IV. Consécration de Tautel et de Péglise
Cet acte constitue comme le point central de toute la cérémonie : aussi bien les canonistes nous disent que là se trouve l'essence de la consécration. Il se décompose lui-même en reposition des reliques et onction de la table d'autel, onction des murs de l'église, prière eucharistique ou consécratoire.
1°. Reposition des reliques et onctions de la table d'autel, — La cérémonie s'accomplissait autrefois dans le mystère et comme dans l'ombre : un voile séparait le sanctuaire du reste l'église, les fidèles n'entendaient que les chants et les prières sans apercevoir ce qui se faisait à l'autel. Une ouverture a été pratiquée préalablement au milieu de l'autel ; c'est là que doivent reposer les saintes reliques comme dans un tombeau. L'évêque fait à l'intérieur, des onctions avec le saint chrême ; il y place ensuite le sacré dépôt et scelle lui-même la pierre qui ferme l'entrée de ce sépulcre : cette pierre devra désormais ne plus former qu'un seul tenant avec la table d'autel, l'enlever ou la briser serait faire perdre à l'autel sa consécration. Pendant toute cette opération, le chœur chante des antiennes (3), après quoi le pontife récite une oraison qui résume les vœux et les intentions de
(i) Scias, frater charjssîme. — L'Idée de dot en faveur des édifices sacrés est déjà dans S. Chrvsostome, Hoinilia XVIII in Act. Apost.
(2) Domum tuamingredere, — Porta, sis benedicta, — Ingrediynini, — Exultab7int, et ps. i4g-i5o.
(3) Sub altare Dei, — Cor para sanctorum.
tous (i). Il marque d'une nouvelle onction du saint chrême la partie extérieure du tombeau et encense l'autel (2), l'encensement doit alors se continuer sans interruption jusqu'à la fin de l'acte consécraloire, un prêtre l'accomplit pendant les moments où l'évêque pratique les onctions. Par trois fois le pontife marque d'une onction les cinq croix incrustées sur la table d'autel, les deux premières fois avec l'huile des catéchumènes, la troisième avec le saint chrême ; à chaque onction il répète la même formule (3), pendant ce temps le chœur chante des antiennes et des psaumes (4). Le pontife s'interrompt pour entonner un répons, encenser l'autel et dire une oraison (5). Pendant une quatrièmeantienne etunquatrièmepsaumeCô) il répand sur toute la table et mêle ensemble l'huile des catéchumènes et le saint chrême pour que la pierre en soit tout imprégnée et toute pénétrée : on chante une cinquième antienne et un cinquième psaume (7), puis l'évêque en une dernière formule exprime le résultat des onctions répétées (8). (Jusqu'à ce moment les psaumes sont chantés sans Gloria Patri à la fin, comme pour marquer le caractère de purification des cérémonies.)
2° Onctions des murs de l'église, — Sur les murs ont été gravées ou peintes des croix qui doivent être pour les générations futures une marque et une attestation de l'acte de consécration. Sur chacune de ces
(i) Deics qui ex omnium cohabitatione.
(2) Stetit angélus^ — Dirigatur oratio mea.
(3) Sanctificetur et consecretur lapis isîe.
(4) Erexit Jacob et ps. 83, Quam dilecta. — Mane surgens, ps. 91, Bomitn est ; Unxit te Deus, ps. 44, Eructavit.
(5) Ré[). Dirigatur (3 fois) ; oraisons : Adsit, Due ,— Adesto Dite . O. S. D. altare hoc. — Descendat.
(6) Ant. Sanctificavit et ps. 45, Deus noster, refugium.
(7) Ecce odor, et ps. 86 Fundaïucnta ejiis.
(8) Lapidem hune, fratres.
croix où brûlent les cierges allumés dès le commencement de la cérémonie, l'évêque vient faire une onction avec le saint chrême en prononçant une formule (i), et immédiatement après chaque onction, il encense la croix. Pendant ce temps le chœur exécute des antiennes, un psaume et des répons auxquels se mêlent cette fois le Gloria Patri et l'allelluia (2). L'évêque revient ensuite à l'autel où par une antienne et plusieurs oraisons (3) il prépare les fumigations d'encens qui vont embraser et embaumer l'autel tout entier. C'est comme une oblation d'holocauste sur laquelle on appelle les flammes de l'amour divin (4). La combustion terminée on nettoie la table d'autel, le pontife y fait descendre les bénédictions du ciel en une prière qui devient :
3. Préface consécratoire (5) : elle exprime la reconnaissance pour le choix que Dieu a daigné faire de ce temple sacré, le vœu de voir réaliser dans son enceinte sous le regard des anges ce qu'Abraham et Jacob se proposaient d'obtenir le premier, par l'immolation de son fils, le second par l'autel érigé à l'endroit de sa vision céleste. Le tout se termine par l'antienne Confirma hoc, le psaume Exurgat Deus, un chant de triomphe après le combat ; enfin une dernière onction sur la partie antérieure de l'autel, sur les jointures, et deux oraisons (6) pour attirer les regards favorables du Seigneur sur les sacrifices offerts en ce lieu, terminent le quatrième acte.
(i) Sancttficetur et consecreiiir hoc templum.
(2) Lapides pretiosi ; ps. 147, Lauda Jertisalem ; rç.-ç.,IIcec est Jérusalem, — Plateœ tuœ.
(3) j^dificavit Moyses, — Dei Patris omnip., — D. D. O. eut assistit.
(4) Alléluia veni Sancte Spiritus, — Ascendit fumus, — Stetit angélus.
(5) D. O. in cujus et préface Ut propevsiori cura.
(6) Majestatem tuant, — Supplices.