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CHAPITRE II

Un Vote mémorable.

SOMMAIRE : Le Synode.— La séance du 43 juin 1872. — Texte de la Déclaration ou Confession de foi. — Les huit journées de discussions. — Confusion des débats. — Proposition de M. Jalabert. — Les opinions de MM. Pécaut, Roberty, Jules Gaufrès, Charles Babut, etc., etc. — Les discours de MM. Atha-

nase Coquerel et Colani. — Les discours de M. Charles Bois. — La séance du 20 juin. — Le vote. — L'article de M. Edmond Scherer dans le Temps du 18 juillet. — L'erreur du

Synode. — Citation de Calvin.

Le jeudi 13 juin 1872 commençait, au irentième Synode général des Eglises réformées de France, réuni dans le temple du Saint-Esprit, à Paris, la discussion d’une Déclaration de foi, rédigée par M. Charles Bois, professeur à la Faculté de théologie protestante de Montauban, et que celui-ci demandait au Synode de voter comme étant l’expression de la foi de l'Eglise’.

1. En voici le texte: € Au moment où elle reprend la suite de ses Synodes, interrompus depuis tant d'années, l'Eglise réformée de France éprouve, avant toutes choses, le besoin de rendre

La discussion dura huit jours. La droite et la gauche se montrèrent également intransigeantes et absolues. Elles s’exaspérèrent l’une l’autre par leurs prétentions contraires. Le tiers-parti, le centre, devenu si nombreux depuis, et qui forme certainement aujourd’hui la majorité dans l'Eglise réformée, ne comptait, au Synode de 1872, que trois ou quatre représentants ; ils votèrent avec la gauche, non parce qu’ils pensaient toujours comme elle, mais parce qu'ils préconisaient, comme elle, la vraie méthode protestante et rejetaient toute autorité extérieure. Lorsqu'on relit ces débats, on remarque que, dans la discussion, une sorte de confusion a presque constamment régné entre deux questions bien distinctes : l’une théorique, la légitimité du vote d’une Confession de foi, et,

grâce à Dieu et de témoigner son amour à Jésus-Christ, son divin Chef, qui l’a soutenue et consolée durant le cours de ses épreuves.

« Elle déclare, par l’organe de ses représentants, qu’elle reste fidèle aux principes de foi et de liberté sur lesquels elle a été fondée.

« Avec ses pères et ses martyrs dans la Confession de la Rochelle, avec toutes les Eglises de la Réformation dans leurs divers symboles, elle proclame l’autorité souveraine des saintes Ecritures en matière de foi et le salut par la foi en Jésus-Christ, Fils unique de Dieu, mort pour nos offenses et ressuscité pour notre justification.

« Elle conserve donc et elle maintient à la base de son enseignement, de son culte et de sa discipline, les grands faits chrétiens représentés dans ses sacrements, célébrés dans ses solennités religieuses et exprimés dans ses liturgies, notamment dans la Confession des péchés, dans le Symbole des apôtres et dans la liturgie de la sainte-Cène. »

1. Voir Euc. Bensrer, Histoire du Synode général des Eglises réformées de France. 2? vol. in-8, Paris, Fischbacher, 1872.

dans le cas où elle serait résolue par l’affirmative,

une question de fait : la valeur de celle que pro-

posait M. le professeur Charles Bois. La première question elle-même en impliquait deux : une Eglise doit-elle avoir une Confession de foi? et : cette Confession doit-elle être obligatoire ? On pouvait même, à propos de l'obligation, poser encore deux ou trois points d'interrogation : à qui faut-il l’imposer ? à tous les fidèles ? aux électeurs? aux pasteurs seulement ?

Toutes ces questions ont été étudiées, mais un peu trop pêle-mêle. Ce n’est même que plus tard, plusieurs jours après le vote, que fut discutée l'obligation imposée aux pasteurs.

Il est remarquable que les libéraux ne s’opposaient nullement à une déclaration de principes religieux.Dans les huit jours qui se sont écoulés, du 13 au 20 juin, quelques-uns d’entre eux ont eu Voccasion d'exposer leur foi et l’ont fait en termes fort affirmatifs, par exemple M. Jules Gaufrès!. Dans la dernière séance, M. le doyen Jalabert déclara qu’il était centre-gauche, qu'il croyait à une Révélation divine, à l’intervention de Dieu dans l’histoire ; que, pour lui, Jésus-Christ est le Fils unique de Dieu, qu'il est ressuscité corporellement, que le pasteur ne relève pas uniquement de sa conscience?. I] lut un très beau projet de lettre à écrire aux fidèles au nom du Synode,

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