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car ils en empruntent la vertu, pour attribuer à leurs jongleries, la guérison quil opère sur les malades.
Je suis parfois indisposé, parceque, quand je trouve des fruits sauvages, la faim me fait oublier souventle précepte de l’école de Salerne, quantitas et qualtas. Alors je prends un peu de sucre dans une décoction, desimples qui m’ontété indiquées, et surtout de bois de cerisier sauvage, et la gué. rison est faite. Je retournai au camp du Grand Lièvre, pour engager un sauvage, qui, avec mon Bois-Brülé, m'accompagnât daus la continuation de ma promenade, et pour acheter le canot de la tragi-comédie de la Rivière Rouge ; car je voudrais le faire parvenir, s’il était possible, jusqu'à ma chaumière champêtre, et le garder avec mes curiosités Sauvages, comme un souvenir ,et un trophée de mes travaux, dans ces promenades trans-atlantiques.
Tous les grands de la tribu étaient assemblés en Grande Loge de Medicine.
Comme je n’appartenais à aucun des cinq mondes des Sauvages, c’est à dire. ni au monde Français, ni à l’Auglaissui à l'Espagnol, ni à l’Américain, ni au leur, et que conséquemment, comme homme d’uu monde inconnu, je ne pouvais pas être regardé comme profane, il me fut permis d’entrer.
Ils étaient occupés à bénir leurs racines magiques. Le Grand Homme de Medecine, Piscientha Onicy Asciatophy. entonait leurs pseaumes, etchaque initié chantait à son tour son verset, Les racines passaient dans les mains de chacun, et revenaiententre les mains du Grand Homme, qui en achevait la consécration: L’on maugea ensuite ; car tout se termine par là; et je mangeai aussi, J'étais encore dans le camp, “dre js de ces mêmes sectaires mourait empoisonné. Au repas on avait servi à chacun sa portion, dans une écorce séparée ; on avait as-aisonpé la sienne d'une de ces médecines, qu’il avait lui-même
bénies a:
pect au ( Eu pa soune n en secret est brulé cendres, bons cro) Je le vis, hommes, faires, av vantables Cet acte, qui m'ont effets de | m'en alla
: dos, péné:
La rivié par les S des orage ti‘rement
la Raison de la riviè
bénies avec les autres. C'était un Sauvage sus- |
pect au Grand Homme de Médecine.
Eu pareil cas toute vengeance se tait; persoune n'en parle, pas même les parens; c’est eu secret seulement, qu’on le pleure. Son cœur est brulé à part. Les jongleurs en conservent les cendres, et les distribuent, dans l’occasion, aux bous croyans.comme des amulettes prodigieuses. Je le vis, il mourait en paix ; et ceux de la butte, hommes. femmes- et enfans, faisaient leurs affaires, avec uu sang-froid, une indifférence épouvantables, sans même tourner les yeux sur lui. Cet acte, Comtesse. m'en rappela tant d’autres, qui m'ont fait gémir et frisonner sur les terribles effets de l’imposture et de la superstition. Je m'en allai, la tête baissée, les mains derrière le | dos, pénétré de milles réflexions pénibles.
La rivière du Grand Portage est ainsi appelée par les Sauvages, parcequ’il y a quelques tems, des orages terribles, en renversant presqu’entitrement une forêt. qui borde ses rivages, a encombré son lit de ses arbres abattus, entravé la navigation, et forcé conséquemment ceux qui voudraient la naviguer à faire un grand portage ; mais cette rivière est la véritable Rivière Rouge, ou Sanglante. Elle se jette au Sud dans le lac, et en sort. comme nous l’avons vu. au Nord-Ouest. C'est l'opinion des Sauvages eux-mêmes, et l’on
eut facilement argumenter à son appui.
Il est de la théorie des anciens Géographes,
ue les sources d’une rivière. qui sont le plus en boite ligne avec son embouchure, doivent être considérées comme les principales, et surtout, quand elles partent d’un point cardinal, et descendent vers celui, qui lui estdirectement opposé; cette théorie parait fondée sur la Nature, et la Raison. Il faut donc voir où sont les sources de la rivière du Grand Portage.
Je partis du Lac Rouge, dans la matinée du 26 Le commencement du Portage est entrel a
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rivière de ce nom, et la rivière des Dorés. Ila environ 15 milles de route; j’engageai donc un autre Sauvage et son cheval, afin de le franchir plus commodément. Le pays est beau, mais, parfois, il est impénétrable.
À moitié chemin, un joli petit lac, entouré de Cyprés, m’arrêta. Il n’a ni entrée, ni sortie ; ses eaux ‘sont sombres, comme les objets, qui s’y réfléchissent, et une caverne, où l’eau est immobile comme partout ailleurs, me rappella la grotte de la Sybille de Cumes ; mais comme je ne suis pas un Enée, je ne jugeai pas à propos d’y entrer. Ce lac étant sans nom, je l’appelaile Lac Averne, du Nouveau Monde.
Le soir, après bien des fatigues, et après avoir essuyé un orage, qui n'était pas des plus agréables, nous arrivâmes au bout du Portage, ‘près d’un petit lac, que nous appelâmes lac des Pins, à cause de la grande quantité de ces arbres, qui l'entourent. Ses eaux forment la rivière des Dorés, qui coule du Sud au Nord. A l'Ouest il communique avec un autre petit lac, qui n’a point d'entrée, et qui, par des bouillonniemens continuels. ferait croire, qu’il reçoit ses eaux de dessous terre.
Le lendemain, 27, je renvoyai le cheval et le Sauvage surnuméraire ; car n’ayant rien à manger. que ce que nous pouvions nous procurer avec nos fusils, nous étions déjà trop de trois. Nous traversämes le petit lac, toujours du Nord au Sud, et là commence un autre portage de 4 milles. .
Le Sauvage se chargea du canot; le Boss- Brulé de ce qu'il pouvait porter; et moi du reste. Vous riez,. ol ap et moi aus-i. À la fin, puisque je suis devenu une bête de somme, on ne m’accusera plus d'être un homme sans patience.
Je marchais assez lestement, et je n’avais pas mauvaise tournure pour un homme, que fes ronces et les épines accrochaient de toutes parts.
Delille m aurait ic ne disais Au bot du Grand monte, e.
en passa de tour, mais mall d’être mû y trouvär mais ilsrn tage la pr les appel:
du Riz S.
Après jours ver lac. form n’a autre:
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celle-ci laisse.
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Delille même, pour qui tout est rose et jasmin, aurait ici changé de tou. Et moi, Comtesse, je ne disais mot.
Au bout de ce calvaire, on trouve la Rivière du Grand Portage. On s’y embarque, on la remonte, et on traverse deux lacs, qu’elle forme, en passant, chacun d'environ cinq ou six milles de tour, semés par la Nature de riz sauvage ; mais malheureusement il était encore bien loin d’être mûr. Une famille de Sauvages, que nous y trouvâmes, en glanait quelques épis ça et là, mais ils ne servaient, qu’à en faire sentir davantage la privation, et à aiguiser notre apnétit. Nous les appelâmes Manomeny-Kany-ag'", ou les Lacs du Riz Sauvage.
Après cinq ou six milles, en remontant toujours vers le S., nous entrâmes dans un superbe lac, formé aussi par les eaux de la rivière, et qui n’a autres issues, que sou entrée, et sa sortie.
Sa forme est en demi-lune. Une île. charmante en orne le centre: il a environ 20 milles de tour. Les Sauvages l’appèleut Puposky- Wizà- Kany-aguen, c’est-à-dire la fin des terres tremblantes. Cette étymologie est très correcte, car presque tout le pays, que nous avons parcouru, depuis le Lac des Pins, flotte, pour ainsi dire, sur les eaux. Le pied s'enfonce avec la motte qu’il presse, et celle-ci reprend son niveau, lorsque le pied la laisse. Ce lac se trouve précisement à peu de distance de terres hautes, qui séparent les eaux, qui tombent vers le N., de celles qui tombent vers le S.
J'y ai passé une partie de la journée de mon arrivée, et toute la nuit suivante. Nous y avons fait bonne chasse de canards, qui y abondent, et y font leurs nids. Nous en avous aussi salé pour nous menager un peu de provision. dont il nous arrive souvent de manquer. Dans la matinée du 28, nous reprimes notre navigation sur la rivière, qui a son entrée au S. du Lac.
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À environ six milles au-dessus, nous trouvâmes ses sources, qui jaillissent au milieu d’une petite prairie, et des roseaux seuls environnent le petit bassin, où elles bouillonnent. Nous en avons approché avec le canot, jusqu’à cinquante pas.
Mais avancez encore un moment, Comtesse :
franchissez le court portage. qui conduit au sommetde la petite colline. qui surmonte ces sources, vers le $., la seule colline, que j’aie rencontrée depuis celles, que je vous ai fait remarquer sur la rivière St. Peter, et transportez vous aux lieux, d’où j'écris. C'est ici, qu’en vous reposant, sous l’arbre qui m’ombrage, vous contemplerez d’un œil avide, et avec l’âme saisie de sentimens inconnus, des grands traits de la Nature, des phénomènes, qui frappent d’étonnement, et font en même tcms éprouver des jouissances presque célestes. C’est un ouvrage, NA n'appartient qu’au Créateur d'expliquer. Nous ne pouvons, qu'y vénérer en silence sa main toute puissante.
C’est ici. Comtesse, que l’homme s'élève avec extase vers l’Auteur des merveilles, qui le frappent. C'est ici, que l’incredule le plus obstiné serait forcé d’avouer l'existence d'un Etre Suprême. Ce grand temple, devant qui tous les monumens de l’Antiquité se prosternent, et que l'Avenir ne saura jamais égaler. le temple auguste du Vatican, où la Divinité, et la Religion se montrent dans toute leur majesté, ne saurait vous pénétrer d'émotions de foi aussi sublimes, aussi profondes, que celles que inspirent ces lieux vénérables.
Nous nous trouvons, Comtesse, sur les plus hautes terres de l'Amérique Septentrionale, si l’on excepte les montagnes glaciales, inconnues,
ui se perdent dans les régions problématiques du Nord de cette partie de la Terre, et dans les
vagues conjectures des faiseurs de Cartes Géographiques. Cependant, Comtesse, tout y est
plaine ; €
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ce que j’) offrirai le suggére.
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plaine ; et cette colline n’est, pour ainsi dire, u'une émineuce formé au milieu pour servir Débecsutiies
En promenant ses regards au tour de soi, on voit les eaux couler au Sud. vers le Golfe du Méxique ; au Nord. vers la Mer Glaciale ; à l'Est, vers JMtlantique, et à l'Ouest, se diriger vers la . Mer Pacifique.
Un grand plateau couronne cette suprême élévation, et, ce qui étonne d'avantage, un Lac jaillit au milieu.
Comment s’est-il formé ce Lac! D'où viennent ses eaux! C’est au Grand Architecte de l'Univers, qu'il faut le demander. Les hommes ne peuvent vous donner, que des conjectures, et celles des savans sont quelques fois les plus faibles, les plus erronées, parce qu’elles sont les plus présomptueuses, les plus métapliysiques : et lors même, qu’ils ne comprennent rien aux différens phénomènes, qui se présentent à leurs yeux, il faut qu'ils disent toujours, qu’ils ont tout compri<. Quant à moi, je vous en dirai d’abord ce que j’y vois matériellement, et ensuite je vous offrirai les inductions, que la raison naturelle suggére.
e Lac n’a aucune issue, et mon œil, qui est assez perçant, n’a pu découvrir, dans aucun lointain de l’horizon le plus clair, aucune terre, qui s'élève au-dessus de son niveau ; toutes sont aucontraire beaucoup inférieures. J’ai fait de lon-
ues courses daus tous ses environs; je n’ai pu Dbource aucune trace volcanique, et ses bords en sont également dépourvus. Cependant ses eaux bouillonnent au milieu ; et toutes mes cordes, et mes ficelles, n’ont point suffi pour en atteindre la profondeur ; ce qui serait un indice,
u’elles jaillissent du fond de quelque gouffre, dont les cavités s'étendent loin dans le sein de la
Terre ; et leur limpidité est presqu’une preuve, qu’ellesse purifienten filtrant travers de longues sinuosités souterraines. De façon que le temps
pourrait peut-être avoir effacé les traces extérieures, et superficielles d’un volcan, et le bassin du Lac pourrait néanmoins en être l'effet, et le cratère. Où ces eaux vont-elles? C’est, je crois, ce qui est plus facile à résoudre, quoique on ne leur trouve aucune sortie apparente.
Vous avez vu les sources de la rivièfe, que j'ai remontée jusqu'ici. Elles sont précisément au pied de la colline, et filtrent en ligne directe du bord septentrional du Lac, vers le centre. Elles sont les sources de la Rivière Sanglante.
De l’autre côté, vers le Sud, et également au pied de la colline, d’autres sources forment un Joli petit bassin d’euviron quatrevingt pas de circonférence. Ces eaux filtrent aussi du Lac:
et ces sources !…. Ce sont les sources du Missis.
sippi.
ee Lac fournit donc les sources les plus méridionales de la Rivière Rouge, que j’appelerai désormais de son vrai nom, la Rivière Sanglante ; et les sources les plus septentrionales du Mississippi ; les sources inconnues de l’une et de l'autre.
Ce Lac a trois milles de tour, environ ; il est fait en forme de cœur ; et il parle à l’âme. La mienne en a étéémue. Îlétait juste de le tirer du silence, où la Géographie, après tant d’'Expéditions, le laissait encore, et de le faire connaitre au Monde d’une manière distinguée. Je lui ai donnéle nom de cette Dame respectable, dont la vie, comme il a été dit par son illustre amie, Madame la Comtesse d’Albany, a été un cours de morale en action, la mort, une calamité pour tous ceux, qui avaient le bonheur de la connaître, et dont la mémoire se renouvelle sans cesse avec la vénération, et la douleur de tous ceux, qui savent apprécier la bienfaisance et la vertu. J'ai appelé ce lac, le Lac Juhe, et les sources des deux fleuves, les Sources Juliennes de la Rivière Sanglante ; les Sources Juliennes du Mississiby, qui en langue Algonquine signifie le Père des Fleuves.
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Je crus voir l’ombre de Colombo, d’Americo Vespucci, des Cabotto, de Verazani, &c., assister avec joie à cette grande cérémonie, et seféliciter, qu’un de leurs compatriotes vint réveiller, par de nouvelles découvertes, le souvenir des services qu'ils ont rendus au Monde entier par leurs talens, leurs exploits, et leurs vertus.
Je ne saurais vous dire exactement la latitude, ni la lougitude de ce point intéressant, car je n’ai aucun des instrumens nécessaires pour une telle opération : et, pour parler franchement, quand même j'en aurais, je ne saurais peut-être pas m’enservir d’une manière satisfaisante. L’astronomie n’a été qu’un accessoire momentané de mon éducation, qui ne visait a rien; c’est une des fautes de nos pays : l'éducation, de qui que ce soit, devraittoujours avoir un but principal et déterminé : et, comme vous savez, Comtesse, je me suis occupé plutôt de ce que les hommes doivent faire, et ne pas faire sur la Terre, que de ce qu’ils peuvent avoir à contempler, ou à deviner dans les Cieux. Au reste ce n’est que pour le mieux ; car, puisque Mr. Melish est bien loin d’être d’accord avec Mr. Schoolcraft, le Major Long avec Mr. Tardieu, même sur les dégrés de pays déjà connus, on a lieu de croire, qu’il est bien difficile de trouver un Sextant fidèle. J’évite ainsi d’induire aussi le monde en erreur. Cependant je pense, qu’on peut les estimer à 48 et 45, de latitude, et à 18 et 30, de longitude occidentale du Méridien de Washington. Sa distance du Lac Rouge, ou Sanglant, est à-peu-près de 70 milles.
Mon Sauvage, et mon Bois-Brülé m’avertissent, pour la troisième fois, que la table est servie. Occupé de tout ce que la Nature a de plus imposant, de plus sublime ; l’âme pénétrée des sentimens qu’inspirent ces lieux solitaires et vénérables, et des ceux, que réveille encore le nom, que je viens de leur donner, j'oubliais ce que je dois à mon éxistence.
chers a : men se
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