LA MORT
Visitons les prisons* Leur aspect est horrible. On dit qu'il n'y a pas de peine de mort dans certains pajs. Mais les gouvernements secondés par les professeurs en droit
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ont inventé de nouTelles tortures pour prolonger Tagonie. Lorsque tout contribue à augmenter le nombre des orimes dont le moteur le plus énergique est la centralisation administrative, les gouvernements font subir aux criminels des tourments qui sont mille fois plus atroces que la mort même. Jamais la déportation n'a atteint une proportion si formidable que de nos temps. Autrefois on exilait quelques individus, aujourd'hui ceux que Ton nomme criminels politiques sont exilés par centaines de milliers. En 1863, le nombre des détenus en Pologne atteignit le chiffre incroyable d*un demp-million / Quant aux autres, ils sont presque partout rangés dans la même catégorie que les soi-disant criminels politiques. On les brûle pour ainsi dire à petit feu. M. Raoul-Chassinat démontra, d'aprôs les documents officiels, qu'il meuriquatre fois autant de prisonniers aux galères, et cinq fois autant dans les prisons centrales, que dans la vie ordinaire. Si en France, où les prisons sont bien organisées, la mortalité est si grande, que dire de ces monarchies où règne le despotisme de fer, que dire des prisonniers d'État ? Mais ce sont là des mystères que la science n'a pas encore révélés I... Et diaprés tout ce que nous venons de voir, on ose prétendre que l'esclavage est aboli. C'est une terrible chose que l'ignorance. 0 amis de l'humanité I Vous re* culez d'horreur devant la peine de mort ; votre noble cœur est saisi d'épouvante à la seule pensée de tuer un homme que l'organisation sociale a corrompu ; et cepen** dant c'est le moindre des crimes que les gouvernements commettent I.«. Dans la situation actuelle de la sooieté, la peine de mort est encore un bienfait 1»..
Après avoir vécu dans cette atmosphère de corruption» de saleté, d'infamies sans nom et sans bornes, quoi d'étonnant que certaines gens n'admettent plus la possibilité de
Texistence de Dieu ? Un profond penseur remarque avec beaucoup de justesse : « Dire à quelqu'un qu'il est un athée ou un homme sans religion, n'est pas une insulte aussi grave que de dire à ce même individu qu'il est un lâche ou un homme sans honneur. » Et enfin.... pour fuir ce monde peuplé d'êtres avilis, dégradés, misérables, pour mourir.... n'ayant rien dans l'avenir.... aucune foi, aucun espoir.... pour être enterré, il faut avoir de l'argent I... On ne donnera pas un petit coin de terre sans argent I
On ne saurait trop répéter cette vérité palpable : La réforme de l'éducation et de tous les rapports privés et publics est la base d'une réforme sociale, qui ne pourraH être effectuée autrement qu'en introduisant simultanément dans tous les pays d'Europe des changements indispensables concernant toutes les branches des sciences et de r administration. L'Europe est en décadence. Il faut la relever, la purifier, la rajeunir, et lui faireprendre une autre direction. Tout le monde sent le besoin des réformes, sans en excepter les souverains.
« Des catastrophes prochaines vont éclater en Europe.» {François-Joseph^ emp. Mém, 4 août 1863.) — « L'Europe est destinée à un avenir plus agité encore. » {Guillaume^ roi de Prusse. Ouverture de la session législative en 1863.) — 0 L'état de l'Europe estjmaladif et précaire. » {Napoléon m, Disc. 5 nov. 1864.)
Tous ces trois souverains appelaient saru retard une réforme profonde et radicale. Mais ils n'ont rien fait jusqu'à présent et ils ne feront rien sans le concours des peuples. C'est aux nations que la grande réforme est réservée* Cette mission leur est marquée par la Providence.