‹ La Décentralisation au Profit des CommunesChapitre 24 sur 25 · ONDES · texte numérisé non relu

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compétence du tribunal correctionnel pour les délits de presse, suspension et même suppression possible d'un journal par l'autorité administrative). Mais la décentralisation, quoique moins avancée, subit aussi un recul; la loi du 5 mai 1855 donna au gouvernement le droit de nommer le maire, mème en dehors du Conseil municipal, et lui permit de faire indéfiniment administrer la commune pendant la suspension du Conseil municipal, par une commission administrative ayant les mêmes pouvoirs qu'un Conseil élu.

À la fin de l'Empire, le régime de la presse perd un peu de sa sévérité, et la loi du 28 Juillet 1867 augmente très notablement le nombre de délibérations définitives des Conseils municipaux. Enfin les lois du 19 juillet 1881 et du » avril 1884 fondent l’une le régime actuel de la presse, et l’autre le régime actuel de la vie des communes, l’une et l’autreloi d’ailleurs s'étant neltementorientées vers une plus grande liberté, et de la presse, et des autorités locales.

Ce régime de 1881-1884, quoique formant la base de la législation actuelle, n’a pas été sans subir quelques modificationsrestrictives de liberté. On a vu, au cours des pages qui précèdent, que, depuis 1884, et surtout dans ces dernières années, il s’est manifesté unetendance très accentuée vers plus de centralisation ; on se rappelle d'autre part qu'en 1893 et 1894, deux lois ont soustrail au jury

pale etont soumis au tribunal correctionnel un certain nombre de délits de presse (outrages aux chefs d'Etat étrangers, menées anarchistes).

Enfin, de même que la tendance de la future législation communale semble devoir être d'accrottre les pouvoirs de l'autorité centrale sur les communes, — done de restreindre l'œuvre décentralisalrice de 1884, — de mêmeilest fortement question aujourd'hui de restreindre un peu la liberté de la presse telle qu'elle a été fondée en 1881; il existe notamment une proposition Violette, qui a pour but d'interdire aux journaux certains récits de crimes passionnels.

La décentralisation, comme toutes les libertés, a tous les avantages ettous les inconvénients; pour la comparer encore à la presse, elle est à la fois ce qu'il Ya de meilteur-et:ce qu'il:y a depirebe problème de la décentralisation, dit M. Barthélemy, est un problème d'équilibre à trouver. La solution consiste à trouver entre ces deux extrêmes, le despolisme et l'anarchie, cette moyenne qui est l'ordre.

C'est parce que la décentralisation est une liberté qu'il ne faut pas la pousser jusqu'au point où elle dégénèrerait en licence. Il faut avoir vécu à Paris, dit M. Barthélemy, pour ignorer ce que c'est la tyrannie au village. « Combien de commerçants, d'industriels, ont été heureux de trouver

dans la préfecture un appui contre ladministra-

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