‹ La Découverte du Mississipi [sic] [microforme]Chapitre 13 sur 31 · PRET EVE ETES · texte numérisé non relu

PRET EVE ETES

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voyait l'action de Dieu dans tous les événements, bénit le ciel de lui procurer cette mission, après laquelle il avait longtemps soupiré, parce qu'il espérait trouver de nombreuses occasions de se sacrifier pour le service du maître de toutes choses. Sans se préoccuper des dangers auxquels il allait s'exposer en s'engageant dans des régions inconnues qui no pouvaient offrir que peines, privations quotidiennes et contrariétés infinies, sans aucun égard pour sa mauvaise santé, dont l’état s'était gravement altéré par le genre de vie dure et difficile auquel il avait dû s’astreindre ; enfin, sans qu'aucune considération pût alarmer son courage, Marquette, qui tous les jonrs désirait terminer sa carrière afin de n'être pas exposé à offenser Dieu, exprima bien des fois à ses confrères et À son immortel associé Jolliet combien il était reconnaissant envers ceux qui l'avaient choisi pour une paroille mission, Ses preparatifs ne l’arrêtèrent guères ; depuis longtemps il avait recueilli tous les renseignements possibles sur les peuplades qu'il rencontrerait et sur le pays qu'il devait traverser. Jl avait même tracé des plans des déserts où

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il devait s'engager, et du cours des rivières sur lesquelles il aurait à naviguer.

Co fut le 17 mai, 1613, que nos illustres voyageurs s’embarquèrent à Michillimakinac pour visiter des nations inconnues et pour découvrir le cours du grand fleuve. Le convoi se composait de deux modestes canots d’écorce portant le R. P. Marquette, notre compatriote M. Jolliet, et cinq autres Français qu'ils avaient associés à leur gloricuse expédition.

Tls arrivèrent à Green Bay après avoir traversé la prosqu'ile (1). Le P. Marquette trouva que les missionnaires avaient beaucoup avancé l’œuvre de la conversion des sauvages et, remontant la Rivière des Outagamis ou des Renards qui se décharge dans la Baie des Puants, ils entrèrent dans le Wisconsin, ayant pris, le 10 juin, deux guides chez les Miamis (2), et de là dans le Mississipi, le 17 juin, s’emprossant de remercier Diou, de saluer la majestueuse ri-

(1) Le P. Marquette chercha en vain des sources salines dans le voisinage de cette baie dont les Européens traduisaient le nom (Baie des Puants) par les mots la Buie Salée. Au chapitre X, de la Relation de 1648, 8e trouve la description géographique de cette Baie, à 60 lieues de Michillimakinac,

(2) Les Miamis avaient eu la visite du KR, P, Allouez, l’année précédente. (Charlevoix, tôme I, p. 448.)

vière et d’en goûter l’eau, puis ils se laissèrent aller lentement, au gré du paisible courant, vers le Sud.

C’est là le premier voyagé des Européens sur les eaux du grand fleuve. Cependant, nous devons observer que le R P. CI. Allouez en parle dans la Relation de 1667, (voyez ch. XI ou p. 21.) « Les Illimouecs parlent Algonquin, mais beaucoup diffèrent de celui de tous les autres peu] : . !!s ne demeurent pas en ces quartiers, leur: ;:14 est à plus de soixante lieues d’icy, du costé du Midy, au delà d'une grande rivière qui se ducharge, autant que lo puis coniecturer, en la mer, vers la Virginie...

Avet Jolliet, le généreux Jésuite atteignit lé village des Kansas, 4yant parcouru plus de trois cent cinquante lieues sur le Mississipi. 1ls avaient donné attention à une grande riviète qu'ils appelaient Pékitanouï, et c'était le Missouri, dit M. Ferland (tôme II, p. 91). Le 17 juillet, ils laissèrent le village d’'Akamsca pour remonter la rivière (Spark’s American Biography, etc.)

Dans ce voyage, nos illustres voyageurs avaient constaté le cours du fleuve dans la plus

grande partie de sa longueur, ils avaient aussi vérifié qu'il était navigable.

Par la rivière des Illinois, que les sauvages leur avaient indiquée comme la voie la plus courte pour opérer leur retour, ils atteignirent le lac Michigan. A la fin de septembre, nos glorieux missionnaires étaient de retour à la Baie-Verte (à Green Bay), d'où ils étaient partis au commencement de juin. Les deux illustres explorateurs se séparèrent ; et, pendant que le pieux jésuite retournait vers ses chers néophytes, Jolliet se dirigeait sur Québec, ayant grande hâte de faire part aux autorités de scs joies, de ses espérances ot de ses pertes.

Marquette avait promis aux Kaskaskia de les visiter de nouveau, mais son zèle était plus grand que ses forces. La santé lui fit défaut. Il était tellement usé par les fatigues et brisé par le mal qu'il ne put refaire sa santé que l'été suivant.

Charlevoix (Histoire de la Nouvelle-France, tôme III, p. 314), nous fournit encore quelques renseignements sur la fin de la vie du Rév. P. Marquette.

Ce fut un an après que l’infatigable Père

Marquette reçut de ses Supérieurs l’autorisation d’établir une mission chez les Illinois. Aussi, s'étant quelque peu rétabli, il partit, à la fin d'octobre, 164, pour Kaskaskia. Outre deux hommes, qui l’accompagnaient pour le service de la mission, le courageux apôtre était suivi de quelques Illinois et même de Poutéoutamis. Un mois après son départ, le missionnaire se vit de nouveau atteint de la maladie qui l'avait conduit, l’année précé:

dente, aux portes de la mort. Son courage ne se ralentit pas toutefois ; mais, malgré son grand désir d'aller en avant, à cette mauvaise saison, il eût beaucoup à souffrir des vents froids, de la neige et de la glace, Il put néan: moins arriver à la rivière de Chicago, le 4 décembre. La glace l'avait absolument fermée, Pour surcroit d’affliction, le généreux Mar quette se trouva dans un état de débilité tel qu’il n’osa pas entreprendre de se rendre à pied, par terre, à sa destination.

Désespérant alors de se rétablir jamais assez pour poursuivre son entreprise, Marquette eut de nouveau recours à la puissante intercession de la Très-Sainte-Vierge. La prière, qui l'avait toujours soutenu, lui obtint assez de courage

et de force pour atteindre Kaskaskia le 8 avril, et pour y instrüire les indigènes qui le vinrent écouter en foule et avec constance.

Le pieux Jésuite plaça sa mission sous le patronage de l'auguste Reine du Ciel.

Après Pâques la maladie revint bientôt l’assaillir avec son cortége de peines et de soucis. Il comprit alors que sa vie n'avait été prolongée que pour lui laisser le plaisir d’accomplir sa tâche, et qu'il devait se préparer à mourir. Comme il désirait retourner à la mission de Michillimakinac pour ÿ recevoir les secours de l'Eglise et les soins charitables de ses confrères, les missionnaires à ce poste, il expliqua À ses chers néophytes qu'ils ne devaient pas se chagriner de son départ, que le mal l’obligeait de se hâter, mais que, de son vôté, il disposerait tuutes choses pour leur revenir l’année suivante, si toutefois il se rétablissait, ou, dans le cas contraire, pour leur envoyer un missionnaire qui les instruirait,

Le R. P. Marquette prit route par la rivière Saint-Joseph et arriva sur la rive orientale du lac Michigan ; puis commença, malgré ses grandes souffrances, à en cotoyer les bords, non sans s'apercevoir que ses forces l’aban-

donnaient. Il se préparait néanmoins à la mort et voyait avec calme qu’elle approchait rapidement, malgré les attentions de ses compagnons de voyage.

Comme il sentait qu’il n'avait que quelques jours à vivre, il n'interrompait sa prière que pour donner des avis à ceux qu’il avait associés à son voyage. Il leur parlait de choses spirituelles, les engageait à prier pour lui; et leur donna même des conseils sur la manière dont ils le devaient inhumer.

Enfin, apercevant une petite éminence, à l'embouchure d’une rivière (qui depuis a porté son nom), il demanda qu'on l'y débarquût.

(Voyez Lettre de l'abbé Richard.—Annales de la Propagation de la Foi, tome III, p. 288.)

Les hommes qui conduisaient sa barque espéraient pouvoir se rendre à Michillimakinac avant l’accomplissement de l’événement lugubre qu’ils appréhendaient ; mais le vent était fort, toujours contraire et ne laissait l aucun espoir de réaliser leurs vues. |

A sa demande, ils construisirent au Père une cabane en écorces et l’on y déposa le vénéré missionnaire mourant, en l’entourant de toutes les précautions possibles, Le courageux

prêtre consola ses compagnons, les confessa, les remercia plusieurs fois et affectueusement de leurs bons offices et les engagea à s’aller reposer de leurs fatigues ; puis, plus tard, sentant l'approche de son heure dernière, il les rappela, fit en leur présence sa profession de foi, le crucifix à la main, et remit son âm® aux mains de son Créateur, en le remerciant de l'avoir employé à son service.

Ses pauvres compagnons de voyage, se conformant à ses désirs, après avoir pleuré la mort d’un bon ami, la perte d’un père tendre et affectionné, qu'ils ressentaient bien vivement, procédèrent à son inhumation avec les cérémonies qu'il leur avait suggérées, et placèrent une croix sur sa tombe delaissée (1).

C'est le 18 mai 1675, dit M. Ferland, après le R. P. Charlevoix, que mourut le R. P. Marquette; d’autres cependant disent que c'est le

(1) Le R. P. Charlevoix (tome VI, p. 20) dit que Marquette put dresser un autel et dire la mosse. Il s’éloigna ensuite un peu, dit l'historien, pour faire son action de grâces, et pria les deux hommes qui conduisaient son canot de le laisser seul pendant une demi-heure. Ce temps passé, ils allèrent le chercher et furent très-surpris de le trouver mort. Ils se souvinrent, néanmoins, qu'en entrant dans la rivière, 11 lui était échappé de dire qu’il £nirait là son voyage.

de PAPA MANIP TMS SIN PET NET NERO EEE

19. Il termina glorieusement dans les travaux et dans les plus belles dispositions du zèle et de la charité, sa noble et sainte carrière, dans la trente-huitième année de son âge, Loin des regards du monde; dans cette solitude lointainé; mourut; abandonné de tout le monde; un saint homme animé d'un zèle intrépide et d'üné charité inépuisable, Le cicl; il est vrai; lui ménagea de grandes consolations à son heure suprème, Cet illustre ouvrier de l'Evangile avait travaillé neuf ans aux missions du Canada.

Le Rév. Père Marquette était instruit, bon observateur, écrivain exact, ennemi de toute exagération, simple et säns ambition. Ces aimables qualités n'étaient surpassées que par son zèle, Son nonii est encore cher aux peu-

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plades de l'ouest.

Environ deux ans plus tard les sauvages apportèrent à la mission de Michillimakinac sa dépouille mortelle. (CHARLEVOIX, Journal, Lettre XXII, août 1721).

Comme Jolliet, le Père Marquette avait tenu un journal de ses courses et de ses observations ; il l'avait accompagné d'une carte, Ce journal a été trouvé très-précieux, surtout

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