‹ La décapsulation du rein: Traitement symptomatique des oliguries graves et de l'anurieChapitre 9 sur 30 · PÉRIODE ACTUELLE · texte numérisé non relu

PÉRIODE ACTUELLE

Depuis 1918, un assez grand nombre de chirurgiens français et étrangers chercheront à nouveau à se rendre compte par eux-mêmes de la valeur de la décapsulation, l’appliquant à des cas bien limités. Fréquentes sont les publications de cas de néphrites hémorragiques ou douloureuses opérés, certains, avec un remarquable succès. Malheureusement, peu d’auteurs, du moins en France, semblent avoir cherché, en dehors de ces deux formes, à préciser les indications de la décapsulation. Nous disions en France. En effet, ces toutes dernières années, à l'étranger, et particulièrement en Allemagne, la décapsulation du rein a fait l’étude d’études approfondies et certains chirurgiens tels que : Vogel, Kummel, Volhard ont publié de nombreuses observations qui semblent avoir remis nettement en faveur la décapsulation de J’autre côté du Rhin. ; él

Volhard, en particulier, en un mémoire présenté au Congrès d’Urologie de Berlin (octobre 1924), précise, en se basant sur une classification anatomo-pathologique des néphrites chère aux auteurs allemands, les effets et indications de la décapsulation:; et cette fois Volhard fait de l’anurie (dans les cas qu'il range sous le titre de glomérule-néphrite aiguë diffuse) l'indication essentielle de la décapsulation,

Ep pee

et nous emprunterons, pour clore ce chapitre, à cet auteur, cette phrase dont il se sert lui-même pour terminer son long mémoire : « On peut fonder ainsi les plus grands espoirs dans le traitement chirurgical de certaines formes de néphrite. »

Nous verrons plus loin lesquelles.

i IT

Les recherches physiologiques expérimentales

L'idée première qui conduisit à la décapsulation, fut celle de libérer le rein malade, enflammé, congestionné, de cette gaine inextensible à l’intérieur de laquelle il subissait une compression qui ne pouvait être. qu’une cause de douleur, d’une part, et de gêne fonctionnelle, d’autre part.

Or, l’inextensibilité de la capsule du rein a été reconnue expérimentalement par J. Murard, et, le fait de voir le rein malade faire hernie lors de l’incision de la capsule, est un fait connu de tous les opérateurs.

Ces deux faits assoient donc l'hypothèse d’une certaine tension intracapsulaire, à l’état pathologique. Mais, si cette notion peut, à la rigueur, suffire à expliquer l’action favorable immédiate de la décapsulation, elle devient nettement insuffisante à expliquer les résultats éloignés de l'intervention. Et c’est pour établir physiologiquement un fondement à cette ac-

SoNRE

tion lointaine, qu'ont été présentées successivement toute une série d’hypothèses, parfaitement rationnelles pour la plupart, mais qui ont ouvert la voie à des recherches dont la multiplicité n’a malheureusement pas contribué à éclaicir les résultats.

Quelles furent les méthodes de recherches employées ?

Quelles conclusions en sortirent ?

Edebohls, pour expliquer les résultats de son opération, posait : « La décapsulation rénale, établit de nouvelle voies sanguines dans le rein, réalise une circulation supplémentaire, et, par là, peut susciter une rénovation de l’épithélium et une amélioration considérable de la néphrite. » |

Ce furent, en France, Claude et Balthazard, qui effectuèrent le premières recherches et aboutirent à des conclusions nettement favorables à la nouvelle méthode chirurgicale. Dans le même ordre de recherches, Castaigne et Rathery, puis Gayet, dans le thèse de Bassan, aboutissent également à des conclusions favorables. $

A l'étranger, Anzilotti, Ehrhardt, Gelpke, Thelman, Ferranini, Zondek, Azakura, Sturberg, Boncs-Osmolowsky, cherchent également à vérifier les hypothèses d'Edebohls. Seuls, les trois derniers auteurs, n’en trouvant pas la vérification, concluent à l’inutilité de la méthode.

Emerson, tout en admettant la néocirculation, accuse la décapsulation de produire une néphrite interstitielle.

Dès ces premières recherches apparaissent, en effet,

Page 1