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lire, j'espère, trouver, dans ses jugemens, ‘cette indulgence, que l’on doit à la franchise, et à la droiture d'intention.
On a pardonné à Madame de Sévigné bien des fautes de langage, et bien des incorrections, par la seule raison. qu’elle écrivait ses lettres du premier trait de plume. Si l’on jette ün coupd'œil sur la date des miennes ; si l’on réfléchit sur le tems, qu’il m’a fallu, pour parcourir un espace de plus de 2000 lieues, l’on conviendra aisément, qu’un étranger, écrivant au milieu des bois, entouré de Sauvages, et de dangers, essuyant toute sorte de privations, et de misères,
: l'on conviendra, dis-je, qu'il est, pour le moins,
aussi excusable, que Madame de Sévigné, fort à son aise das son boudoir, et conversant dans sa langue maternelle.
De plus, il est difficile qu’un Italien puisse penser dans une autre langue, que la sienne. Cet ouvrage est donc sujet à un double inconvénient: la langue n’est point celle des pensées, et les pensées, ne peuvent être, que mal rendues, par un idiôme, qui leur est étranger.
Vous demanderez, peut-être, pourquoi je n’écris pas en Italien ? J'aime à me familiariser avec une langue, qui est devenue la langue de l’Univers : et d’ailleurs, un ouvrage écrit en Italien, serait inutile, et ici, et en Italie, quoique par de différentes raisons.
Enfin, Comtesse, vous n’y verrez que la vérité dans toute sa simplicité, ce qui ne vaut rien, sans doutc, en comparaison des phrases fardées:
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et des fables encyclopédiques, enfantées par limagination aîlèe des beaux esprits, et répandues dans le Grand Monde, qui, en général, ne protège, que ceux, qui le flattent, et le trompent.
Cependant, comme vous n’aurez pas à bailler sur le plagiat ; comme ces nouvelles découxertes vous rappèleront celles d’un grand nombre de nos illustres compatriotes, et que vous y trouverez un aperçu de tout ce qu’il y a de plus curieux, de plus intéressant sur les contrées que J'ai parcourues en Amérique, je ne doute nullement, que vous ne me lisiez avec intérêt. Cet ouvrage a d’autres droits encore à votre bienveillance. C’est l’offrande de l’amitié, et un monument consacré à la mémoire de votre illustre et vertucuse amie.
J’ai l'honneur d'être,
Madame La Comtesse,
Votre très-humble serviteur,
De la Nouvelle-Orléans, ce 12 Février 1824,
uli
la cha,
L'AUTEUR AU PUELIC,
Ces LerTrRes, puisque J'ai hasardé de les faire imprimer, vous appartiennent aussi ÿ € conséquence Je vous dois une préface. Elle ne sera pas longue ; je n'ai que deux mots à vous dire.
Que celui, qui n’est pas impartial ne me lise Pas, car J'at écrit avec la plus grande impartialité. Qu'on n°écoute pas les Mœvius, inspirés seulement par l’Envie et la Méchanceté. Qu'on me Juge sans passion ; et que pers mne ne me juge, s’il n’a la Patience deme lire tout entrer.
Vous n'y lirez point de vérités, j'espère, qui ne sotent assoctées au désir du bien. Vous Jugerez si elles sont utiles.
En imprimant cet OUvrage sur la scène même de l’action, je crois avoir fait preuve d'assurance, de franchise, et d’une noble confiance. Daignez l'agréer.