‹ La débâcle des placements russesChapitre 9 sur 53 · MENTS DE S. EXC. M. BARK · texte numérisé non relu

MENTS DE S. EXC. M. BARK

Qu'était exactement la fortune mobilière de la France aux approches de la guerre ? |

Le Maître incontesté, et incontestable, de ces questions, M. Alfred Neymarck, nous le dit dans son huitième rapport à l’Institut International de Statistique (année 1900).

Fortune globale du monde en valeurs mobilières : 768 milliards.

Fortune de la France : 103 à 105 milliards.

Admettez que depuis lors les émissions financières aient gardé leur ascendance normale en France, environ deux milliards par an. Au maximum six années d'augmentation, 12 à 13 milliards de supplément mobilier. Vous avez ainsi, comme approximation, en 1914, 115 milliards de valeurs mobilières en France.

Combien de valeurs étrangères, de celles qui rentrent par leur portion principale, les russes, dans le cadre de notre

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étude ? Ici, les évaluations deviennent plus difficiles encore.

Certes, la vérité officielle a été proclamée, et de la seule bouche qui æt le droit de parler, qui s'accorde à ellemême le droit de parler en France : M.

Georges Clemenceau.

Il a parlé à l’Amérique, au Monde, même à la France par [a voie de l’Associated Press. Lui, Chef admis par les représentants élus de la Nation, il a dédaigné ces représentants, le Parlement.

C’est un journaliste étranger qui a reçu son interview formidable du 22 mars 1919, où 1l qualifiait lui-même son triomphe de Victoiré à la Pyrrhus. Que les Parlementaires aient dévoré l’outrage, chiens couchants subissant tous Îles coups de fouet pour garder leur os, c’est de la politique de parti, qu'ici nous écartons. Mais l'essentiel est que la situation.

ait été précisée. Voici le passage qui intéresse notre étude :

« Que reste-t-il de notre fortune ?

« La fortune française placée à l’étranger avant la guerre pouvait être de 50 à 60 milliards. Qu'en est-il advenu? Le mieux que nous puissions espérer, c’est que les deux tiers des paiements environ puissent être considérés comme simplement différés et que les sommes énormes accumulées par l’économie française et prêtées au dehors seront éventuellement recouvrables.

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« La France a 20 milliards placés en Russie, dont les deux tiers en fonds d'Etat russes et le reste en entreprises industrielles. » .

Omnipotent, M. Georges Clemenceau est tenu d’être omniscient. Il n’est pas seul dans le Gouvernement. Il a son Ministre des Finances pour le renseigner, les chefs de services subordonnés à ce Ministre pour manier les statistiques dont sont remplis sans doute les cartons du Ministère.

Donc, inclinons-nous. Pourtant non.

Quand un homme, si grand naguère par Pesprit, n’est plus fort que par l’oppression, quand il fait museler les journaux, fermer les salles de réunion, crosser les cortèges de travailleurs, on n’a pas à s’incliner dévotement devant son omniotence ni à en déduire son omniscience.

urtout si l’on se rappelle son passé, et que tout homme est formé à vingt-cinq ans, sa ligne de vie précisée, et qu’en 1866 M.

Georges Clemenceau voit, aux côtés de Blanqui, uniquement la politique intérieure, le complot et le pamphlet, sans jeter aucun regard sur l'étranger, n'ayant rien à oublier des questions économiques et financières, parce que jamais il n’en aura rien appris.

Donc, contrôlons ses deux affirmations.

Et sitôt, nous apercevons qu'il a doublé le total des valeurs étrangères figurant au portefeuille français. Ce ne

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