‹ La découverte du Mississipi [microforme]Chapitre 4 sur 16 · JACQUES DUCHESNEAU · texte numérisé non relu

JACQUES DUCHESNEAU

“Chevalier, conseiller du Roy, en ses conseils, Intendant de la justice, police et. finances en Canada, etc.,

“ À tous ceux qui ces présentes verront, salut :

‘“ Scavoir faisons que sur la requête a nous présentée par les sieurs Jacques de Lalande et Louis Jolliet, demeurants à Québec, à ce qu'il nous pleust leur vouloir accorder en titre de fief, seigneurie, haute, moyenne et basse justice, les isles et islets appelées Mingan estant du côté du Nord et qui se suivent jusques à la baye appelée l’Anse aux Espagnols, auxquels lieux ils désireraient faire des établissements de pesche, de morue et loups marins ; Nous, en vertu du pouvoir à nous donné par Sa Majesté congointement avec

(1) Jacques de Lalande épousa à Québec, Marie Couil-

lard, la mère de madame Jolliet, veuve Frs. Bisso, de la Rivière,

monsieur le comte de Frontenac, conseiller du roy, en ses conseils, gouverneur et lieutenant-général pour Sa Majesté en ce pays, avons aux dits sieurs Lalande, fils, et Jolliet, donné, concédé, etc. etc.”

Il nous a été impossible de trouver l'acte de sépulture de cet homme célèbre, mais on a supposé qu'il mourut sur l’île d’Anticosti, où il continuait de se rendre chaque été pour la saison de la chasse et de la pêche. On pense qu’il y mourut en 1701.

Jolliet a laissé plusieurs enfants, mais il n'existe plus en cette colonie de ses descendants en ligne directe.

A la demande des autorités coloniales, Jolliet avait entrepris de faire une relation de son voyage, après l'accident déplorable qui l'avait privé de ses documents et cartes relatifs au pays des Illinois et à la découverte du Mississipi, mais il ne paraît avoir donné que quelques pages, qui furent néanmoins publiées, et qui sont bien conformes au récit que nous à laissé le R. P. Marquette. C’est aujourd’hui tout ce qui nous reste de cet homme célèbre qui, à son arrivée de l'Ouest, s’est vu fêté, acclamé bruyamment même par ses concitoyens; mais les ovations dont il fut l’objet

ne lui firent pas oublier les bontés et les égards dont il avait été l’objet de la part du saint homme qui l'avait accompagné, aussi parlait-il du Père Jésuite Marquette dans les termes du respect le plus senti et de l’attachement le plus affectueux.

La nouvelle de la découverte du Mississipi, dit l'historien Garneau, produisit une grande sensation en Canada, quoiqu'on y fût accoutumé depuis longtemps à de pareils événements, et qu’il ne se passât d'années sans qu'on annonçât l’existence de nouvelles contrées et de nouvelles nations. Chacun se mit, suivant la coutume, à calculer les avantages que l’on pourrait retirer du fleuve et de l’immense territoire dont venait encore d’hériter la France. L'on formait déjà de vastes projets. Le Mississipi tombait dans le golfe du Mexique, il n’y avait plus à en douter; les possessions françaises allaient donc avoir deux issues à la mer et embrasser, entre leurs deux fleuves gigantesques, la plus belle comme la plus large portion du Nouveau-Monde.

Ajoutons que cet événement satisfaisait bien des désirs et faisait naître des émotions bien douces. La politique y trouvait moyen d’a-

grandir ses domaines, le commerce allait mul. tiplier ses relations, ses profits et ses spéculations, et les amis de la religion pressentaient que le royaume de Dieu allait s'étendre et faire entrer dans l'Eglise une multitude d'’individus déshérités des dons de la foi,

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