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PSIînertatte Srjitrntrionalr.
Le Comte de Selkirk, Seigneur écossaÎR de haut rang et d’une grande fortune, a acheté une grande étendue de terres très-fertiles, situées sur les rives de la Hivière Rouge, qui se jette dans le grand Lac Winepec, dans l’Amérique septentrionale, qu’il possède avec tous les droits seigneuriaux qui y sont attachés, en pleine et absolue souveraineté.
Le Comte désire peupler ces belles et fertiles terres de gens honnêtes et industrieux, et sur-tout de îSuisses ou Allemands. A cet effet, le Comte a chargé et a donné plein pouvoir au Capitaine K. May d'Uzistorf, au service britannique et bourgeois de Berne, pour engager des Colons en Suisse pour sa Colonie. Le Capitaine May se fait un devoir agréable d’en donner connaissance à ses Compatriotes, étant persuadé que tous ceux qui se décideront d’y aller, s’y trouveront bien et n’y manqueront ni de la fortune, ni du bonheur, s’ils veulent être laborienz, industrieux et économes.
Cette Colonie est située entre le 49 et 60me degré de latitude septentrionale, environ ?30 lienes au Sud de la Baie de Hudson, non loin des sources du Mississippi. Le climat est modéré et très-sain ; l’hiver n’est pas plus froid ni plus long que dans nos pays de montagnes,* mais l'été est beaucoup plus chaud. Le pays consiste en grandes plaines, entremêlées par-ci par-là de montagnes peu élevées, nnllement escarpées et généralement couvertes de belles forêts. Ces immenses plaines sont couvertes de la plus belle herbe, formant ainsi de auperbes prairies naturelles, faciles à cultiver, piii.«que lé Colon n’aura qu’à renverser le gazon avec la charrue ou la
bêche, et pourra «emer et planter immédiatement, le sol y est extraordinairement fertile, puisque de la première récolté on recueille de 35 à 45 fois la semence. Toutes les espèces de grains en bled, pommes de terres, légumes et jardinage, chanvre, lin, tabac, et tontes les espèces d’arbres fruitiers, même les plus fins, tout y croit et prospère admirablement bien. Le bois à briler, à bâtir et pour tous les besoins de la vie y est en abondance. Ces immenses prairies nourrissent une prodigieuse quantité de gibier de toute espèce, surtout de troupeaux innombrables de bœufs sauvages, que chacun peu tuer ou attraper vivant et apprivoiser, de sorte que l’on peut se procurer facilement autant de viande et de cuir que l’on veut et que l’on peut avoir besoin. Comme le paya possède des lacs et des rivières en abondance, qui sont pleines d'excellens poissons, la pêche y étant aus.si libre à chacun, elle offre encore un article abondant de nourriture et d’industrie. Partout l’on y trouve des sources salées, de sorte que chaque Colon pourra se procurer ce premier besoin de la vie et de l’économie rurale en abondance et avec facilité. L’érable à sucre, dont on préparé un sucre qui remplace parfaitement celui des cannes, y est abondant. Enfin tous les besoins de la vie s’y trouvent dans la plus grande abondance, et chaque Colon pourra se les procurer lui-même avec facilité et peu de travail ; et il y a certainement |>eu de paya au monde qui offre autant de sources naturelles d’aisance, de richesse et de bonheur, que cette belle Colonie en offre aux Colons qui se décideront d’aller s’y établir. U y a déjà environ 300 familles qui y sont établies. Une forteresse, plus de 200 maisons, des moulins à scie et à farine y sont déjà bâtis. Des artisans de tout genre s’y trouvent, de sorte que l’on pourra se procurer, dès son arrivée à la Colonie, tout ce dont on pourra avoir besoin pour son établissement. Du bétail européen, des cochons, des moutons, même des moutons mérinos, y ont été transportés et y réussissent et prospèrent supérieurement bien, particulièrement les Mérinos s'y multiplient extraordinairement ; et comme ces immenses prairies sont libres à tous les Colons pour y paître leurs troupeaux, ou y faucher de l’herbe, elles offrent un moyen facile de faire multiplier ces troupeaux de Mérinos, autant que les Colons pourront le désirer. On peut se faire une idée quelle source de richesses cet article seul pourrait devenir pour les Colons. Des chevaux indigènes excellens s’achètent des Indiens natifs do pays, tant qu'on en veut, 8 à 10 gros éciis la pièce. Enfin tout ce que l’homme peut désirer pour son utilité, son plaisir et son bien-être, s’y trouve en abondance. Il est pourvu aussi au débit et à la vente des productions et des denrées. Le premier marché est offert aux Colons pour l’àrrivée annuelle et continuelle de nouveaux Colons, qui s’y transportent de toutes parts et qui, pour bien des années à venir, consumeront annuellement àpeu-près tout ce que les Colons peuvent vendre de denrées ;
en outre, la Compagnie anglaise de la Baie de Hudson s’est' engagée formelleiuent envers le Comte de .''elkirk d’acheter des Colons de cette Colonie tout ce qu’elle pourra avoir besoin en vivres et denrées pour son immense commerce de pelleterie, et de leur payer ces objets les mêmes prix qu’on paye en Angleterre ; [comme les vivres sont toujours trèschers en Angleterre, on peut juger quel gain et quel avantage cela offre aux Colons.] La même Compagnie s’est engagée d’être les agens de la Colonie, d’en exporter et transporter aux prix les plus modiques toutes les productions de la Colonie, comme : chanvre, lin, laine, tabac, iic- Sic. dans leurs vaisseaux en Angleterre, de les y faire vendre pour les Colons, et de leur en transmettre le produit, soit en argent ou en marchandises, comme ils le désireront.
Les conditions auxquelles on reçoit et engage les Colons, sont très-modiques et peu onéreuses.
Quant au transport des Suisses à la Colonie, on demande de chaque individu des deux sexes, au dessus de L5 ans, 21 louis à livres 15, sur lesquels cependant on ne paye que 10 louis argent comptant avant le départ ; les autres 1 1 louis pourront être payés peu à peu et à son aise après l’arrivée à la Colonie pendant un terme de 4 à 6 ans, moyennant intérêt au 6 pour cent.
Pour chaque enfant entre 10 et 16 ans on payera 7 louis argent comptant, et ensuite 8, comme ci-dessus.
Pour chaque enfant entre 2 etIOanson payera 5 louis argent comptant, et ensuite 6, comme ci-dessus.
Contre le payement de cette somme, le Comte de Selkirk s’engage et promet :
1. De faire transporter les Colons de la Suisse à Rotterdam à ses frais, de leur fournir et tenir prêt un bon vaisseau fourni de bonnes provisions et en quantité suffisante, sur lequel lisseront embarqués dès leur arrivée à Rotterdam, et partiront de suite. Le Capitaine May est chargé d’accompagner les Colons jusqu’à Rotterdam, d’avoir soin d’eux pendant le voyage, de les mener à bord de leur vaisseau, de les y distribuer et arranger, et de pourvoir à ce qu’ils ayent assez de place à bord du vaisseau ; d’en examiner les provisions et de voir qu'il y en ait en quantité suffisante et d’une bonne qua- ' lité ; enfin de prendre toutes les mésures et précautions qu’il jugera convenables et utiles pour leur bienêtre pendant le voyage, et ses compatriotes peuvent se fier à lui qu’il fera tout ce qui sera en son pouvoir pour leur rendre le voyi^e aussi agréable que possible.
■S. Aussitôt qu’ils seront arrivés à la baie de Hudson, où ils seront débarqués, ils trouveront un nombre suffisant de bateaux et de bateliers, avec les vivres nécessaires prêts à les recevoir, pour les faire de suite monter la rivière de Nelson et le lac Winipec jusqu’à Colonie,
où à leur ar^vée ils seront distribués dans les maisons des Colons déjà établis, jusqu'à ce qu’ils ayeiit b&ti les leurs, pour lesquelles on leur donnera tous les secours et le bois nécessaire.