Etats, con-, naissant nos propensions, allèchent le public par des intérêts exorbitants, en échelonnant les versements précisément sur les mois signalés par les rentrées du commerce, et en cela ils font preuve d'intelligence et de connaissance des conditions ordinaires de l’économie. .……
Nous avons donné de l’argent pour les chemins de fer russes, autrichiens, suisses, espagnols, portugais, italiens, mexicains et autres ; mais ce sont les Anglais qui ont fourni le matériel et le personnel, qui les ont transportés, qui ont encaissé les bénéfices, ne nous laissant que du papier à vignettes, à coupons trop attachés. — Ils font leurs affaires |...
On a pris l’an dernier une excellente mesure,
celle de frapper d’un juste impôt les titres étrangers admis à la négociation en France, presque leur unique marché, et qui faisaient a nos propres valeurs la plus redoutable concurrence. Ges titres, s’élevant à plus de 4 millions d’actions et à près de 5 millions d’obligations, représentent une somme de cinq milliards. Qu'on fasse le compte de ce qu’une seule liquidation mauvaise a fait perdre à ces valeurs et l’on reviendra bientôt à mon opinion qui -est de les abandonner absolument, de faire un arbitrage, comme on dit en Bourse, avec les bonnes valeurs nationales, dût cet arbitrage être d’abord onéreux, et de s'en tenir à nos affaires qui ont tant besoin d’être relevées.
Eloignons-nous avec autant d’empressement
des valeurs étrangères, et pénétrons-nous de cet axiome, qu’en affaires de Bourse l'argent français doit rester français.
L'UNION GÉNÉRALE. — Sa Vie, sa Mort, son Programme, par E. Bontoux (3° édition, chez Savines, Paris, 1888). Pages 38 à 41.
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