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liet épousa demoiselle Claire-Françoise Bissot, quatrième fille de sieur François Bissot de la Rivière, bourgeois de Québec, originaire de Notre-Dame des Prés, en Normandie, et de darne Marie Couillard. La jeune épouse n’avait guères que dix-sept ans. Elle descendait de la plus ancienne famille de Québec. De ce mariage naquirent sept enfants, dont trois fils et quatre filles. L'une d'elles mourut en bas âge, et les autres s’engagèrent dans le mariage. Charlotte épousa Jean Lemelin, Geneviève se maria à Joseph Grignon, et Claire fut l’épouse de Joseph Fleury D’Eschambault (1).
Jolliet avait fait un voyage à la baie d’Hudson, dans les intérêts du roi. M. de de la Durantaye, qui commandait à Michillimakinac, l’'envoya prévenir les [roquois de la condescendance du roi, qui renvoyait.au Canada les quarante sauvages de leur nation envoyés en Ôtage en France. Le gouverneur, pendant la traversée, avait essayé en toute manière de les adoucir; et, dès l’arrivée de la troupe à Québec, on envoya des messagers dans les di-
(1) Les Montagnais l’appellent, aujourd'hui, Natassi- Kouch, de Natash, ‘ je vais chercher, ” et Ascouch, abréviation de Mascouch, ‘ petit ours. ??
vers cantons pour avertir les tribus de l’arrivée des captifs, et pour les disposer à bien apprécier cette réparation. Jolliet donna, à son retour à Québec, des moyens à prendre et des instructions sur l'importance de les détourner de la ligue offensive qui s’organisait contre la colonie.
On le voit, notre compatriote était haut placé dans l'estime des autorités et jouissait de leur confiance.
En 1680, en récompense de ses voyages, de ses découvertes, de ses travaux et de son zèle pour la cause de son souverain, Jolliet reçut la seigneurie de l'Ile d’Anticosti (Natiscotee, dit Charlevoix), dans le golfe Saint-Laurent, Île, aujourd’hui, encore presqu’inhabitée, mais si riche alors en animaux sauvages et si avantageusement située pour le commerce des pelleteries et pour la pêche des poissons de toutes espèces. Nous citons une partie de l'acte de concession, du mois de mars 1680, qui fait voir que Jolliet avait demandé la seigneurie et qu'elle ne lui futpas donnée spontanément par le gouvernement.
‘“ JAoQUES DuonEsNaAU, chevalier, intendant de justice, etc., etc.
“« À tous ceux qui les présentes verront, salut :
“ Sçavoir faisons, que sur la requête à nous présentée par le sieur Jolliet, demeurant à Québec, à ce qu’il nous plust luy vouloir accorder en titre de fief et seigneurie, haute, moyenne et basse justice, l’Isle d’'Anticosty, scituée à l'embouchure du fleuve Saint-Laurent, dans laquelle il désirait faire des esta. blissements de pesche et de morue verte et seche, huiles de loup-marins et de ballaines, et par ce moyen çommercer en ce pays et dans les Isles de l’Amérique ; Nous, conjointement avec monsieur le comte de Frontenac, conseiller du Roy en ses conseils, gouverneur et lieutenant-général pour Sa Majesté en Canada, Accadie, Isle de Terreneuve, et autres pays de la France Septentrionnale, ef en considération de la découverte que le dit sieur Jolhet a Jaite du pays des Illinois, dont ii a donné le plan, sur lequel la carte que nous avons envoyée depuis deux ans à monseigneur Colbert, ministre et secrétaire d'état, a esté tirée, et du voyage qu'il vient de faire à la Baie d'Hudson pour l'intérêt et l'avantage de la ferme du roy en ce pays,
au dit sieur Jolliet donné, accordé et concédé, donnons etc., la dite Isle d'Anticosty, etc. etc. « (Signé :) DucHESNEAU. ”
‘ (Régistré au greffe du conseil souv.) € PEURRET. ”
L'année suivante, l’intrépide Jolliet y alla résider avec son épouse, ses quatre enfants et quelques employés. Moriri (Voir Anticosty), en parlant de cette ile, où Jolliet faisait sa demeute, nous dit : ‘“ Elle a trente-cinq lieues en longueur sur sept en largeur. Elle appartient à un Canadien, qui y aun magasin fortifié pour garantir ses marchandises et sa famille contre les surprises des Esquimaux, et qui trafique avec les Montagnais et les Papinachoiïs, des armes, des peaux, ete., etc. ”
Le négociant de l’Ile d’Anticosti ne fut pas longtemps sans s'apercevoir que ses pêcheries et ses postes de commerce du golfe ne lui fourniraient pas des moyens de subsistance pour sa famille et pour le rémunérer de ses services, aussi demanda-t-il au gouvernement une autre seigneurie.
Lahontan nous fait connaître (tôme I, page 210 de son ouvrage sur le Canada) un incident
relatif à Jolliet. ‘ Lorsque les Anglais et les colons de la Nouvelle-Angleterre vinrent faire le siége de Québec, en 1690, sous la conduite de Sir William Phipps, le sieur Jolliet, qui - était dans sa barque avec sa femme et sa bellemère, fut pris par la flotte du chevalier William Phipps, sur le fleuve Saïnt-Laurent,” et, à la page 215, il ajoute: “ Lorsque William Phipps eût fini ses glorieux exploits, il envoya demander à M. de Frontenac quelques prisonniers anglais en échange du sieur Jolliet, de sa femme et de quelques matelots, ce qui fut exécuté sur le champ.” (1)
En conformité à une requête présentée au Roi, et aux recommandations des autorités de cette colonie, la Cour accorda à Jolliet, en 1697, une nouvelle seigneurie, dont voici un extrait du titre :
‘“ Louis de Buade, etc., Jean Bochart, etc.
‘“ À tous ceux qui les présentes verront, salut :
“Sçavoir faisons, que sur la requeste à nous présentée par le sieur Louis Jollict, tendante
(1) Un prètre, M. Claude Trouvé, pris aussi par les An-
glais dans les missions de l’Acadie, fut amené à Québec où il fut échangé,
à ce qu’il vous plut luy vouloir accorder les islets qui sont dans la Rivière des Etchemins audessus du premier Sault, contenant trois quarts de lieues ou environ, avec trois lieues de terre de front sur pareille profondeur à prendre une demi lieue au-dessous des dits islets en montant la dite rivière, tenant d’un côté à la Seigneurie de Lauzon et de l’autre aux terres non concédées ; le tout à titre de fief et seigneurie, haute, moyenne et basse justice, pour par le dit Jolliet s'y faire un établissement et y mettre des habitans ; a quoy ayant égard, Nous, en vertu du pouvoir à nous coujointement donné par Sa Majesté, avons donné, accordé, etc., au dit sr. Jolliet les dits islets contenant trois quarts de lieue ou environ, avec ces dites trois lieues de terre de front sur pareille profondeur, en la manière que tout y est dessus désigné, pour en jouir par luy, ses hoirs et ayant cause en propriété à toujours, etc. ”?
Jolliet de Mingan était frère de Jolliet d'Anticosti,
Il avait épousé demoiselle Marie Mars qui, à son décès, épousa le sieur Volant d'Haudebourg. Il prit le nom de Jolliet de Mingan,
de la seigneurie de Mingan, que le gouverne:
ment avait octroyée du mois de mars 1679 à Louis Jolliet, son frère, et à Jacques de Lalande, et qui lui fut cédée conjointement (1). Un court extrait du titre primitif de cette seigneurie prouve toutes ces assertions :