‹ La déclaration de foi de 1872Chapitre 23 sur 27 · Le Protestantisme n'est pour moi qu’un point de départ · texte numérisé non relu

Le Protestantisme n'est pour moi qu’un point de départ

ia religion est au delà. Vier, journal Le Semeur, tome XI, page 288,

80 DE L'ÉTAT ACTUEL DU PROTESTANTISME d'autre autorité que celle de la vérité. Il ne faut jamais oublier le principe donné par Descartes, dans le Discours sur la Méthode : « Ne recevoir aucune chose vraie que je ne la connaisse évidemment étre telle. »

En religion, l'évidence nous sera apportée à la fois par les démonstrations de l'intelligence et par celles de la conscience et du cœur. L'intelligence peut être le plus pervers des instruments, si elle n’est pas mise au service de la conscience. Edmond de Pressensé aimait répéter cette parole qu'il attribuait à Benjamin Constant. Elle est vraie, sans doute, mais prenons garde que les impulsions de la conscience et du cœur ne doivent rien ôter à la clarté de l'esprit.

Nous écouterons ces grandes voix intérieures, et leur autorité se confondra avec celle du Christ, quand il éveillera en nous le remords, provoquera le repentir, promettra le pardon et parlera de l’amour infini du Père. Le vrai Christ est celui que nous trouvons nous-mêmes dans l'Evangile, que nous entendons nous-mêmes, dont nous avons accepté nous-mêmes les saintes exigences. Il nous demande de croire en lui, de le suivre, de perdre nos vies pour lui, afin de les sauver, et nous sommes chrétiens à cause de l’action réelle et souverainement bienfaisante qu’il exerce sur nos âmes.

C’est là, dans l’union intime du Christ éternel et de nos âmes altérées de vérité, que sera pour nous l'autorité.

Nous n’en garderons pas moins les doux et beaux symboles du passé ; ils nous disent ce que d’autres ont pensé, ont cru, ont senti, ont espéré ; et non seulement nous conserverons, mais nous referons, pour notre propre compte, leurs expériences sacrées, parce qu'elles sont éternellement vraies.

Quant au présent, la règle à suivre est inflexible : se soumettre aux faits constatés ; c’est le seul moyen de rester humble. Qu’y a-t-il de plus humble que cette soumission ? Attendre, pour se déclarer, que l’on soit convaincu, accepter ce qui est certain et ne jamais mentir à sa conscience.

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