‹ La découverte des sources du Mississippi et de la Rivière Sanglante [microforme]Chapitre 21 sur 35 · LETTRE VII · texte numérisé non relu

LETTRE VII

“Du Lac TRAVERS, àla Colonie de PEMBENAR, ou de la Compagnie de la Baie 'HUDSON.

De la Colonie dite de Pembenar, sur la Rivière Sanglante, 10 Août 1823.

Quoique vous devez encore courir un peu,

‘Comtesse, et dans des régions, où la Nature ne

s'offre pas sous des traits aussi intéressans, que ceux que vous avez vu dans la promenade pré.

cédente, néanmoins, comme je vous conduit tou-

“jours vers la fraicheur, c’est-à-dire, vers le Pôle, et à des incidens plu: variés, j'espère, que vous

en serez moins fatiguée.

‘Le pays, que nous allons parcourir est une prairie éternelle, qui n’est entrecoupée, que par des rivières, et des lisières de bois, qui parent leurs bords. L’horison seul borne les espaces immenses, qui les environnent, et la direction, que chacun veut prendre vers, ou entre les quatre points cardinaux du monde, est la seule route, qui se présente à vos pas. Nous nous tournêmes vers le point septeutrional, et nous l’avons cons tamment suivi jusqu'ici.

Nous partimes le 24 Juillet du Lac Travers, en lc saluant de nos coups de fusils ; et ce même jour les Buffaloes parurent à nos yeux. Mon cheval lui-même les annonça aussitôt, par l’ardeur, qu'il fit paraître. Etant le plus beau, et le moins fatigué de l’Expédition, il se montra aussi le plus vail. lant dans cette chasse extraordinaire. Marchant sur les traces de Mr. Renville, chasseur renommé, parmi les Sauvages mêmes, je laissai la bride à mon cheval, pour courir le Buffaloe, que nous vi mes le plus près Je l’eus bientôt atteint, et dé: passé, quoiqu'il füt à la distance de deux.ou trois milles de nous ; et l’ayant tourné, nous le pous

3ENAR, SON.

sur la Rivière

* un peu, Nature ne sans, que nade prénduit tours le Pôle, que vous

irest une >, que par qui parent spaces Imection, que les quatre eule route, tournâmes Avons COns-

ravers, en même jour on cheval rdeur, qu'il moins fatile plus vail Marchant r renommé, i la bride i que nous vi eint, et dé:

eux ou trois us le pour

simes vers nos gens, pour leur ménager le plaisir d’un suectacle si nouveau; et sous leurs yeux, je l’abattis d’un coup de fusil. En même tems Mr. Yeffray, un de ces Messieurs du Lac Travers, qui nous servait de guide, en tuait un autre à peu de distance ; et le soir, le chartier, qui portait dans sa charètte, mon bagage, dont j'avais déchargé mon cheval, nous fournit le troisième. L’abondance était pour la première fois dans notre camp ; il n’y avait point de bois, mais la fiante de Buffaloe, qu’on trouve dispersée partout suppléa à merveille ; elle fait un feu d’une force étonnante.

La surprise, qui me frappa, en voyant de près cet animal, fut égal au plaisir, que j’éprouvai en le chassant; il est d’une aspect terrible, effrayant. Sa grosseur approche de celle de lEléphant.

A sa crinière mouvante, au poil iong, qui lui couvre le cou et la tête, et lui retombe sur les yeux, on le prendrait pour un lion. Il porte une bosse comme les chameaux; ses fesses et sa queue sont celles de l’Hipopotame ; il a des cornes qui ressemblent à celles du Grand Bouc des Rocky Mountains, et des jambes de Bœuf.

Le jour d’après, nous trouvâmes le Grand Chef campé dans ces prairies. près de la Rivière des Sioux, Ciantapä- Watpà, qui sert de débouché aux eaux du Lac Travers. [Il était sous unetente toute neuve et très propre ; il nous offrit des bosses, et des langues de Buffaloe très bien assaisonnées, et qui sont les morceaux les plus friands; mais il garda-toujours un maintien, et un silence rigoureux. On voyait des troupeaux innombrables de

Buffaloes, partout, où l’œil se tournait. Je priai

le Major de vouloir bien engager le chefà nous donner le spectacle d’un chasse à coup de fléches ; mais comme il n'avait pas assez exercé ma patience, il me dit, avec sa complaisance ordinaire, qu’il ne pouvait pas s’arrêter.

Je le laissai aller; et Mr. Renville obtint du

(ai

chef de satisfaire ma curiosité. Nous galopômes

UE vers une prairie, qui en était noïre. Mon cheval, 1 ler EURE qui n'écoutait plus ni le frein, ni la voix, eufonça che | le centre du troupeau, et en le partaganten deux, il e fe à il eu tourna plu ieurs. Le chef, quime suivait offr Lil À avec Mr. Reuville, décocha sa fléche, et il en sur Li A perga une vache ; elle se sauvait encore, mais hé jh la fléche, s'enfonçait toujours d'avantage à me- pau De sure, que la bête marchait, et elle tomba, quand trés fi ÿ de trait eut pénétré toute entier, Jamais at. 1 TE titudes plus belles. que celles de ce chef, n’exci. dl A tèreut mon admiration. Je voyais tour à tour en che: Lil lui la statue équestre du Marc-Auréle du Capi- fend f tole,et celle du Grand Roi Numide. Jamais spec- pris ii tacle ne me frappa d'un tel étonnement. Je D Cha | croy is voir les jeux, et les combats des Anciens, éloig 1R Je jouais presque le même rôle des premiers In- ia

diens, qui voyaient un être d’un ordre supérieur, dans le premier Européen à cheval, qui parût à : deurs yeux : et lui, son carquois, son cheval, et SAPF sa victime formaient des modeles dignes du pinceau de Raphaël, et du ciseau de Enove J’é. f. tais tellement ravi, par tout cét ensemble prodi.

D MER SE ARS — = = eee ET D US =: au

tèrent à cette grande représentation des épisodes Me. des plus singukers, et très liés avec l’action prin- : M aipale, suivant toutes les règles de l’Epopée. “ Cet animal est aussi friand, que l'homme, de E 11" € la viande délicieuse du Buffaloe ; mais, corn, : il Le est trap faible pour s'attaquer à lui, il emploie lempé

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gieux, que j'oubliais, que j'étais un chasseur : et JoSre

| ‘ce ne fut qu’au son de la voix du chef, qui m’in- ie

| diquait ‘ane génisse, passant à peu de distan- a pl LL <e de moi,que je me réveillai, la tirai, et l’abat. D “6 nl: tis. Sa Majesté me fit l'honneur de me dire, que D "°C | je l'avais tirée à merveille. Celui de nos Grands in 4 :Veneurs, qui recevrait un tel compliment d’un de Li Le fl inos rois, passerait à l'immortalité ; et les poètes D "! Sa j de Cour se disputeraient l'honneur de le chan. Æ M M ter. Mr. Renville tua un Buffaloe. : om fi Les loups figuraient aussi sur la scène, et ajou- den,

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