Pensées, première partie, article vr
2. Philosophie de l'esprit humain, I, 107, cité par H. Taine dans l'Intelligence, X, 93.
aussi, ont grand soin, lorsque sur les parois d'un appartement ils distribuent les panneaux d’un lambris, de tenir le champ vertical qui avoisine directement une porte ou une fenêtre, sensiblement plus large que celui situé à l’encoignure de la pièce. Si la décoration est mobile et consiste en objets d'art, en tableaux, en médaillons, en statuettes, qui doivent être suspendus ou accrochés entre une porte et l’angle d’un mur, il faut pareillement se garder de placer cette décoration juste au milieu de la paroi. On doit, au contraire, la reporter légèrement sur le côté, en l’éloignant de la partie vide. Par un singulier effet d'optique, l’ensemble ainsi disposé paraît mieux d’aplomb. Ce que nous disons des portes et des fenêtres s'applique également aux glaces, qui, nous l’avons vu, ont généralement pour effet de simuler une ouverture pratiquée dans la muraille.
XCI. — pANS TOUTES LES DÉCORATIONS MURALES, IL EST, EN OUTRE, MALSÉANT DE SIMULER DES VIDES OÙ LES NÉCESSITÉS DE LA CONSTRUCTION ONT OBLIGÉ L'ARCHI- TECTE A MÉNAGER DES PLEINS.
C'est là une vérité devenue en quelque sorte classique. « L’ameublement se lie de trop près à la décoration des intérieurs, ont dit avec beaucoup de raison deux décorateurs justement estimés !, pour que l'architecte puisse y rester indifférent... Des glaces indiscrètement posées, des tapisseries maladroitement attachées, produiront des vides où il faudrait des pleins, et des pleins où il faudrait des vides. La construction est, dans les édifices, ce que l’ossature est dans le corps humain; on doit l’embellir sans la masquer entièrement. La construction et la décoration sont dans un rapport intime, et si elles cessent de le paraître, il y a un vice dans l’ensemble. » On ne pourrait mieux dire, et il n’est besoin de rien ajouter.