V. Bénédiction des ornements etobjetsdu culte
— Vêture de l'autel. C'est l'acte complémentaire de la consécration, beaucoup plus court et bien moins compliqué que les précédents.
1. Bénédiction, — Le Pontifical romain n'a conservé qu'une formule commune à la bénédiction des ornements sacerdotaux et des ornements de l'autel (i). Les documents anciens sont beaucoup plus riches en formules et ajoutent même, en cet endroit, les prières pour la consécration des vases sacrés, patène, calice : on suppose maintenant que cç:s objets ont reçu leur consécration en dehors de la présente cérémonie, fort longue en elle-même.
2. Vêture, — Comme l'enfant aussitôt après son baptême, l'autel qui vient d'être consacré reçoit son chrêmeau (2), (ainsi nommé sans doute à cause de son contact immédiat avec la partie qui a reçu l'onction du saint chrême) : c'est la première nappe qui est immédiatement encontact avec la pierred'autel. La rubrique, en conformité avec un usage très ancien, exige que pour la célébration de la messe l'autel soit recouvert de deux autres nappes (3). On place aussi sur l'autel la croix et les chandeliers, et pendant ce temps le chœur exécute des chants d'allégresse (4). L'évêque montant à l'autel fait une inclination à la croix, entonne l'antienne Omnis terra, qu'il reprend jusqu'à trois fois entre trois encensements, conclut par deux oraisons (5), le Dominus vobiscum et Benedicamus Domino,
(i) O. et M. D. qui ab initio.
(2) Chrisinale , seti paiztuun lineuni ceratnin.
(3) Catalani, Pontificale ronrannm, tom. II, p. 187, renvoie à Gavantus, Thésaurus sacroruni ritutim.
(4) Circunidate , Levita, — Circuntdate Sion,— Induit te Domijjus ; ant. In velameiito, et ps. 62, Deus, Deus, meus.
(5) Descendat quœsttmus, Domine, — O. S. D. altare hoc nouiini tuo.
VI. Célébration de la messe. — Le pontife consécrateur célèbre lui-même ou se fait suppléer par un simple prêtre. Le saint sacrifice sera célébré pendant huit jours consécutifs, avec les mêmes formules propres à la solennité. Ces formules, qui se trouvent maintenant après le commun des saints dans nos missels et nos paroissiens, sont empruntées aux plus anciens Sacramentaires : elles traduisent les sentiments de vénération, de saint tremblement et de confiance que doit nous inspirer la maison de Dieu. Ainsi l'Introït nous rappelle l'impression de Jacob après sa vision au désert et nous dit aussi la confiance du saint roi David à la vue du Tabernacle ; les mêmes sentiments reparaissent dans le Graduel et l'Alleluia. L'Offertoire est emprunté aux paroles de David, après qu'il eut terminé les préparatifs pour la construction du temple ; et la Communion nous dit quelle estime Notre- Seigneur veut que nous ayons pour la maison de son Père. L'Epître nous rappelle comment la céleste Jérusalem apparut à l'apôtre saint Jean et l'Evangile nous dit la condescendance de Notre-Seigneur quand il voulut s'arrêter dans la maison du publicain Zachée. Des sentiments analogues à ceux exprimés dans ces formules sacrées doivent naître dans nos âmes chaque fois que dans nos églises nous assistons au saint sacrifice de la messe ou que nous venons dans nos temples pour prier.