‹ La découverte des sources du Mississippi et de la Rivière Sanglante [microforme]Chapitre 7 sur 35 · ET · texte numérisé non relu

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il y a 30 ans, que par des bêtes féroces. et par

des peuples encore plus féroces, que les bêtes ;

et principalement la partie comprise dans les

Etats de l'Illinois. de l’Indiana, et de l'Ohio. C'’était la proprié‘é et la demeure des Sawanoes, des Miamis, des Fiankiciawoes, des Wayaoes, des Kaskasias, des Delawares, et des Illirois, peuples qui ont été en grande partie détruits, et en

artie se sont incorporés avec les Owatawas, les

Baukis, les Renards, &c. La rivière Aliégany était habitée par les Senekis, dont une partie s’est refondue dans les Six Nations ; et le Kentucky lui-même, lorsque Boon y pénétra le premier avec une troupe de chasseurs aventür &ïo de la Virginie, en 1770, n'offrait aucune «atre trace, aucun autre sentier,que ceux qui y avaient été frayés par les Sauvages, les Buffaloes, les Jonps, les ours, et les panthères. C’est dans le Kentucky, qu’en abattant les forêts, et en ouvrant le sein de la terre, on a trouvé ces monstres gifie qu'on admire dans les musées de

hiladelphie, de Baltimore, et de Cincinnati : ils ont presqu’entièrement la figure d’éléphans, ét les Naturalites modernes leur ont donné le nom de Mammouth.

* Lexington, une des principales villes de l'Etat, et que ceux, qui croient à la possibilité d’une sé- Paratiou politique, désignent déjà comme la capr de tous les Etats de l'Ouest, était alors

centre des peuples Sauvages, dont une partie habite maintenant la rivière sage, qui se jette dans le Missouri, à 300 milles au-dessus de son embouchure, Enfin les premiers hommes civilisés, qui descendirent l'Ohio, du Fort Pitt, ne datent que de 1773. Ce furent le Docteur Wood, et Simon Kenton; comme il résulte d’un manusrit, qu'on a eu la bonté de me faire lire à Pitts-

burg.

| Ensuite ces contrées devinrent le théâtre des

guerres atroces. que les Américains eurent à soutenir contre ces peuples sauvages; et malgré la paix, conclue avec eux en 1806, ils ne parvinrent à les chasser entiérement, qu'aprés celle qu’ils traiterent en 1814, avec l’Angleterre, et ce, en achetant leur prétentions, ou leur droit de propriété sur ces terres; mais, principalement, en fixant des postes militaires. et des forts, sur les lacs Michigan, Huron, Erié, et Ontario; sur les rivières Mississippi, Missouri, Illinois, Wabash, Miami. Arkansas, &c. Une dame à Louisville m’a raconté elle-même, qu’en l’année 1809, elle vit massacrer ses trois fils sous ses yeux par ces barbares, et menacer le quatrième, qu’elle serrait dans ses bras.

Vous devinez, sans doute, Comtesse, que ces incursions réitérées des sauvages. étaient l’effet de l'Influence Anglaise ; mais il est difficile que vous puissiez imaginer les ressorts, vraiment diaboli. ques, au moyen desquels cette /Vation Libérale tenait en activité leur haine et leurs hostilités cruelles contres les Américains, qu’elle ne peut s’habituer à regarder autrement, que comme des colons, ou des sujets rebelles.

Tous les traités, que les Américains faisaient

avec les sauvages, étaient malicieusement com.

mentés par les Anglais, qui y irouvaient toujour: des argumens à retorquér contre les Américains; et les sauvages violaient immédiatement ce:

traités.

C’est un des principes fondamentaux de la po: litique du Cabinet, devot, de St. James, que tous les peuples doivent avoir une religion, non par ce que les Anglais souhaitent, que tous les peuples

aillent en Paradis, qui n’est aussi que pour eux

mais seulement par ce qu’ils disent, qu’un peuple sans religion n’est point susceptible de fanatis me et de superstition, et que conséquemment sans ces deux qualités, il ne peut aucunemer! servir à leurs vues. Ils tentèrent donc d’en don

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per une aussi aux sauvages; mais il fallait, que le mobile fut bien puissant, tel que celui du ciel des anciens astronomes, qui envelopait, et faigait mouvoir les autres cieux. Ils leur créerent ipso facto, un prophéte, avec la même facilité, qu'ils ont rendu au monde les Jésuites, et naturellement ils Les trouvèrent dans l’homme le plus habile, et en relation avec les plus puissans de leurs nations, dans le frère du fameux Thecumseh. le chef le plus vaillant et le plus formidable de tous ces sauvages.

: Ils commencèrent donc par le faire passer pour un inspiré. par le moyen même de la feinte crédulité de quelques fourbes soudoyés. Ensuite ils lui firent prêcher. que le Grand Manitou, leur

» Grand Esprit, lui aveit ordonné de réunir toutes

* les tribus en une seule famille de concorde et

+ de fraternité, pour marcher contre les Améri-

! cains, qui consoiraient leur destruction totale,

ainsi que celle de leurs JManitous. Ils lui firent

: finalement élever un étendard, où tous leurs em-

: blemes superstitieux étaient réunis; car en pa-

reil cas. chaque nation, chaque secte a sa croix,

etilen fautune. Plus de 3000 Sauvages se ran-

t gèrent, en fanatiques, sous cette nouvelle ori-

: flamme, et bientôt l’on vit le feu courir, et le

sang couler sur le T'erritoire Américain.

Le Général Harrison accourut à la fin avec

» des forces majeures, contre ces croisés,et, comme un autre Saladin, il les vainquit; mais jamais

: bataille entre peuples Sauvages, et peuples Ci.

m vilisés, n’a été plus obstinée, plus vaillamment

soutenue, de part et d'autre, que celle du 6 no-

vembre 1811, au confluent duUipe<chat et du

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Wabash. Le prophète encuurageait ses guer- » riers au combat, en déployant son étendard et + ses JManitous ; mais comme, en sa qualité de A Grand Prêtre, il ne lui était pas permis d’être N un ot, il se tenait bien loin du danger, sur une 4 petite hauteur, tandis que son frère, à la tête de

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