‹ La débacleChapitre 9 sur 46 · LES SP1RITES · texte numérisé non relu

LES SP1RITES

Histoire d'une possédée. — Les crédulités d'un temps sceptique. La tribu des spirites. — Moralité.

J'ai retrouvé, l'autre jour, en passant par Lille, les affiches des frères Davenport, avec le programme fameux et si mal tenu: Y Armoire mystérieuse et Une heure dans les ténèbres. A Bruxelles, au fronton d'une salle de bal, le nom des Davenport se détachait encore, tout rouge, en caractères gigantesques, sur une banderole blanche. On m'a dit que, cette fois, les médiums de la salle Herz ne se présentent plus au public que comme de simples prestidigitateurs. C'est de l'adresse et de la franchise, mais tout cela vient un peu tard. Je sais d'ailleurs nombre de spirites forcenés qui accusent encore le temps présent de s'être à peu près conduit avec les Davenport comme l'Inquisition avec Galilée.

« On les a repoussés, on ne les a pas vaincus 1 Siffler nestjjas répondre! »

Ah! les entêtements invincibles, les terribles et éternelles folies !

Il se trouvera bien un jour — que dis-je! il s'est trouvé — des écrivains spirites pour raconter le supplice des Davenport. Davenport, vierges et martyrs! Rienne corrige cessupersti tions tenaces, —ni M. Hume, qui se fait cabotin, ni les Davenport qui se proclament jongleurs.

La maladie de l'impossible et la fièvre du merveilleux sont endémiques.

Le spiritisme, cet oncle d'Amérique du mesmérisme ce choléra moral, un beau jour débarqué de New-York comme l'autre venait du Gange, s'est acclimaté chez nous.

Plus de remède, dirait-on. Et il frappe. Qui comptera jamais les cervelles détraquées, les intelligences éteintes? Qui calculera tout ce qu'il a jeté de force et de matière cérébrale — à la borne, au cabanon?

M. Zola parlait l'autre jour d'un livre nouveau, livre bizarre où je ne sais quel prêtre tient registre des faits et gestes d'une hallucinée.

Depuis l'âge de quinze ans, paraît-il, madame CantianilleB... est possédée par une douzaine de démons. Gomment elle se comporte avec ce groupe, je l'ignore. Mais cette possédée m'en a rappelé une autre qu'il m'a été donné de voir voilà bien quatre ou cinq ans.

« Avez -vous jamais rencontré une possédée? me dit un jour Henri Delaage.

— Jamais. Il y a donc des possédés? »

Je coDnaissais l'histoire d'un certain paysan qui se promenait la tête en bas, cheminant le iongde la voûte d'une église, sans que ses vêtements, dit la chronique, fussent le moins du monde dérangés. J'avais lu quelque part qu'Ambroise Paré rencontra un possédé qui parlait le latin et le grec couramment sans avoir appris le premier mot d'aucune de ces deux langues. Mais on met ce qu'on veut dans les livres.

« Menez rn;i chez votre possédée!»

C'était dans une petite chambre d'hôtel, je ne sais où, près de l'église Saint-Leu, dont on apercevait par la fenêtre les clochetons grattés à neuf. Il y avait çà et là des malles, des bagages, le désordre d'une installation encore incomplète. Une dame d'un certain âge, les lèvres froltées d'un vif accent méridional, causait avec un jeune homme aux cheveux très-noirs, l'air intelligent. Dans un coin, les jambes croisées, se tenait immobile, le visage mâle, des moustaches, la tournure d'un ancien soldat, un parent ou un ami. On m'a dit depuis que c'était Rochebrune, l'émule de Langiewicz, le futur he'ros de la dernière guerre de Pologne. Il ne prononça pas une parole durant la visite.

J'attendais la possédée. Je me figurais une créature pâle et émaciée, le corps frêle comme celui d'une vierge gothique, les joues caves et l'œil égaré. Je vis entrer une petite personne brillante de santé, le regard hardi, les yeux superbes, un peu cernés, les joues pleines et les lèvres rouges; — certes une ménagère de Rubecs, plutôt qu'une madone de Van Eyck. Je dois dire qu'à cette époque, la possédée n'était déjà plus possédée.

LA DÉ BACLE. 97

Grâce à Henri Delaage, elle avait repris goût à la vie et envoyé le démon aux calendes grecques.

On trouvera cette histoire tout au long contée dans un livre que publia Dentu à ce moment-là, et qui est bien une des choses les plus incroyables de ce temps plein de surprises. Si l'ouvrage était épuisé, je le regretterais beaucoup. Il s'appelle: Une Possédée en 1862.

La possédée oul'ex-possédée avait dans sa poche un portrait-carte c'e Delaage. Elle le regardait de temps en temps avec une certaine bienveillance. Ilparaîtque ce poftrait avait été magnétisé, transformé en amulette, et qu'il était là pour chasser le démon, au cas où le démon se risquerait à revenir. Comment ce démon s'appelait-il? Socrate, s'il m'en souvient. Socrate est un des démons les plus occupés. Il ne se passe point de soirée qu'on ne l'évoque en cent endroits à la fois. Sans doute a-t-il le don d'ubiquité ou tout au moins les ailes de Mercure.

Il est unanimement demandé. Vous avez vu pourtant que le démon de madame Cantianille se nomme Ossian.

Henri Delaage m'avait promis des merveilles. — « Il arrive parfois que cette jeune fille, brusquement, monte au plafond, d'un trait, s'enlève et demeure là des heures entières, en extase. — D'autres fois, Socrate lui apporte des bagues, des images de sainteté, des livres. Tous ces objets s'accrochent à la muraille ou tombent £ur le parquet, sans que l'on puisse sur-

prendre la main qui les apporte. Puis elle prophétise, elle dit des vers, elle parle des langues fantastiques. C'est prodigieux ! » Ya pour le prodige !

Hélas! ce jour-là, Mlle Jeanne se trouvait mal disposée aux choses surnaturelles, ou son démon se tenait ailleurs.

Ses prédictions, — qu'elle hasarda pourtant discrètement après quelques poses magnétiques, — me parurent un peu bien vulgaires. Elle lut mon passé et mon avenir dans une tasse à café remplie d'eau. Je vois encore ses bons et beaux yeux noirs qu'elle essayait en vain de rendre hagards,. et ses mouvements d'hésitation, ces contractions nerveuses empruntées aux voyantes des barraques de saltimbanques. Ce qu'elle m'annonça était simplement des prophéties de La Palisse : « Deux et deux font quatre; preDez un parapluie quand il pleut, e; préférez vos amis à vos ennemis. »

Je sortis déçu.

« Vous verrez, une autra fois, » me disait Delaage.

Une autre fois! C'est l'éternelle conclusion de ces expériences. «Patience! espérez! » Les magnétiseurs ont aussi une excuse: ils exigent de vous une foi complète, la foi du charbonnier, une parfaite abdication de scepticisme. Sans cela, les esprits deviennent farouches.

Ils fuient la contradiction, et si bien, qu'il faut absolument être convaincu déjà pour que se produisent les phénomènes qui pourraient vous convaincre. Autant n'essayer de nager que lorsqu'on sait la natation !

Il paraît cependant que tout arrive. Voici le cas de Mlle Jeanne ***.

La possédée que j'avais vue était une fille de bonne maison, née dans le Dauphiné , je crois, et peut-être, hystérique; bref, prise un jour d'accès nerveux qui la faisaient se tordre à terre, pousser des cris ou étouffer dans son lit.

Pour la guérir, on allumait bien des cierges bénits; mais elle les éteignait brusquement ou criait plus fort. A n'en pas douter donc, elle était possédée et bien possédée. Il y avait un Esprit dans la maison. Les voisins venaient parfois, des fusils ou des bâtons à la main, et cherchaient l'Esprit dans les coins, sans succès.

Un coup de rotin n'est pas un bol de ciguë. Socrate avait peur. Il se cachait.

Ces secousses et ces crises durèrent un an. La jeune fille dépérissait, maigrissait à vue d'oeil; mais, en revanche, elle avait acquis une lucidité magnétique de jour en jour i-lus remarquable.

C'est le système des compensations, un paragraphe que M. Azaïs n'avait point prévu. De sa maison du Dauphiné, elle lisait les journaux d'Amérique — ce qui prouve surabondamment l'inutilité du câble transatlantique — et déchiffrait les suscriptions des lettres que Ton s'adressait de Tobolsk à Moscou. Elle donnait aussi des consultations. Jeanne était maintenant la science infuse. Elle guérissait les paralytiques et prescrivait des ordonnances aux phthisiques. Je sais nombre de mes amis, internes dans les hôpitaux, et du

matin au soir penchés sur des malades, cherchant, sondant, demandant à la mort Je secret de la vie, qui voudra'ent bien posséder un brin de celte seconde vue me'dicale que Socrate seul peut accorder.

L'e'tat maladif de Jeanne était devenu une carrière comme une autre. Mais l'Esprit semblait quelquefois bien gênant. Ces êtres surnaturels ont de si incompréhensibles caprices! II forçait parfois sa possédée à prendre — en rêve — des bains de sang. Comme galanterie, c'est médiocre.

« Qui débarrassera ma fille, se demandait la mère, de cet esprit-là ? •

Qui? Henri Delaage, l'auteur du Monde occulte et de V Éternité dévoilée. La malade avait vu en rêve le nom de son libérateur. On écrit à Paris. Djlaage répond, De!aage magnétise ses portrait?-cartes et les envoie là-ba-, il y joint même libéralement une mé faille de l'Immaculée Conception: la malade est soulagée, elle déclare qu'elle fera le voyage de Paris, qu'elle veut voir s m bienfaiteur de près, qu'elle sera sauvée, définitivement sauvée par lui. La famille part. A peine arrivée à Paris, dans cette chambre d'hôtel, Jeanne se roule à terre et se met à écumer comme un chien hydrophobe. A Paris, la chose était plus dangereuse que dans le Dauphiné. Les voisins n'auraient sans doute pris, cette fois, aucun fusil, ils auraient simplement fait donner congé à Socrate par le propriétaire. Mais Henri Delaago était là.

Avez-vous vu, au palais des Beaux-Arts, une excellente copie du Possédé du DomiDiquin? Un prêtre trempe

sa main clans l'huile d'une lampe sacrée et introduit son doigt dans la bouche du petit démoniaque, qui roule des yeux blanc-, soutenu par sa mère. J'inagine que Delaage dut un moment ressen hier à l'exorciste du Dorniniquin. Toujours est-il que devant lui l'esprit malfaisant battit en retraite et s'envola parla fenêtre, — à preuve que les rideaux frémirent.

Toutes ces choses et beaucoup d'autres encore sont racontées dans le pe.it volume in-18 que je ne saurais trop vous recommander.

J'aurais voulu savoir — mais à quoi bon? — ce qu'est devenue la possédée de 1862. Demandez-moi ce que deviendra la possédée de 1866. Ou ces crises, cette névrose, catte hystérie cessent avec le temps, avec l'âge, si la maladie est réelle, lorsqu'elles n'aboutissent pas à la folie déclarée; — ou, si l'extase est f.'inte, la possédée devient une somnambule, tire les cartes et prédit l'avenir. Et Ton ne sait pas alors toute l'autorité qu'elle prend sur les cervelles faibles, sur les esprits inquiets. Il y a du tragique dans ce comique.

Que de ménages, par exemple, que la tireuse de cartes désunit; que de liens elle brise, que de familles où elle jette pour toujours le soupçon 1

« Votre époux vous trompe, » dit-elle à la femme qui apporte une mèche de cheveux du mari, tandis que le pauvre diable travaille à son bureau, se courbe sur ses livres, revient de son magasin ou de son ministère, sans se douter des larmes et des reproches et de la colère qui l'attendent au retour.

La tireuse de cartes a * charge d'âmes ». Il est des intérieurs que la somnambule manie à sa guise, où elle entretient la jalousie, attise la haine. Ces femmes tiennent les gens par leurs côtés bas, la crédulité, la méfiance, la peur.

J'en sais une, rue Saint-Georges, — logée dans un taudis, dans la poussière, avec un tarot graisseux, — une créature d'Hoffmann, — chez qui des grandes dames vont, en tremblant, le voile épais et rabattu ! Ce qui se dit, ce qui se fait, ce qui se conseille là, le diable le sait.

Elle donnait dernièrement, comme un souverain remède au choléra, cette recette empruntée au Traité des superstitions, de J.-B. Thiers.

« Elever en l'air un morceau de buis pendant Vite missa, le faire macérer dans l'eau pendant une heure, dire trois fois : Athanatos, Anasarcon, et avaler. »

J'ai connu aussi, j'ai vu du moins Éliphas Lévi, l'abbé Constant, le magicien, Celui-là est un homme remarquable, savant comme un rabbin, l'air franc et gai, le propos substantiel.

Petit, court, solide, chauve, avec le teint rouge et la barbe blanche, il tient du moine et du tribun. C'est un penseur et c'est un lutteur; il a été prêtre, il a franchi le sous-diaconat, puis il est entré en politique par la poésie. Ses premières productions furent des vers socialistes. Il présioait un club dans le faubourg Saint-Martin en 1848. Aux journées de juin, on fusilla, croyant avoir affaire à lui, un marchand de

vin qui lui ressemblait. Éliphas Lévi est un mage; peut-être revêt-il chez lui le vêtement qu'a décrit Pierre Mora dans son grimoire : Un vêtement de toile eïe fil ele lin blanc, en forme d'une grande chemise qui n'ait d'autre ouverture que celle pour passer la tète, et longue jusqu'aux pieds. Je sais qu'il parle l'hébreu et qu'il connaît le sanskrit.

Nous causions de choses et d'autres :

« Ces sciences occultes ou surnaturelles, disait-il, ont du bon. Laissez dire les sceptiques et prenez à cet amas de connaissances variées leur suc, leur miel. Quoi de supérieur, par exemple, à ce précepte de magnétisme : Nec ire, fac venire. « Ne pas aller, faire venir. » En amour, le principe est souverain. »

Eliphas Lévi a été le grand ami de Balzac, qui lui a emprunté plus d'une idée pour ses romans mystiques : Louis Lambert, Seraphita et Seraphitus. Il dédiait à Mme de Balzac une étude sur Rabelais, le Sorcier de Meudon.

Éliphas Lévi m'a prédit, — par politesse, — que je mourrais à quatre-vingts ans!

Mais, pour un ou deux qui sortent de la foule, que de mystifiés parmi ces mystificateurs!

Et tous ces gens-là se dévorent entre eux. Les spirites haussent les épaules quand on leur parle des spiritualistes ; celui-ci rit au nez de celui-là, qui fulmine contre un troisième; l'un rêve l'alliance du catholicisme et de la science par le magnétisme, l'autre l'aDnihilation de la Lune, source du mal, et sa réu-

nion à la Terre, source du bien. Il souffle par-dessus toit cela un vent mystérieux et troublant. Dès qu'on veut descendre cUns quelqu'un de ces cercles, — livres d'Allan Kardec ou de Louis Michel, — l'effarement commence. Oa perd pied rapidement sur ce terrain qui se dérobe, et où l'on a pour se guider tantôt le soleil de l'Apocalypse , tantôt le rat de cave de Jocrisse. La névrose approche de la folie. Notre civilisation, dont nous sommes si fiers, a aussi ses Aïssaouas, pris de vertige comme la secte arabe. Le diacre Paris a des neveux, — une foule, — et les convulsionnâmes ne sont pas morts.

È es-vous allé jamais dans quelque réunion de spirites, un soir de désœuvrement ou de curiosité? C'est un ami qui vous y conduit généralement On monte haut — les Esprits aimant à se rapprocher du ciel, — dans quelque petit appartement déjà rempli; vous entrez en jouant du coude.

Des gens s'entassent, à figures bizarres, à gestes d'énergumènes. On étouffe dans cette atmosphère, on se presse, on S3 penche vers les tables où des médiums, l'œil au plafond, le crayon à la main, écrivent les élucubrations qui passent par là. C'est d'abord une surprise; on cherche parmi tous ces gens à reposer son regard, on interroge, on devine, on analyse.

Vieilles femmes aux yeux avides, jeunes gens maigres et fatigués, la promiscuité des# rangs et celle des âges, des portières du voisinage et des grandes dames du quartier, de l'indienne et des guipures, des poétesses de hasard et des prophétesses de rencontre, des

LA DI-BÀCLE. 105

tailleurs et des lauréats de l'Institut; on fraternise dans le spiritisme. On attend, on fait tourner des tables, on les soulève, on lit à haute voix les griffonnages qu'Homère ou le Dante ont dicte's aux médiums assis. Gfs médiums, ils sont immobiles, la main sur le papier, rêvant. Tout à coup leur main s'agite, court, se démène, couvre les feuillets, va, va encore et s'arrête brusquement. Quelqu'un alors, dans le silence, nomme l'Esprit qui vient de dicter et lit. Ah! ces lecture?!

J'ai entendu de cette façon Cervantes se plaindre de la démolition du théâtre des Délassements-Comiques, et Lamennais raconter que Jean Journet était là-bas son ami intime. La plupart du temps Lamennais fait des fautes d'orthographe et Cervantes ne sait pas un mot d'espagnol. D'autres fois les Esprits empruntent un pseudonyme angélique pour lâcher à leur public quelque apophtegme à la Pantagruel.

On se récrie. On leur répond :

« Nous nous plaindrons à votre chef de file! »

Le médium qui a tracé la phrase s'assombrit et se fâche d'être en rapport avec des Esprits si mal embouchés

J'ai demandé à quelle légion appartenaient ces mystificateurs de l'autre monde, et l'on m'a répondu tout net :

« Ce sont des Esprits voyous! »

J'en sais de plus aimables, — par exemple l'Esprit dessinateur qui a poussé la main de M. Victorien Sardou, et lui a fait tracer l'image de la maison qu'ha-

Lite là~ haut Beethoven. Profusion de rinceaux, entrelacements de croches et double-croches, c'est un travail de patience qui demanderait des mois et qui a été fait en une nuit. On me l'a affirmé du moins. M. Sardou, seul, pourrait m'en convaincre.

Pauvre cervelle humaine ! Et que ces choses sont douloureuses à raconter ! Nous n'avons donc point fait un pas du côté de la Raison et de la Vérité? Ou du moins le bataillon des traînards se. grossit de jour en jour à mesure que l'on avance? Il est formidable ; c'est presque une armée. Savez-vous combien il y a de possédées en France à l'heure qu'il est?

Plus de deux mille! Les possédées ont leur présidente, Mme de B...., qui, depuis l'âge de deux ans, vit en relations directes avec la Vierge. Deux mille ! L'Auvergne a gardé ses miracles, les Cévennes ont toujours leurs Camisards. Les livres de spiritisme, les traités de mysticisme ont sept, huit, dix éditions. Le merveilleux est bien la maladie d'un temps qui, n'ayant rien devant l'esprit pour se satisfaire, se réfugie dans les chimères — comme un estomac délabré et privé de viande qui se nourrirait de gingembre.

Et le nombre des fous augmente. Le délire est comme un flot qui monte. Quelle lumière faut-il donc trouver, puisque, pour détruire ces ténèbres, la lumière électrique ne suffit pas?

Page 1