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Traité de peinture, chap. cccvu

session de cette triple observation, nous pourrons faire paraître tel objet plus ou moins grand, et approcher ou reculer, en apparence, telle surface. En un mot, au moyen d’une illusion assez facile à créer, nous arriverons à modifier dans une certaine mesure les dimensions apparentes de cette surface ou de cet objet.

Un peintre a-t-il une paroi à décorer, suivant qu’il tiendra sa décoration plus ou moins claire, cette paroi semblera plus ou moins grande, et par conséquent plus ou moins proche de nous, et par contre-coup la pièce qui la renferme nous paraîtra plus ou moins vaste. S'agit-il notamment d’un plafond, ce plafond aura l’air sensiblement plus élevé s’il est nuancé d’une teinte grise ou bleue, que s’il est simplement badigeonné en blanc. Est-il question, au contraire, d’une décoration verticale, nous la croirons d’autant plus éloignée que les couleurs en seront moins précisées, plus assoupies, et sembleront estompées par les couches interposées de l'atmosphère. « Dans un paiïsage, écrit Lecat, l’artiste me donnera sur la toile un rat et un chameau de la même grandeur, parce que le rat, avec ses couleurs frappantes, semblera sortir de la toile, et que le chameau, à peine visible, paraîtra se perdre dans un lointain où Je perds moi-même l’idée de la toile qui le porte !. »

LXVIT. — LES COULEURS PEUVENT AUSSI DONNER A UNE DÉCORATION UN ASPECT TRISTE OU GAI, AUGMENTER SON ÉCLAT OU LUI COMMUNIQUER, AU CONTRAIRE, UN CARAC- TÈRE MODESTE.

Nous avons établi dans la proposition XXIIT que les principales couleurs possédaient une valeur sentimentale bien définie. Il est donc tout naturel que, par l’emploi raisonné de nuances bien choisies, l'artiste puisse donner à une dé-

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