‹ La décadence de l'EuropeChapitre 21 sur 49 · SIGNIFICATIOX DE CES UOTS : BON ET MAUVAIS ESPRIT · texte numérisé non relu

SIGNIFICATIOX DE CES UOTS : BON ET MAUVAIS ESPRIT

La liberté, comme être provenant de Tesprit, comme esprit, a de sa nature la possibilité d'occuper les plus grands espaces du temps. Nous la voyons dans l'histoire de l'humanité incorporée sous différentes formes, nous la voyons dans des voies ayant deux directions diverses, en un mot, nous la voyons divine et non-divine. La première est revêtue des lois divines, la seconde brûle des désirs de la passion. Le vrai nom de la première, c'est la liberté, celui de la seconde n'est qu'une usurpation.

La liberté divine étant la perfection même, ne peut rien s'ap-

proprier de ce qui est étranger à sa nature^ car elle porte en elle tout bien et ne trouve sur son chemin que le bien. La liberté non-divine absorbe tout mal en elle-m&me, et lorsqu'elle s'incorpore dans l'homme^ elle devient avec lui une force qui saisit tout ce qui contente ses désirs désordonnés^ mais en faisant souffrir son àme et en le rendant esclave passif. C'est la liberté transformée en passion.

Tel fut le résultat de la chute de la volonté libre et primitive de l'honime. La libre volonté^ en suivant la voie des lois naturelles et en les respectant^ ne servait que Dieu et n'avait en elle que l'élément divin; mais ayant choisi la voie contraire aux lois naturelles et les ayant violées^ elle ne servit que ce qui n'est pas divin, prit un autre caractère et perdit de jour en jour la trace de son origine, qui est le bien suprême.

L'esprit pur de la liberté disparut et retourna à sa source, ne laissant à l'homme de tous les pouvoirs que la liberté lui avait donnés, qu'une seule chose, la force matérieUe,

La liberté primitive, comme esprit s'incorporant dans les passions de l'homme qui rompit avec les lois de Dieu, leur communiqua son souffle. Les passions prirent un libre essor, et lorsque la liberté écrasée sous leur domination eût dispani, il n'en resta que le reflet, une imitation de son esprit. Mors on se figura un être radicalement séparé comme ennemi des lois divines, mais ce n'est autre chose que la synthèse des passions.

Cet être contraire à l'Esprit suprême ne peut être défîni, et c'est justement là son caractère. Il ne peut être ni défîni, ni renfermé dans des formes certaines, parce qu'il est né en dehors de la loi, parce qu'il n'est qu'une imitation de tout, et qu'il prend les fîgures et les directions les plus différentes. C'est comme un esprit dépravé, c'est Vange déchu. Ce mal indéfini dormait au fond de la nature du premier homme. La libre volonté pouvait le laisser toujours en germe ou l'appeler à la vie. Cet ennemi de toute liberté, et par là ennemi de la vérité et de la lumière, s'incorpore dans différentes personnes soit qu'il combatte le bon esprit en s'eiïorçant de le vaincre, soit qu'il le chasse d'un coup lorsqu'il trouve un homme d'une volonté faible. Sa forme est

celle de toutes les passions ; sa tendance est celle de toutes les actions contraires au bon esprit, contraires à la suprême liberté et aux droits de Thomme.

On le nomme vulgairement le mauvais esprit, Satan, ou le

diable, etc.

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