‹ La déclaration de foi de 1872Chapitre 16 sur 27 · Voir chapitre r, page · texte numérisé non relu

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seules l'évidence. Nous ne pouvons accepter pour vrai que ce que nous sentons et éprouvons être vrai. Ce dont nous ne sommes pas entièrement persuadés, nous le repoussons. Nous rejetons ce dont nous ne pouvons pas dire: je suis convaincu que cela est vrai.

Les partisans de la première méthode n'acceptent pas seulement de croire à des vérités non démontrées, mais la foi, pour eux, consiste à le faire ; elle est l’adhésion à des vérités extérieures à eux. Que ces vérités soient ou non assimilables, ils croient en elles sans être convaincus par aucune démonstration. Il leur suffit que l’autorité ait parlé et ait ordonné. Celte autorité, pour eux (et ils ont raison), c’est la Bible. Mais celle-ci est avant tout, à leurs yeux un recueil de vérités indémontrables à croire et de faitsmystérieux à admettre, ceux-ci et celles-là étant garantis par son inspiration divine.

Les partisans de l’autre méthode ne demandent certes ni démonstrations logiques, ni évidences sensibles, mais ils exigent l'évidence morale.

Prenons l’exemple qui nous a déjà servi, la Résurrection de Jésus-Christ. Les uns veulent que Jésus soit ressuscité en chair et en os, et font de cette réalité physique une condition essentielle de leur foi en la Résurrection. Or, dans la Bible, on trouve, comme chacun sait, deux traditions sur la Résurrection de Jésus. L'une parle, en effet, de Résurrection en chair et en os. L'autre,

la plus ancienne et la plus authentique, parle d’un ‘corps spirituel, ne vivant plus de la vie organique. Il faut choisir l’une ou l’autre de ces traditions. La première est choisie par ceux qui ont besoin de mettre toujours en opposition le divin et l’humain, le surnaturel et le naturel. Plus une affirmation religieuse les dépasse, pensent-ils, plus elle est divine ; donc, plus elle est vraie. Les lois de la nature sont violées, la raison est révoltée, preuve de plus que la vérité révélée est là. Les seconds diront: Ces mots en chair et en os n’ont aucune valeur religieuse. Si on peut prouver historiquement que Jésus est ressuscité en chair et en os, et en faire la démonstration scientifique, nous le croirons, comme nous croyons que Charlemagne a vaincu les Saxons, et Alexandre les Perses ; mais notre foi religieuse, notre vie religieuse, notre piété, notre amour pour le Christ éternel n’ont rien à faire avec un tel prodige. Oh! entendons-nous bien ! Nous admettons assurément que la foi chrétienne est toute différente, sfivant que l’on croit que Jésus s’est pour toujours endormi dans la mort, ou que l’on croit qu'il a été mort et que maintenant 1l vit aux siècles des siècles'; mais si le comment de la Résurrection échappe à notre entendement, cela n'empêche pas que la vie du Ressuscité est pour nous, croyants, une certitude reposant sur une

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